‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 784 sur 2407 · II. Archevêques de Trêves et de Cologne · texte numérisé non relu

II. Archevêques de Trêves et de Cologne

Les églises de Trêves et de Cologne étoient vacantes depuis six ans, c'est-à-dire depuis que le pape Nicolas avoit déposé Theulgaud et Gonthier, en huit cent soixante-quatre. Theutgaud , archevêque de Trêves, étoit mort à Rome, où l'évêque Arsène, homme rusé et intéressé, l'avoit fait venir avec Gonthier, dès Tan huit cent soixante-sept, leur faisant espérer leur rétablissement pour en tirer des présents. Le roi Charles , s'étant emparé du royaume de Lothaire, donna, de l'avis des seigneurs , l'archevêché de Trêves à Berlulfe , neveu d'AdvenIms, évêquede Metz; et voulut mettre à Cologne l'abbé llilduin, frère de Gonthier, que le jeune Lothaire avoit voulu faire èvêque de Cambray (3). Pour cet effet il le fit ordonner prêtre à Aix-la-Chapelle, par Francon, évêque de Tongres, qui lui donna le titre de Saint - Pierre de Cologne.

Louis, roi de Germanie, éloit malade en Bavière , tandis que son frère Charles prenoit possession de la Lorraine : je nomme ainsi le royaume de Lothaire, dont la province, qui porte aujourd'hui ce nom, n'est qu'une petite partie. Louis le trouva fort mauvais , et en-

(1) EpistSi, 35, 26.

(3) Episl. 37, 38.

(3) Sup. liv. L, n. 30.

Ann. Met. 869. Sup. liv.l, n. 37.

voya prier son frère d'attendre qu'il eût recouvré sa santé pour régler ensemble à qui appartiendroit ce royaume. Cependant il envoya secrètement à Cologne Liutbert , archevêque de Mayence , avec ordre de prévenir, à quelque prix que ce fut, l'ordination d'Hilduin , et d'y sacrer un évêque tiré du clergé de la même ville, par l'élection des citoyens. Liulberg, ayant pris avec lui d'autres évéques, alla droit à Diuze, aujourd'hui Duyt, vis-àvis de Cologne delà le Rhin, n'osant passer ce fleuve, de peur des partisans du roi Charles. Là il fit venir les principaux du clergé et du peuple de Cologne, et leur expliqua les intentions du roi Louis. Ils répondirent que l'archevêché étoit donné à Hilduin, qu'il étoit déjà ordonné prêtre de cette église, que presque touss'étoient soumis à lui, et qu'il leur étoit impossible d'en élire un autre. Liutbert leur dit : Si vous ne voulez pas user de l'élection que le roi vous accorde, il est en son pouvoir de vous donner tel évêque qu'il lui plaira. Ce qu'ayant ouï, ils élurent tout d'une voix Gui Hébert , homme vénérable, qui fit tousses efforts pour refuser ; mais l'archevêque Liutbert ne laissa pas de l'ordonner, ayant passé le Rhin avec les autres évéques, le clergé et le peuple , et l'installa solennellement dans le siège de Cologne, puis il se retira promptement.

Le roi Charles, qui étoit à A ix-la Chapelle, ayant appris cette ordination , en fut fort irrité, et vint aussitôt à Cologne; mais Guillebert et tous ceux qui avoienl eu part à son ordination , se mirent à couvert de sa colère en passant le Rhin. Ainsi, ne trouvant plus sur qui se venger, il fut obligé de s'en retourner. Telle étoit donc l'ordination de l'archevêque de Cologne, dont le pape se plaignoit. aMaisil fut aussi peu obéi sur ce point que sur la restilution delà Lorraine. Gui Hébert demeura en possession de son siège, et tint un concileàCologne, le vingt-sixième de septembre huit cent soixante-dix, où il présida avec les deux autres métropolitains, Liutberg de Mayence et Bertulfe de Trêves : les évéques de Saxe y assistèrent , et on y fit la dédicace dudôme, c'està-dire de la cathédrale de Cologne, dédiée à saint Pierre. Cologne et Trêves échurent au roi Louis (1) dans le partage du royaume de Lothaire, qu'il fit avec le roi Charles, son frère, le vingt huitième dejuillet, la même année huit cent soixante-dix.

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