‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 787 sur 2407 · Hincm.Opusc · texte numérisé non relu

Hincm.Opusc

(3) Sup. 1. LU 26, 22 Conc. Duz. 2,c. 13.

(3) Narrai. 10, 8, Conc.

pag. 1837. Hincra. Ep. 35, lo. 2, p. 603.

(i) Conc. Duziac. c. 33.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

succt»sseur. L'oncle lui dit de dicter le libelle comme il voudroit, et le neveu le pria de le dicter lui-m(^me.

Ils revinrent à la fonéire, où étoit Enée et Odon, et Hincmar de Reims dit à Odon de prendre ses tablettes et d'écrire le libelle qu' Hincmar de Laon devoit souscrire. Odon écrivit, et les deux Hincmar y chan<^èrent ce qu'ils voulurent. Ensuite Hincmar de Reims dit à Odon d'apporter le lendemain ce libelle écrit au net, afin qu'Hincmar de Laon y souscrivit dans le concile. Mais Hincmar de Laon dit qu'il avoit la fièvre, et qu'il vouloit se délivrer de cette atîaire sur-le-champ pour se fiûre saigner. Hincmar de Reims dit à Odon d'aller au chanceher du roi lui demander du parchemin et une écriloire, et de l'écrire aussitôt. Cependant il dit à Enée, en qui Hincmar de Laon avoit confiance , qu'il valoit mieux attendre au lendemain , et Enée le lui persuada.

Le lendemain, qui étoit le vendredi seizième de juin huit cent soixante-dix , Hincmar de Laon vint au concile, et fil sa déclaration conforme au libelle, qui contenoit ces mots : Moi, Hincmar, évéque de Laon , je serai désormais fidèle et obéissant au roi Charles, mon seigneur, suivant mon ministère, comme un vassal doit être à son seigneur, et un évéque à son roi. Je promets aussi d obéir au privilège dilincmar, métropolitain de Reims, selon les canons et les décrets du saint-siege approuvés par les canons. Odon lui présenta la plume, il souscrivit devant tout le monde, et présenta de sa main le libelle au roi, puisa son oncle, qui lui donnèrent tous deux le baiser de paix. Le lendemain, dix-sepliérae de juin, avant qu Hincmar de Reims entrât au concile, Harduic, archevêque de Besançon , lui dit : qu'Hincmar de Laon lui envoyoit un petit écrit qu'il prioit de souscrire, et le lui donna secrètement. Hincmar le prit et le serra pour le lire après la séance ; mais on ne lui en parla point depuis , et il ne crut point raisonnable de donner une souscription à son sutTragant (1).

Hincmar de Laon, ayant ainsi satisfait au roi et à son oncle, restoit à contenter Normand et les autres particuliers qui se plaignoient de lui. H convint d en passer par l'avis de trois évéques designés par son oncle , Aclard de Térouanne , Ragénelrae de Tournay , et Jean de Cambray (2). Ils avoient déjà jugé quelques articles paisiblement en présence du roi , entre autres, que la terre de Pouilli S4Toit rendue à Normand : quand Hincmar de l^on, ne trouvant pas son compte à cet arbitrage avant l'échéance des délais accordés pour les autres articles, se retira secrètement d'Attigny pendant la nuit, sans que l'affaire fût terminée Le second jour de juillet , il envoya par un de ses diacres un écrit à son oncle , où il disoit (3) :

(1) Ep. 85, p. COI. (3) Tom. 8, p 351, 60i.

(S) Ibid. p. ôOi.

Vous savez que j'ai déjà été appelé deux fois par le pape Adrien, etque, dés l'année passée, à Verberie, j'ai demandé la pcTmission d'aller à Rome, comme je viens encore de la demander à Attigny. C'est pourquoi je vous conjure de m'oblenir du roi cette permission d'accomplir mon vœu et d'obéir au pape : autrement sachez que je ne puis vous obéir contre ses ordres.

Hincmar de Reims ne lui fil point de réponse, mais le roi lui manda de revenir ; et il lui écrivit , s'excusant sur qu'ayant la fièvre il n'osoit s'exposer au soleil, et persistante demander permission d'aller à Rome (I). Le roi lui manda , en présence des évéques , qu'il étoit étonnant qu'il put aller à Rome et ne pût le venir trouver. Ainsi finit le concile d'Atligny; et Hincmar de Laon vil le roi au mois de septembre suivant, et plusieurs fois ensuite , sans lui plus parler de son voyage de Rome. Mais il écrivit au pape des plaintes contre le roi Charles et contre l'archevêque, son oncle , se joignant au prince Carloman , qui envoya implorer le secours du pape contre son père.

Page 1