XI. Plainte d Hincmar de Reims
plus sur la seconde, par la<l«e"e » ™' ™ VJlerdit tout le diocèse de Laon, défendant d y célébrer la messe, baptiser les enfants . donner la pénitence et le viatique aux mouran s, m la sépulture aux morts (1). Quand je 1 appris, dit l'archevêque , j'en eus horreur, je l'avertis Îar IcSe u2 el'deux fois de lever une si per- Zieuse censure , mais je ne pus ^ faire obéir, quoiqu'à son ordination il m eut promis publiquement obéissance , même par écrit, suivant usa-r de l'église de Reims. La manière Tn iSar de Reims parle de cette excommunication en plusieurs de ses écrits fa t bien îTo"? qu'on ne connoissoit point encore les inerdils généraux, si usités depuis, quoique •on pratiquât quelquefois des interdits particuliers, comme j'ai marqué en son lieu. Hincmar cominue ainsi en parlant de son neveu 2 : H a fiit serment de fidélité au roi , et I a sousi' ï 1^ ^"suasion de deux évéques d^nutres
AndeJ.-C. 871.j
Yonilon do Rouen ol Eneo do Pa
Hincmar de Keims présenta la sienne ensuite, qui étoit très-longue, à son ordinaire, mais on la peut réduire à ce qui suit : Hincmar do Uon a reçu sans ma permission un emploi à la cour, et> lui ai défendu en présence du roi de l'exercer. Toutefois, il s v est maintenu par la puissance séculière , et de plusil a obtenu une abbaye dans une autre province sans mon consentement , et a garde 1 une et l'autre jusqu à ce que le roi lui ait Ole pour sa désobéissance. Il est allé à celte abbaye , sans ma permission, toutes les fois ^^ '^ ^^^""^^^^ et va demeuré tant qu'il lui a plu. E lant appelé canoniquement pour l'ordination de Jean , évêque de Cambrai, il n'y est point venu, et n a envoyé ni député, ni letlres de consentement ce qui a fait différer lordinalion ; entin, l'ayant appelé deux fois, il a fallu passer outre
sans lui (3). . -«, .
L'archevêque rapporte ensuite le dillerenl arrivé entre le roi Charles et l'évéque Hincmar au sujet des fiefs que l'évéque avoit ôles à quelques vassaux, et insiste sur la première excommunication qu'il prononça contre ceux qui venoient de la part du roi , mais encore
(1) Anlecl. 10.4, p, 602; C?) P«| ^> ^3 ^ 8,Conc.p. 047.Part.4.r.8. (3) C. 1, 2, J.
Hs, sans nia participalion, ni de ses comprovinciaux, sans laquelle les canons lui défendent do rien souscrire. . j 1 j'. Fnsuile cherchant à se soustra ro de la depen;ï^nce do son mélropoblain , il (il un reruoil d^aulorilés dos péros, avant les canons do ]\irée qu'il souscrivit sans noire permission , 0 V tit souscrire par son clergé. En ce ncuoil n met des proposilions absurdes, savoir, que es évéques no peuvent élro condamnes par es hommes, et que Dion s'en est ros.rve lo ugomont, et qu'on doit couper la langue ( u la lélo aux calomniateurs, quoique dans lo mémo recueil il détruise ces propositions par des autorités opposées, montrant q»^/^^^^^" ques doivent olVo jugés par leurs confrères, et que 1 Eglise ne répnnd p( int de sang^ Dans ce n>cuoil il a altère plu^iours passages des pores. H m'envoya ensuite à Gondouvillo un autre recueil semblablopar rarcbovè(iue\ enilon. J y répondis dès lors par un écrit, et encore plus aniDlomont par les cinquanto-cmq chapilroH ^présentai au concile d'Atligny. Hincmar de Uoims no reproche point à son neveu davoirronpi coVocuoil do fausses dècrètalos , parce qu^l no les savoit P-. distinguer des vraies et lesciloit souvent lui-mèmo. H rapporte ensuite le reste de ce qui se passa au concile d'Atligny et la fuite d' Hincmar de Uon , dont il réfuie les mauvais prehxles , entre autres son appel au pape, sur lequel il dit : Quand on rreprond do ses excès , il app^^^^^^^ TU saint-siéffe, et demande piormission d aiur rKome; mSis, quand le roi et 1- è venues u. sont favorables, il n'en par e plus. H re^tu^ ensuite les contraventions à la souscription d'Atti*^nv rar des souscriptions contraires.
Him nmr do Laon, voulant soutenir son excommunication, envoya à son oncle, le dixhuilième de juillet huit cent soixante-dix, un
cxtraildu concile de Douzi , tenu dix ans auparavant , dont le premier canon ordonne que les usurpateurs du bien d'église seront excommuniés et prives du viatique à la mort et de la sépulture ecclésiastique (I). Hincmar de Reims se récria dés lors contre cet extrait, et soutint qu'encore qu'il eût assisté à ce concile, aussi bien que son neveu, il n'a voit jamais ouï parler de ce décret contraire aux an iens canons Hincmar de Laon répliqua qu'il l'avoit reçu d'Arduic, archevtViue de Besancon; et, comme son oncle prétondoil avoir un autre exemplaire du concile de Houzi , Tévêque de Laon explique ainsi la chose : J'ai par devers moi la lettre que vous aviez composée, et que vous lîles lire dans le concile, et je me souviens qu a cause de sa longueur nous souscrivîmes à cet autre décret plus court. Aous avons encore ce décret du concile do Douzi, tel qu'il est cite par Hincmar de Laon, avec les souscriptions des évéques, et la lettre synodale dressée par son oncle séparément (2): Toutefois, au concile de Douzi , Hincmar de Reims persista à s inscrire en faux contre ce décret, et on auroit sujet de le soupçonner de mauvaise foi netoit qu aucun des évéques présents ne le contredit, quoique plusieurs eussent été à ce premier concile.
Hincmar de Reims continue ainsi ses plaintes contre son neveu (3): Environ deux mois après qu'il se futonfui d'Atligny, il obtint par ses arlitires un ordre du prince pour faire juger par des séculiers les mémos affaires pour lesquelles il avoit choisi des juyes ecclésiastiques, qui en a voient déjà jugé une partie quoique les canons défendent d'appeler des jugos que l'on a choisis , ni de s'adresser à des juges séculiers, au mépris des ecclésiastiques m de suivre la juridiction du laïque, s'il con^ sent de subir le jugement de l'Eglise.
H se plaint ensuite qu'Hincmar de Laon tant de fois avorli , n'a point voulu souscrire à 1 excommunication des complices deCarloman comme les autres évéques de la province de iieims(4).Puisil répond aux plaintes qu Hincmar de Laon formoit contre lui, de l'avoir trahi et ete cause do sa détention à Sylvac et tle mépriser 1 excommunication du pape âur ce dernier chef, il répond que c'est une pure calomnie; il défie révcHjue de Laon de la prouver, et déclare sa créance sur l'autoriié du P'ipe, qu'il a le privilège de la primauté sur ouïes les églises du monde, et qu encore que ous os apôlres, et par eux tous les évéques et lous es prêtres, aient reçu le pouvoir de lier ^'. aeher, il a toutefois été accordé d'une raa- "•ere spéciale à saint Pierre et à ses succèsseurs.
Li\ HE CliSQl AATE-DELXiEME.
(1) Sup. l. XLV n. 2Î. (î)S"P.liv.xxx^ C. 4. 5, ft, 7, 8, 9, 10. eu, 18,13, !♦'''
(J) Sup. liv. L, n. 8, to.
J, Lonc. p. 703. Kp. 34, lo.
Cî) Tom. 8, Conc. p.
702, 707; p 2, to 18.
(3j C.iy. Sup. I.Li.n. 22.
H dit encore de son neveul(l) • Il ma d*-' mandé par l'archevêque Vénilonque, si je vou OIS avoir la paix avec lui , il falloit que je brûlasse ce quej'avois écrit del'excommunica^ lion qu il a apportée contre son diocèse ; en quoi 11 veut m'obliger à brûler l'Ecriture et es canons, dont j'ai rempli ces écrits. H soutient que la souscription qu'il a faite à Altienv lui a été extorquée par force, et par conséquent qu'elle ne l'oblige point. Pour réfuter ce te objection, Hincmar de Reims rapporte en détail les circonstances de la souscription d'4ttigiiy, et soutient qu'on ne lui a point fait de violence Entin, il dit qu'ayant été appelé (rois lois, il est tombe dans la contumace, et doit être condamné sans espérance d'appel, suivant les canons. Telles sont les plaintes d'Hincmar de Reims, quil conclut, en protestant , qu'il ne cherche point la vengeance de ses injures particulières, mais seulement la défense de sa dignité et des droits de sa métropole.
XÏI. Suite du concile de Douzi.
Les évoques , ayant pris du temps pour délibérer sur la plainte du roi , rapportèrent leur réponse (2) , qui n'est qu'un r^ueil de canons , de lois et d'autres autorités, pour montrer quelle peine mériteroit l'évéque s'il étoit convaincu des crimes portés par plaintes, parjure sédition, usurpation violente, alie^nation des biens d'église, calomnie, désobéissance au roi, résistance à main armée, intelliffencp avec les rebelles. En cet écrit , ces paroles me paroissent remarquables : INotre frère Hincmar, ne pouvant obtenir par lui-même justice du roi, devoit le poursuivre premièrement dans le concile de sa province, n'ayant point de tribunal séculier où il pût le faire appeler que SI, les parties étant présentes, nous né pouvions terminer laffaire par notre juffemont, nous lui aurions donné nos lettres pour en porter la connoissance au saint-siéffe' H laul se souvenir que cet écrit se lisoit devant le roi.
Cependant Hincmar de Laon , étant arrivé à Houzi , fut cite juridiquement par trois fois pour se présenter au concile, ouïr les ordres
fr7h?f f,\^^Pî?»^'-^^ «"^ Plfinles formées contre lui (3). Hincmar de Laon présenta un grand mémoire pour le concile , et dit qu'il appeloitau saint siège. Maisles députés luidirenh Venez vous défendre, ensuite vous poursui-* vrez votre appel , s'il est nécessaire. Au reste ne craignez point, il ne vous sera fait aucun préjudice par la considération d'aucune personne. Chacune de ces citations se faisoit par un evéque , un prêtre et un diacre de la province de Reims. ^
On cita aussi un curé de campagne, nommé Haimerade , que 1 évêque de Laon avoit avec
(1) C. 30, 31, 32, 33 (^) Part. 3, p. 1617.
^n) Part. 4, p. 1632.
lui , et au nom duquel il avoit présenté un mémoircau concile d'AUigny. Ce prêtre ne se présenta point à Douzi ; mais Hincmar de Laon obéit à la troisième citation, et C(»mparut au concile. Quand il y fut, le roi Charles présenta encore sa plainte, qui , ayant ete lue en sa présence , lui fut donnée par Odon de Beauvais pour l'examiner, et on lui accorda du temps pour y répondre. Odon lut aussi devan lui une lettre du pape Adrien , par laquelle il lui faisoit des reproches de n être pas venu a Rome suivant sa promesse , et lui ordonnoit d'élre soumis à son métropolitain.
Xlll. Réponsed'Hincmar de Laon.
Le lendemain, Hincmar de Laon tut cité de nouveau pour répondre à la plainte du roi et proposer ses défenses le samedi suivant; et, ce terme étant échu, on le cita en( ore une fois, lui déclarant qu'on ne recevrait pas ses mémoires, jusqu'à ce qu'il se fût défendu luimême (1). Le quatorzième d'août, Hincmar de Laon étant venu au concile pour la seconde fois, Hincmar de Reims lui ordonna de répondre à la plainte du roi. L'évéque de Laon proposa une exception en disant : Je suis dépouillé de tous mes biens, c'est pourquoi je ne répondrai point en ce concile. Et il tira de son sein des cahiers, où il commença à lire des passages touchant les appellations des évoques. Le concile lui dit : Répondez à ce qu'on vous objecte ; et ensuite vous pourrez , s'il est besoin , appeler au saint-siege , ou aller à Rome volontairement avec la permission du roi. Hincmar de Laon répondit : Je suis dépouillé de tous mes biens, je ne répondrai rien à ce qu'on m'objecte. Le concile lui ordonna de dire les personnes qui l'a voient dépouillé, et il répondit : Ces clercs le savent, montrant des prêtres et des diacres de Laon, qui Taccompagnoient. Le concile dit : Vous pouvez le dire vous-même, vous avez luge et la permission de répondre. H répondit : Que mes clercs le disent. Le prêtre Fagenulfe, étant pris à serment , dit : H est vrai qu'il ne peut disposer de rien. Le roi lui dit : jSommez les personnes qui l'ont dépouillé , et j'n ferai justice selon la loi. Fagenulfe dit : C'est vous qui l'avez dépouillé.
Alors le roi se leva , et dit au concile : Ce frère ne dit pas vrai. J'ai appelé l'évéque de Laon à ce concile par mes lettres , suivant l'usage de mes prédécesseurs r ensuite j'ai été bien informé , que des hommes libres de mon royaume qui lui apparlmoient m'etoient intidèies. J'ai ordonné au comte et à mes commissaires de me les envoyer : l'évéque a fait armer des hommes libres et des serfs pour résistera mes commissaires. D'ailleurs j'ai appris qu'il venoit au concile avec tous ces gens a main
HISTOIRE DU CHRISTIANISME. [An de J.C.stl
I armée, quoique j'eusse ordonné, tant à lui qu'aux autres évêques, d y venir avec p<'u de monde, atin que le reste de leurs vassaux fut prêt à défendre le pays contre les Kormands. J'avois donc ordimné qu'Hincmar n amenât au concile que dix ou douze hommes, outre los clercs et les valets. J'ai appris ensuite qu il avoit fait évader ces hommes, dont la lidelite n est suspecte, avec les biens de l'Eglise, et ,.. 1. •» „'^ — f..;.. '^vnn nii-ï n«uir no nas
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