‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 796 sur 2407 · LIVRE CINQLAJNTE-DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQLAJNTE-DEUXIEME

qu'il vouloit s'enfuir avec eux pour ne pas venir au concile. Pour 1 en empêcher, je lui ai envoyé des gardes , mais à la charge que , s'il vouloit venir, ils lui en laissassent toute la liberté, se contentant de l'observer de loin tout à l'entour, de peur qu il ne suivit les tuffiiils. Hincmar, élanlarrivéici, n'a point voulu d'abord aller au logis que ses gens lui avoient préparé. Je lui en ai (»iîert un prés de l église, qu'il a accepté, et j'ai donne ordre qu on lui ffardàt ses coiTres. Mais ensuite il est aile a son Wis , où ses coffres ont été portés sains et entiers • et quand il a voulu aller à l église lui ou 1 «s siens , personne de mes gens ne les ont empêchés. Voilà des clercs et des laïques nobles par qui je le puis prouver.

Les témoins produits par le roi furent ouïs : Fan^enulfe et les autres clercs de l^on reconnurent la vérité de leurs dépositions; mais levêque Hincmar varia dans ses réponses. 1 lut donc prouve que le jour même il avoil dit a Irminon , son prêtre , de prendre en cachette un calJce d'onyx, garni d'or et de pierreries, avec sa patène , que le roi avoit donne a JNotre- Dame de Laon, de peur qu'on ne le trouviU dans ses coffres ; qu'il emportoit avec lui des reliques, que Pardulus , son prédécesseur, avoit données à l'église, entre autres une croix d'or ornée de pierreries , donnée par la reine Irmentrude: de plus, les titres et les papiers

de ré"lise.

Hincmar de Laon , pressé de rendre la croix qu'il portoil sur lui , dit qu il la rendroil si son métropolitain le lui ordonnoit. Hincmar de Reims, voyant qu'il vouloit aussi l'accuser de le dépouiller, tira le livre des cam»ns, et dit : Je ne vous lOrdonne que suivant ces reolos H lii lire un canon du (omiledAnlioche, marquant la distinction des biens de l'Eglise et d's biens de l'évéque. Après quoi, le roi dit : Hincmar de Laon est du nombre des evêques pauvres : quand il fut sacré, il est évident qu'il n'avoit pas un denier ; c'éloit son onde qui le nourrissoit et l'.'ntretenoit aux dep<'ns de le^Mise de Reims. Hincmar de Laon soutint qu'il av(Mt des terres et des serfs; nKi'J son oncle montra que son père et s<m aieui jouis^oient de tout. Enfin i'évêq e de Kacm tira la croix de son sein, et la rendit au in sorier de son église. ,

Ensui'e Hincmar de Reims lui ordonnant répondre aux accusations. H dit : Jç ne recevrai point vo!re jugement : j ai coiiin vous des sujets de récusation , c'est pourquoi j'appelle au saint-siéire. Hincmar de Roiins

répondit : Vous ne pouvez m'accuser ni moi ni personne que vous ne vous soyez vous-niême justifié. Quand vous aurez été jugé, vous pourrez appeller. si bon vous semble. On lit relire les lettres du pape Adrien aux deux Hincmar ; mais l'évéque de Laon revint à dire : Je ne répondrai à aucune accusation dans ce concile, et je ne reconnoitrai point mon métropolitain pour juge, parce qu'il m'a fait meltre en prison par le roi.

Alors Hincmar de Reims se leva, et dit au roi : Seigneur , je vous prie de vcmloir bien dire en présence de ce concile si c'est par mon conseil ou de mon consentement que vous avez fait mettre Hincmar en prison. Le roi, prenant Dieu à témoin , protesta que non , et ajouta : Si ce n'étoit pour la considération de son oncle, il y a deux ans que je l'auro s envoyé loin de Laon dans une étroite prison , car je ne pouvois plus souffrir ses insolences. Et, si je ne l'avoistiré des mains de plusieurs de mes serviteurs, ils avoient résolu de l'arracher de mon palais pour le mutiler ou le battre jusqu'à la mort. Hincmar de Reims conjura encore Odon de Beauvais et Hildebalde de Soissons de dire ce qu'ils en siivoient; et ils témoignèrent devant le concile qu il n'avoit point eu de part à l'empriscmnement d Hincmar de Laon. Deux prêtres et deux comtes, qui éloient avec le roi quand cet evêque fut arrêté, rendirent le même témoignage, et déclarèrent qu'il avoit été mis en prison pour n avoir pas voulu promettre de venir au prochain concile, et parce que le bruit couroit qu'il vouloit abandonner son église et passer au service du roi Lothaire Après quoi le concile jugea Hincmar de lieims justifié de ce reproche, et Hincmar de Laon convaincu de calomnie, et non reccvable à récuser son métropolitain.

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