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HISTOIRE DU CHKISTIAWISWE.
leslîpux et les personnes , pour séduire plus facilement. Qmnd ils voient que Ton êioule leurs rêveries, ils eominniccnl à découvrir un peu leurs mysicres, el ils ne les communiquent pas à tous ceux de leur se( le , mais à un petit nombre qui leur paroissenl les plus parfaits.
L'auteur propose ensuite leur d<x*lrine, qu'il réduit à six articles. 1 . Ils metlent deux principes , un dieu bon et un mauvais. Ce dernier est l'auleur et le mailre de ce monde, l'autre du siè( le futur. Quand ils parlent un p<u librement , ils disent que c'est ce qui les sépare des Romains ; car c'est ainsi qu ils nous appellent , se nommant seuls chrelicns. C'est, disent-ils, que vous croyez à 1 auteur du monde, el nous croyons a celui dont le Seigneur dit dans l'Evangile . Vous n'avez jamais ouï sa voix ni vu sa figure. 2. Ils haïssent la Sainte-Viergi», ne la mettant pas même au simple rang des personnes vertueuses, et dis nt que Notre Seigneur n'a pas été formé d'elle , mais qu'il a apporté son corps du ciel, et qu'après l'avoir mis au monde elle a eu d'autres
tAn de J.-C.871,
enfants de Joseph. 3. Ils rejettent la communion des mystères terribles du corps et du sang de JNolre Seigneur , et disent que ce ne fut pas du pain et du vin qu'il donna à ses disciples à la cène , mais qu'il leur donna ses paroles d'une manière symbolique , comme du pain el du vin. 4. Ils lïe reçoivent point la figure de la croix, et lui font mille outrages. 5. Us ne reçoivent aucun des livres de l'ancien Testament, traitant les prophètes d'imposleurs et de voleurs. Mais ils reçoivent les quatre évangiles, les quatorze épîtres de saint l»aul, celle de saint Jacques , les trois de saint Jean , celle de saint Jude , et les actes des apôtres , mot pour mot , comme nous les avons. Us onl aussi d.'S lettres de leur docteur Sergius ; mais ils rejetlent les deux de saint Pierre, le haïssent et le chargent d'injures 6. Us rejettent les prélres de lEglise, s'arrélani au seul nom, paice qu'il est dit dans l'Evangile que les anciens, /tra^brieroi ^ s'assemblèrent contre le Seigneur.
Pierre de Sicile fait ensuite l'histoire des manichéens , commençant [)ar le récit de saint Cyrille de Jérusalem, que j'ai rapfmrté en son lieu. Il met ensuite ce qu en disent 1 historien Socrate et saint Epiphane ; puis il vient à srm histoire particulière, qu il reprend depuis le règne de Constantin, ou plutôt Constant, petit - hls d'ileraclius, et continue jusqu'à sou lemps (1). J ai rapporté en divers endroits de mon histoire tout ce qui m'a paru important dans celle de Pierre de Sicile, el \\ est l'unique qui nous apprenne la liaison des anciens et des nouveaux manichéens dont nous verrons l'importance.
Chrysocheris , chef des manichéens d'Arménie , éloit en grande réputation de valeur el de
1) Sup.llvv„r,n,10 Pet p ;^î J0.Snp.liv.XL,n.5.5i,55. ^H^t^'^
prudence, et incommodoit fort les Romains , i»ar les courses qu il faisoil sur leurs terres et les captifs qu'il prenoil. C'est pourquoi leinpereur Rasile lui lil la guerre dès le commencement d»' son réjiiie, et lobligea à se renfermer dansTephrique , sa capitale ; mais le siège tirant en longueur , l'empereur fut contraint de se retirer, faute de vivres. En une autre campagne , il brûla Argaouth et quelques autres places des manie héens ; el , étant de retour à Constanlinople , il pria Dieu, par l'intercession de saint Michel et de saint Elie , de ne le point retirer du monde qu'il n'eût enfoncé trois flèches dans la tète de Chrys(K héris. En effet , l'année suivante , une partie de ses Iroupes attaqua les manichéens, en criant : La croix a vaincu. Us furent défaits, el Chrysochéris tué en fuyant. On envoya sa télé à l'empereur, qui acquitta facilement son vœu , en tirant trois flèches dedans. Les manichéens demeurèrent afl'oiblis par cette victoire, mais non pa^ ruinés (1).
XIX Conversion des Kusscs.
Vers le même lemps , c'est-à-dire sous l'empereur Basile, el le patriarche Ignace, arriva la conversion des Russes (2) , celte nation si îarouche et si impie , qui avoit commencé à paroitre sous le règne précédent. Rasile les attira par des présents d or , d'argent et d'étoffes de soie, pour traiter avec eux, faire la paix, el leur permelt e de se fiiire baptiser , et recevoir un archevêque ordonné par le patriarche Ignace. Quand il fut arrive chez eux , on dit qu il s'acquit de raulorilé par ce miracle. Le prince des Russes ayant assemblé la nation, et étant assis av(»c les vieillards qui composoienlson conseil , et quiéloienl les plus attachés à leur ancienne supiTSlilion , ilsdélibéroienl s'ils dévoient la quitter pour la religion chrétienne. Us firent venir 1 archevêque, et L i deman(fèrenl ce qu'il venoit leur enseigner. U leur montra le livre de l'Evangile, et leur raconta quelques-uns des miracles de Jésus-Chrirt, < t quehjues-uns aussi «le l'ancien Testament. Les Russes dirent : Si nous ne voyons quelque merveille semblable, et principalement comme celle que lu nous as dite des trois enfanlsdans la fournaise, nous ne l'ècouterons pas vobmtiers. L'archevêque réjKmdil : Quoiqu'il ne soit pas permis de tenter Dieu , toutefois, si vous êtes entièrement résolus de vous approcher de lui , demandez ce que vous voudrez, el assurément il se fera , en considération de votre foi , quoique nous en soyons indignes. Us demandèrent que ce livre même qu il lenoil fût jeté dans un feu qu'ils auroient allumé, et promirent que, s'il n'étoit point brûlé, ils croiroient. L'archevêciue leva les yeux et les mains au ciel , et dit : Seigneur Jè-
AndeJ.-C.»7l. ]