LIVRE CINQLANTE-DELXIEME
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Ce fut donc alors que les Bulgares, gagnes ^..r les exhortations et les libéralités de l'empereur Basile , recurent un archevêque grec , et lui laissèrent ordonner dans leur pays grand nombre d'évêques (2). On v envoya aussi quan-
tité de moines pour travailler à leur instruction. Ainsi la religion chrétienne s'y affermit , mais avec le rite grec et la dépendance du sié«^e de Conslantinople, qu'ils reconnurent toujours depuis. C'est sans doute à ce premier archevêque de Bulgarie que Pierre de Sicile dédia son histoire des manichéens.
XVllI. Histoire des manichéens, par Pierre de Sicile.
Ce Pierre fut envoyé par l'empereur Basile à Tibrique ou Téphrique capitale, des manichéens d'Arménie, pour traiter de l'échange des captifs. C'étoit la seconde année que Basile régnoit avec ses deux fils, Constantin et Léon, c'est-à-dire en huit cent soixante-onze , et du temp> que Chrysochèris commandoit à Tibrique (1). Pierre y demeura neuf mois, pendant lesquels il s'instruisit exactement de tout ce qui regardoit la secte des manichéens ou pauliciens , par les fréquents entretiens qu'il eut, tant avec eux-mêmes qu'avec plusieurs catholiques qui demeuroient chez eux. 11 apprit qu'ils dévoient envoyer en Bulgarie, pour séduire ces nouveaux chrétiens , croyant qu'il seroit plus facile dans ces commencements d'y répandre leurs erreurs. Car, dit-il, ils ont accoutumé d'en user ainsi , et ils s'exposent volontiers à de grands travaux et de grands périls pour la propagation de leur doctrine. C'est pourquoi , après son retour , il écrivit leur histoire , et l'adressa à l'archevêque de Bulgarie, pour le précautionner contre leurs émissaires. Sa crainte n'étoit que trop bien fondée : l'hérésie des manichéens s'insinua et s'établit en Bulgarie , et y jeta de profondes racines, et de là s'étendit dans le reste de 1 Europe comme nous verrons en son temps.
L'auteur dit d'abord que le plus sur pour les simples , est de ne point entrer en dispute avec ces hérétiques, et de ne point répondre à leurs questions , mais de garder le silence et les fuir ; et pour cet effet il est utile de les connoitre (2). Il est difficile , ajoute-t-il , de ne s'y pas laisser séduire , car ils ont toujours a la bo iche des passaiîes de l'Evangile et de saint Paul, et il faut être bien versé dans l'Ecriture pour découvrir leurs artifices. Quand ils commencent à parler à quelqu'un, ils font profession d'une morale pure et d'une créance conforme à celle des catholiques. Ils reconnoissent la sainte Irinité , et anathémalisent ceux qui ne la reconnoissent pas : ils disent que Notre Seigneur s'est incarné dans une vierge, et analhématisent ceux qui ne confessent pas toutes les propriétés de l'incarnation , mais ils ne le disent que de bouche , et ont une autre créance dans le cœur. Ils anathèraatisenl volontiers Manès et ses disciples , parce qu ils ont d'autres maîtres beaucoup pires. Enfin, ils changent comme le caméléon, selon les temps,
(1^ Sun. liv. 1,1 Vila Ha»jr. in fin.