XX. Lettres plaintives de Photius
Cependant Photius, exilé et enfermé , écrivit ainsi à Basile (1) : Ecoutez, très-clément empereur , je n'allègue pas maintenant notre ancienne ami lié, ni les serments terribles et les promesses, ni l'onction sacrée et le couronnement , ni les saints mystères que vous avez rcMus de mes mains, ni l'adoption spirituelle de voire fils : je ne dis rien de tout cela , je ne vous propose que les droits communs de l'humanité : tous les hommes grecs et barbares ôtentla vie à ceux qu'ils condamnent à mort, mais ceux qu'ils veulent laisser vivre ils ne les forcent pas a mourir par la faim et par mille autres maux. Pour moi, je mène une vie plus cruelle que la mort. Je suis captif, privé de tout , parents, amis, serviteurs, en un mot, de tout secours humain : et, toutefois, quand on menoit enchaîné le divin Paul , on n'empêchoit pas ses amis de le servir, et bien qu'on le condiiisilàla mort, il trouvoit de l'humanité dans les païens, ennemis de Jésus-Christ. Ce qui psi de plus nouveau , c'est que l'on nous a oté jusqu'aux livres. Est-ce de peur que nous n entendions la parole de Dieu ? Si nous faisons mal , il falloit nous donner plus de livres et même des maîtres pour nous instruire : si nous ne faisons point de mal, pourquoi nous en fail-on? Jamais aucun catholique n'a été ainsi traité par les hérétiques. U rapporte i exemple de saint Athanase, de saint Jean t^nrysostôme et de plusieurs autres , jusqu'à saint Aicéphore, persécuté par Léon l'Arménion. Il se plaint ensuite que l'on a ruiné les églises et les hôpitaux qu il avoil bâtis, comme SI on vouloit nuire à son âme, lui ôtant d'un cote les livres qui pourroient l'instruire, et «e I autre les moyens de racheter ses péchés ^n ne nous laisse de vie, ajoute-t-il, que ce qu 11 en faut pour sentir nos maux : ainsi nous souffrons ce que la mort a de plus doulou- J*eiix sans recevoir la seule consolation quelle donne , qui est de finir les souffrances, i^aiies-y réflexion , seigneur, et si votre con ^'.ence ne vous reproche rien , ajoutez à nos peines ; si elle vous condamne , n'attendez pas J<^ jugement, où le repentir est inutile. Sou- >enez-vous que vous êtes homme , quoique enipijreur, que vous portez la même chair que Us particulieis , que nous avons le même '^'^'ire, le même cieateur, le même juge. Je
(V Constant, in Basil, u.
iâ) Constant, in Basil, n.