‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 814 sur 2407 · XXX. Mort de Louis II. Charles le chauve, empereur · texte numérisé non relu

XXX. Mort de Louis II. Charles le chauve, empereur

L'empereur Louis II mourut l'année suivante, le dernier jour d'août, après avoir régné près de vingt ans depuis la mort de son père , et fut enterré à Milan, dans l'église de Saint-Ambrciise (3). Aussitôt que le roi (>harles, son omie, en eut appris la nouvelle, il partit de Douzi en Ardenne, et marcha en Italie

(1) C. 3, 4. r3^ An Berlin. Fuld. p.

(2) Rub. lib. 5 , p. 243, 875. Metens. 878. to 0, Conc. p li35

avec tant de diligence, qu'il arriva à Rome le dix-septième de décembre, y étant invité par le pape, qui le reçut avec de grands honneurs daf^ l église de 'Saint-Pierre ; et le jour de IVoël il le couronna empereur. Charles offrit de grands présents à Saint-Pierre, et on disoit qu il en avoit aussi fait beaucoup au pape Jean, au sénat et au peuple romain.

Cependant Louis, roi de Germanie, autre oncle du défunt empereur, qui , comme l'alné, prétendoit avoir plus de droit à lui succéder, entra en France à main armée pour obliger Charles à quitter l'Italie, et vint jusqu'à Atligny, où il passa la fête de Noël. Sur le bruit de sa marche, et avant qu'il fût en France, les évoques de la province de Reims consultèrent Hincmar, leur archevêque, comment ils dévoient se conduire en cette occasion , car les seigneurs qui vouloient se donner à Louis disoient que Charles les avoit abandonnés. Hincmarc écrivit une grande lettre remplie d'autorités des pères, où il conseilla ses sulîragants de demeurer fidèles à Charles , sans toutefois se séparer de la communion de Louis, mais en l'avertissant de son devoir louchant la foi des traités faits avec son frère (1).

h Le roi Louis retourna dans scm royaume, au delà du Rhin, dès le mois de janvier de l'année suivante, huit cent soixante-seize , et l'empereur Charles, étant parti de Rome le cinquième du même mois, vint à Pavie, où il tint un parlement , et déclara Boson , frère de Richilde, sa femme, duc de Lombardie, lui donnant la couronne ducale et la qualité de commissaire impérial (2). Ce parlement de Pavie est compté entre les conciles , et nous en avons un acte dressé au nom des évêques et des autres seigneurs du royaume d'Italie, qui disent à Charles : Puisque la bonté divine, par l'intercession de saint Pierre et saint Paul, et parle ministère du pape Jean, leur vicaire, vous a appelé pour 1 utilité de lEglise et de nous tous, et vous a élevé à la dignité impériale, nous vous élisons unanimement pour notre protecteur et notre seigneur, auquel nous nous soumettons avec joie, et promettons d'observer tout ce que vous ordonnerez pour l'utilité de l'Eglise et notre salut. Cet acte est souscrit par dix-sept évêques de; Toscane et de Lombardie, dont le premier est Anspert, archevêque de Milan ; ensuite sont les souscriptions d'un abbé, du duc Boson et de dix comtes. Le même concile fit quinze canons ou articles de discipline, qui regardent principalement le respect dû aux ecclésiastiques, la conservation du temporel des églises et l'union entre les évêques et les comtes. Il est ordonné aux laïques d'assister les jours de fêtes aux offices publics à la ville ou à la campagne, et défendu de célébrer la messe dans les maisons sans la

(Ij Met Fuld. Opus. 9, t^. 2, p. 157; n. 37, p.

KÔ; n 41, 3ô.

(2) Ann. Fuld. Berlin. lo.

0, Conc. p. 383.

permission de l'évéque (1 ). Les évêques doivent demeurer dans les cloîtres avec leur clergé; et les défenses de chasser ou porter les armes sont renouvelées par tous les clercs.

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