XXXVII. Absolution par lettre
Hildebold , évéque de Soissons , qui assista à ce concile de Ponlion, se trouvant dangereusement malade, envoya sa confession par écrit à Hincmar , son métropolitain , qui se contenta d'abord d'ordonner pour lui des prières partout le diocèse de Reims ; mais Hildebold lui renvoya sa confession par un prêtre, lui demandant des lettres d'absolution (1). Cette dévotion fut très-agréable à Hincmar, et il écrivit une lettre à l'évêque de Soissons , où , après avoir relevé la puissance sacerdotale de remettre les péchés, il lui donne une absolution générale en forme de prière, et ajoute : Parce que, étant malade moi-même , je ne puis vous aller trouver, j'y vais en esprit, et je prie nos frères les prêtres de faire sur vous ce que je ferois en personne , vous envoyant par ce prêtre l'huile que j'ai bénie de ma main. Depuis, je vous avertis par précaution, ne doutant pas que vous ne l'ayez déjà fait , qu'outre cette confession générale , vous ayez soin de confesser en détail à Dieu et à un prêtre tout ce que vous reconnoissez avoir commis depuis le commencement de votre vie jusqu'à présent. Et il suffit d'avoir fait une fois au prêtre celle confession de tous les péchés en particulier, pourvu qu'on n'y soit point retombé ; que si on retombe il faut recourir à la pénitence , et se souvenir qu'il ne sert de rien d'avoir regret de ses péchés si on ne les quitte. Quant aux péchés ordinaires et légers , il faut les confesser tous les jours à nos frères pour les effacer par leurs prières et par les bonnes œuvres. On voit bien que cette absolution qu'Hincmar envoie par écrit n'est qu'une espèce d'indulgence et de bénédiction , et non une absolution sacramentelle , puisqu'il suppose d'ailleurs que l'on doit se confesser au prêtre en détail ; et ce qu'il appelle ici confession générale , est celle ou l'on ne spécifie aucun péché, comme le Conjiuor et les autres prières semblables (2).