XXXVIII. M M dfi Louis le germanique
Sitôt que le concile de Pontion lut Uni , l>m-
[An(ïeJ.-C.870
pereur Charles renvoya les deux légats, Léon et Pierre, chargés de présents , et avec eux Ansegise de Sens, et Adalard ou Adelgaire d'Aulun, comme le pape avoil désiré (1). Un mois après , suivant la résolution du concile , l'empereur envoya les deux premi<TS légats du pape, Jean de Toscanelle et Jean d'Arezze, avec Odon, évéque de Reauvais, et d'autres ambassadeurs de sa part au roi Louis, son frère, et à ses enfants, aux évcVjues et aux seigneurs de son royaume. Ils partirent le vingl-huiliéme d'août , et le même jour le roi Louis mourut à son palais de Francfort, ayant régné trente-six ans depuis la mort de son père. Il fut enterré au monastère de Laurisheim,. dédié à saint Nazaire, et est connu dans nos histoires sous le nom de Louis le germanique. Il est loué pour sa piété et sa justice dans la distribution des dignités ecclésiastiques et séculières. Ses trois lils, Carloman, Louis et Charles, partagèrent ses états.
ÎVIais l'empereur Charles , son frère , voulut profiler de l'occasion pour rentrer dans ce qui lui avoit été cédé du royaume de Lothaire, et étendre sa domination jusqu'au Khin. Le jeune roi Louis, qui avoit succédé à celte partie du royaume de son père, ayant en vain essayé les voies de douceur pour arrêter l'empereur, son oncle, s'avança à la tête d une armée, et fit avec ses comtes des jeûnes et des prières pour implorer la miséricorde de Dieu (-2). Les gens de l'empereur s'en mcxiuoient ; mais Louis, voulant montrer d'autant plus la justice de sa cause, fil faire l'épreuve de 1 eau chaude par dix hommes, celle du fer chaud par dix autres, et celle de l'eau froide par dix autres. Les annales portent que tous furent conservés sans aucun mal, et il est certain que, les armées étant venues aux mains, Louis remporta la
victoire.
L'empereur Charles se mettoit par cette entreprise hors d'état d'envoyer au pape le secours qu'il lui avoit promis contre les Sarrasins, et que le pape attendoit incessamment, comme il paroît par une lettre au comte Roson , beau-frère de l'empereur , où il dit (3) : Nous avons appris que l'empereur doit nous envoyer du secours dans l'extrême besoin de ce pays que les Sarrasins ont presque tout ravagé. C est pourquoi nous vous prions instamment que vous ne permettiez pointa ces troupes qui viennent, et fussent-elles déjà venues, de faire aucun séjour inutile en vos quartiers, mais que vous les pressiez vivement. Car si elles ne viennent trés-promptement , nous craignons de plus grands maux. Cette lettre est d^^ premier de septembre huit cent soixante-^j^^ » 1 indiction dixième commençant, et -^^':^^^ première de celles que nous av(-^ ,,^ires- Jean YIII. Une autre de mê-- date estadrts-
(1) Hincm. Opus. 40, f (2) V. Morin Pœnil. I. toitt. 2, p. 686. Vin, c. i5. n. 44.
Cl) An. lîertin. 876. Jo.
Epist. 29. An. Fuld. 870.
^Ietens. R76
(2) Ann. Bcrtin. (3; Jo. Epist. 2.
An dcJ.-C. 876.]
sée au roi Louis le germanique , dont le pape ne pouvoit encore savoir la mort. Ce prince se plaignoit de l'empereur, son frère, mais le pape repond que lemperour s'est plaint le premier, et qu'il ne peut rien décider sans avoir ouï les parties. 11 exhorte Louis à la paix, et ou voit bien qu'il craignoit de choquer l'empereur, dont il attendoit du secours.