LV. Fin du concile de Troyes
Le dixième de septembre, le roi alla trouver le pape, et , après s'être entretenus familièrement, ils vinrent ensemble au concile. On y publia une excommunication contre le prince
(1) Jo. Ep. 115, 120.
(2) Conc. n. U,ei Ann.
Berlin. Sup. n. 44. Ann.
Met. 878.
(3) Ann. Bert.878.Ibid.
an. 875.
An de J.-C. 178.]
Hugues, fils de Lothaire, et ses complices, enire autres Emmon, frère du comte Bernard, qui continuoient leurs ravages, nonobstant le serment que Hugues avoit prêté au roi Louis. Ensuite, à la poursuite de quelques évêques et du consentement du roi, le pape ordonna qu'Hedénulfe demeureroit évéque de Laon à la place d'Hincmar (t). Or, voici comme il avoit été ordonné. L'empereur Charles, sortant de Rome après son couronnement , obtint du pape une lettre datée du même jour, cinquième de janvier huit cent soixante-seize, adressée à Hincmar de Reims , par laquelle il confirmoit le jugement du concile de Douzi contre Hincmar de Laon, et enjoignoit à l'archevêque de faire élire incessamment un évéque à sa place , à la charge qu'un député de l'empereur assisteroit à l'élection pour empêcher le tumulte. En exécution de cet ordre, Hédénulfe fut élu canoniquement par le clergé et le peuple, du consentement du roi, comme il paroît par le décret d'élection du vingt -huitième de mars huit cent soixante-seize, et il fut sacré par l'autorité du pape (2). Le pape Jean ordonna donc qu'Hedénulfe garderoit le siège de Laon ; et qu'Ilincmar l'aveugle pourroit, s'il vouloit, chanter la messe, et auroil pour sa subsistance une partie des revenus de l'évêché : à quoi le roi consentit. Hédénulfe demandoit au pape la permission de quitter ce siège, disant qu'il étoit infirme, et vouloit entrer dans un monastère, mais il ne put l'obtenir. Au contraire, le pape, du consentement du roi et des évêques même qui favorisoi(*nt Hincmar, lui ordonna de garder son siég(» et de faire les fonctions d évéque. Mais ces amis d'Hincmar l'aveugle, profitant de la permission que le pape venoit de lui donner, le revêtirent des habits sacerdotaux , l'amenèrent devant le pape , sans qu il l'eût ordonné, et au grand étonnement des autres évêques ; puis ils le menèrent à l'église en chantant , et lui firent donner la bénédiction au peuple.
A la fin du concile, lé pape parla ainsi aux évêques : Je désire, mes frères, que vous vous unissiez avec moi pour la défense de l'église romaine , avec tous vos vassaux armés en guerre, jusqu'à ce que je retourne à Rome; et je vous prie de me donner sur ce point une réponse certaine, sans différer (3). Puis il dit au roi : Je vous prie, mon cher fils , de venir sans délai défendre et délivrer la sainte église romaine, comme vos prédécesseurs l'ont fait et vous ont recommandé de le faire. Car vous êtes le ministre de Dieu contre les méchants, et ne portez pas le glaive sans sujet. Autrement craignez d'attirer sur vous et sur votre royaume, la peine de quelques anciens rois , qui épargnèrent les ennemis de Dieu. Si vous