‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 846 sur 2407 · X. Boson couronné roi · texte numérisé non relu

X. Boson couronné roi

Sa femme Ermingarde disoit qu'étant fille dun empereur d'Italie, et ayant été fiancée à un empereur de Grèce, elle ne pouvoit vivre

(t) Ep. 218, 309 (2) ll,Indict. II, Ep. 29.

Sup, I. \xxv, n. 32.

(3) Ep. 222 261, 223.

(4) Ep. 120.

si elle ne faisoit son mari roi (1 ). Lf)uislebègue étoit mort à (k)mpiègne le vendredi saint, dixième d'avril huit cent soixante-dix-neuf, n'ayant régné que dix-huit mois et vécu que trente-cinq ans. 11 laissa deux fils, Louis et Carloman , d'Ansgarde, qu(^ l'empereur Charles, son p<»re, lui fit quitter, comme j ai dit, pour lui iaire épouser Adélaïde, et celle-ci se trouva enceinte à la mort de Louis le bègue. Toutefois, Louis et Carloman furent reconnus rois, et couronnés dans l'abbaye de Ferrières par Ansegise, archevêque de Si'ns (2). Donc Boson, profitant de l'occasion et du peu d'autorité (le ces jeunes princes, obligea les évéques de Provence et des pays voisins, jusqu à la Bourgogne, à le couronner roi, partie par menaces, partie par promesses d'abbayes et de terres, qu il leur donna depuis.

La cérémonie s'en fit à Mantale ou Mante (3), près devienne , lequinziènjed tnlobre huit cent soixante-dix-neuf, où s'assemblèrent vingttrois évéques, dont les diocèses font voir l'étendue de ce royaume. Entre eux il y avoit six archevêques: Otram de >ienne, Aurèlien deLyon,Teutranderar<'ntaise, Robert d'Aix, Rostain d'Arles, Thèodorie de Besançon ; les autres étoient leurs suffraganls. Il reste trois actes de c*» concile, le décret d élection , la lettre au roi et sa réponse. Le décret porte que depuis la mort du roi , c'est-à-dire de Louis le bègue, le peuple manquant de protecteur, les évéques et les nobles ont jelé les yeux sur le prince Boson . comm(î le plus capable de les défendre par l'autorité qu'il a eue sous l'empereur Charles et le roi Louis , et l'affection du pape Jean , qui le traite comme son lils ; c'est pourquoi ils l'ont élu et consacré roi , malgré sa résistance. La lettre eï»t pour lui demander son consentement et lui en marquer les conditions, c'est-à-dire les devoirs dtin bon roi ; et la ré|)onse est l'acceptation de Boson , quoiqu'il se connoisse indigne, pour ne piis, dit-il, résister à la volonté de Dieu. On voit, par ce qui vient d être dit , la sincérité de ces actes.

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