‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 847 sur 2407 · XI. AflTaire d Italie · texte numérisé non relu

XI. AflTaire d Italie

Le pape s'efforçoit toujours de faire rompre les traites des seigneurs d Italie avec les Sarrasins i4). lien écrivit à Pubar, gouverneur d'Amalfi , lui reprochant d avoir reçu dix mille marcs d'argent pour détendre les terres de saint Pierre , et lui <'n demander la restitution. Mais voyant qu'après plusieurs mouillons les Amalfilains ne vouloienl point rompre l'alliance avec les infidèles, il les déclara excommimiès, jusqu'à ce qu'ils obèis.sent, par une lettre du vingt-quatrième d'octobre huit cent soixante-dix-neuf. Mais, par une autre, il leur donne terme jusqu'au premier de décembre, et

(1) An. Bert. 879.

(2) An. Met. 878. Sup.

liv. LU, D. 54.

(3) To. 9, Conc. p. 33!.

(4) Ep. 109, 125, 127.

cette lettre fut aussi envoyée à Athanase, évêque de Naples, et à l'évêque de Galette, qui avoient traité comme eux avec les Sarrasins.

Vers le même temps, les habitants de Capoue chassèrent leur évêque, Landulfe, qui depuis peu avoit été canoniquement élu, et son élection approuvée par le pape; mais il y avoit un puissant parti contre lui (I). Ils élurent à sa place Landenulfc , homme laïque et marié, frère de Pandenulfe, leur gouverneur, et sollicitèrent le pape pour le faire sacrer. Léon, évêque de Tèane, et Berthier, abbé du mont Cassin, allèrent à Rome pour s'y opposer et prier le pape de n'y point consentir, lui représentant que cette ordination irrégulière causeroit de grands troubles à Capoue , et que ce feu, une fois allumé, s'étendroit jusqu'à Rome. Le pape , quoique frappé de ces remontrances, se laissa gagner au mauvais parti, et Landenulfe, tout néophyte qu'il étoit, fut sacré évckjue. Les Sarrasins, profitant de celte division, revinrent piller le pays, et le pape, reconnoissanl sa faute et ayant pris conseil, fit revenir Landulfe et le sacra évêque de la vieille Capoue, sous le titre de Surique, paroisse de cette ville, mettant Landenulfe dans la nouvelle, et divisa le diocèse entre eux également (-2). Ensuite Pandenulfe, gouverneur de Capoue, vassal du pape, le pria de lui soumettre Gaïelte, qui n'obéissoit alors qu'au pape, ce que Jean lui accorda. Mais Pandenulfe traita si mal les habitants de Gaïelte, que Docibilis, qui les gouvernoit, envoya demander secours aux Sarrasins logés à Agropoli. Ils vinrent par mer, remontèrent le Gariglian jusqu'à Fondi; puis, sortant de leurs barques et ravageant tous les environs, ils vinrent à Gaïette, et se logèrent sur les collines auprès de Formie. Alors le pape se repentit d'avoir donné Gaïette à Pandenulfe, et fit tant, par ses exhortations et par ses lettres, que Docibilis rompit son traité avec les Sarrasins et leur fit la guerre, où plusieurs des habitants de Gaïette furent tués, et plusieurs pris. Mais les Sarrasins ayant redemandé à traiter, en rendant les captifs, Docibilis leur accorda une habitation sur le Gariglian, où ils demeurèrent quarante ans et firent des maux innombrables.

XII Concile de Constanlinople faux huitième.

Cependant le légat Pierre , prêtre cardinal , arriva à Constanlinople, où Photius fit assembler un concile nombreux au mois de novembre huit cent soixanle-dix-neuf (3). Les actes entiers n'en sont point encore imprimés; mais le docte et curieux M. Baluze en a fait venir de Rome une copie fidèle, qu'il garde dans sa

(1) Chr. Ca.ss. iv, c. 41. fi) Kp. 248. Chr. Cass Episl. 205, 206, 207, 208. C. 42.

riche bibliothèque , et dont il a bien voulu me permettre de tirer un extrait pour l'utilité publique. La première session est sans date , et commence ainsi : Photius, président dans la grande salle secrète, as;,islé dElie, prêtre, légat de Jérusalem, et des métropolitains, savoir : Procope de Césarée en Cappaduce, Grégoire d'Ephèse, Jean d'Héraclee, autre Jean d'HéracIée, (c'est qu'il y avoit deux métropoles de ce nom, l'une enThrace, l'autre dans le Pont ) , Grégoire de Cyzique, Grégoire de Mcée , Daniel d'Ancyre, Théophylacle de Sard's, George de JNicomédie, Marc de Side, Zachariede Chalcèdoine. Ensuite sont les iiO::t> des autres évéques, faisant en tout le nombre de trois cent quatre-vingt-trois.

Quand on eut fait silence, Pierre, diacre et pronotaire de l'église de Constanlinople, dit : Pierre, prêtre cardinal, et légat du très-saint pape Jean , et ceux qui sont avec lui ; savoir , Paul et Eugène, sont ici ; et le cardinal Pierre, nouvellement arrivé, apporte des lettres du pape. Photius dit : Loué soit Dieu qui nous l'a conservé en santé ; qu'ils entrent. Après qu'ils furent entrés, Photius fit encore une prière d action de grâces, à laquelle le concile répondit : Amen. Puis il embrassa Pierre et les deux autres légats , et dit (1) : Que le Seigneur ait agréable la peine que vous avez prise , qu'il bénisse et sanctifie vos ûmes et vos corps ; qu'il ait agréables les soins de notre très-saint frère collègue et père spirituel le bienheureux pape Jean. Et, après que les légats eurent fait à Photius les compliments du pape , il ajouta : iNous saluons d une affection cordiale le trèssaint pape œcuménique Jean ; et nous prions Dieu de nous accorder ses saintes prières et sa précieuse charité; Jésus Christ, notre commun maître et notre vrai Dieu, lui donne la récompense de sa charité sincère !

Après ces civilités, le légal Pierre dit (2) : Le pape a envoyé une lettre à votre sainteté, afin que tout le monde connoisse le soin qu'il prend de votre église, l'amitié qu'il vous porte, et la confiance qu'il a en vous. Photius répondit : Dés devant les lettres, nous en sommes bi n informés , par les choses mêmes. Il nous a envoyé , non une , mais deux fois des évéques et les prêtres , premièrement Paul et Eugène, puis vous , pour visiter ceux qui sont rebelles à la vérité, leur donner les avis convenables , et rappeler les schismatiques. C'est ainsi que Photius prend avantage de la légation de Paul et d Eugène , qui n'avoient pas été envoyés à lui, mais à saint Ignace (3). Pierre fit ensuite les compliments du pape au concile, qui lui répondit de même ; puis Zacharie, évêque de Chalcèdoine, prit par la parole, etditcn substance : La paix a été troublée parmi nous ; et j en dirai la cause incroyable, mais vraie.

Cl^ Pand. Canon. Eccl.

Gr. Bevereg. to. 2, p. 253, c. p. 274.

(3) Sup. liv. LU, D. 48.

ïi

C'est la science d'un homme divin, parfaitement instruit et des saintes Ecritures , et de toute Tencyclopédie des sciences humaines. C'est la beauté de son esprit , sa compréhension, sa pénétration, presque au-dessus de l'humanité. D'un autre côlé, sa douceur et sa modération, son empire sur toutes les passions ; la charité pour les pauvres, l'humililé dont vous voyez les effets, la facilité à pardonner, le désintéressement, le zèle parlequ(»l il a converli à la foi des hérétiques, des infidèles, des nations entières ; en un mot, toutes les vertus humaines. C'est ce qui a attiré l'envie à notre saint patriarche, comme à Jésus-Christ quand il étoit sur la terre. On a chassé ce grand homme de son trône ; il a souffert ce qui vaut mieux taire que d'en parler. Mais la vertu de l'empereur a surmonté tous les obstacles. Il reste quelque peu d'opiniâtres , sous prétexte de l'autorité de Rome. C'est pour ce sujet que Tempereur nous a assemblés , et que vous êtes venus. Car, s'il faut dire la vérité, c'est pour vous que se tient ce concile, et pour l'église romaine : c'est pour vous justitîer des calomnies de ce reste de schismatiques. Quant à nous, grâce à Dieu , nous n'avons point besoin de concile , étant parfaitement unis. Ecoulez ce qu'en dit le concile.

Alors le concile dit : Nous sommes tous unis à notre patriarche ; les uns l'ont été dès le commencement , jusqu'à être prêts à répandre leur sang pour lui : les autres, qui en ont été séparés, se sont réunis. Zacharie ajouta : Les schismatiques veulent s'élever au-dessus de l'église romaine , et l'affermir à leurs volontés. Ils reçoivent les décrets du pape INicolas et du pape Adrien, et refusent de recevoir ceux du pape Jean. Après qu'il eut ainsi parlé, plusieurs des évêques du concile, entre autres Elie, légat de Jérusalem , rendirent grâces «î Dieu de l'union des Eglises. Le cardinal Pierre dit : Que le pape Jean vouloit tenir Photius pour son frère , et comme son àme. Puis il se leva, et lui donna les présents que le pape lui envoyoit, savoir, des habits pontificaux, entre autres le pallium et les sandales (\). Le concile demanda à les voir; et les trois légats du pape les déplièrent devant tout le inonde. Alors Photius dit : Que Jésus-Christ, notre Dieu , qui couvre le ciel de nuées , et qui s'est revêtu de notre nature pour la réparer et la puriGer, dajgne couvrir en celle vie de sa protection notre confrère et notre père spirituel, et dans le siècle futur le revêtir de la robe nuptiale , pour le rendre digne d'être admis dans la chambre de fèpoux.

Le cardinal Pierre dit (2) : Nous avons apporté une lettre pour le patriarche Pholius , une pour vous, parlant aux évêques, une pour les schismatiques. Nous n'avons pas ici la vôtre, donnez-nous jour pour rapporter. On convint du jour; et Pholius dit qu il étoit temps de fi-

(1) Bcver. pag. 274, C (2) MS.

HISTOIKE DU CHRISTJ AJNISME. (AndeJ C 879, iTNuv.

nir la session , parce que les légats étoient fatigués. 3lais le cardinal Pierre dit encore : S'il y a ici quelque schismalique , qu'il se déclare. Le concile dit : JNous sommes tous d'accord , les schismatiques sont en très-petit nombre. La session linil par des acclamations de louanges : Aux grands empereurs Basile , Léon et Alexandre, longues années (1)! A la trèspieuse impératrice Eudocie, longues années! A Etienne Porphîrogénète et syncelle ! C'étoit le dernier tils de f empereur destiné à fêtai ecclésiastique. A Pholius et Jean, très-saints patriarches, longues aiu.é s! Il faut remarquer qu'ils nomment Pholius devant le pape.

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