XX. Canons
Le concile dit : Qu'on le fasse. Et après qu'il eut été dressé, Pierre, diacre et protonolaire, le lut en ces termes : Premier canon. Le
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(1) V. tom. 8, Conc. p. (2) P. 296, 284, 296. J1386. Ep. 202.
saint concile œcuménique a ordonné que les laïques, les clercs ou les é\éques d'Italie, demeurant en Asie, en Europe ou en Afrique, qui ont été déposés, excommuniés ou anathémathisés par le pape Jean, soient aussi traités par le patriarche Photius comme soumis à la même censure ; et que ceux que le patriarche Pholius aura excommuniés, déposés ou anathématisés, en quelque diocèse que ce soit, le pape Jean, et léglise romaine les regarde connue frappi?s de la même censure , sans préjudice des privilèges du saintsiège de Rome. Les légats demandèrent si l'on approuvoit ce canon ; elle concile repondit qu il lapprouvoit. Elie , légat d'Orient, donna encore son approbation en particulier ; puis Basile, légal d'Anti(iche dit : Nos évéques, étant unis inséjKirablement à Photius depuis qu'il est évéque, nous ont envoyés pour lui donner plein pouvoir de faire ce qu'il lui plaira de ceux qui se sèjwrent de l'Eglise , comme îiyant l'autorité des sièges d'Orient et de Rome. Les légats du pape dirent : Béni soit Dieu, qui a uni tous les patriarches!
Le concile ajouta : Si ceux qui se sont séparés de l'Eglise , demandent à se réunir après la fin du concile, qu en ordcmnez-vous? Les légats du pape dirent (1) : NoU'. avons dt-jà dit que le pape Jean a accordé au patriarche Photius la faculté de recevoir ceux qui reviendront , et d'excommunier les impénitents. Mais il faut envoyer des députés à Métrophane, lui signifier notre réponse, et la censure dont nous l'avons frappé. On députa Jean, métropolitain d'Héradee, Daniel d Ancyre, et George de Nicomédie; et Métrophane s'excusa sur sa maladie, comme la première fois , ajoutant que si les députés vouloient venir tous trois le trouver en particulier, il s'expli(|ueroit à eux. Cette réponse ayant été rapportée et lue dans le concile, les légats du pape dirent : Sa maladie ne l'emjK»choit point de dire, en un mot, au lieu de tant de paroles : Je me réunis à 1 Eglise. C'(»t pourquoi ces fruits ne lui serviront de rien, pour se décharger de la censure. Us ajoutèrent que Photius avoit tout pouvoir de la part du pape pour condamner Métrophane , même en leur absence
Photius dit : Que vous semble de ceux qui ont quitté lepiscopat |K)ur embrasser la vie monastique? pt^uvent-ils revenir à lepiscopat.^ Les légats dirent : Cela ne se pratique point chez nous. Si un évéque se réduit au rang des moines, c'est-à-dire des pénitents , il ne peut plus reprendre la dignité épiscopale. Les légats d'Orient, Basile <'l Elie, dirent: On ne l'a jamais vu non plus chez nous ; des moines sont quelquefois promus à lepiscopat , mais les évêques devenus moines ne peuvent demeurer évêques. Le concile dit : 11 faut en faire aussi un canon : car il y a souvent parmi
nous des dilUcultés sur ce sujet. Les légats y consentirent.
Le ccmcile dit : Nous vous prions de faire aussi un canon contre les laïques qui vont jusqu'à ce point d'insolence et de fureur, que de frapp(T ou mettre en prison des évêques ou des prêtres. Car encore que le cas soit arrivé rarement , nous savons toutefois quil n'y a pas beaucoup d'années qu'il est arrivé. La (enlati<>n en est plus grande quand il n'y a point de peine marquée (1). Les légats d'Orient y consentirent ; on dressa sur-le-champ ces deux canons, et Photius les fit lire en ces termes : Second canon. Bien que jusqu'ici on ait îoléré quelques évêques , qui , après êlre descendus à l'état monastique, ont remonté à la dignité épiscopale , le concile a corrigé cet abus, et déclaré que si un évéque embrasse la vie monastique , il ne pourra plus reprendre l'épiscopat. Car les moines font profession de se soumettre et d'apprendre, non pas d'instruire et de gouverner. Troisième canon. Si un laïque , au mépris des lois impériales et des canons de 1 Eglise, est assez hardi pour frapper ou emprisonner un évéque , soit sans sujet, soit sous quelque prétexte, qu'il soit analhème. Le concile répéta l'anathème.