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XIX. Cinquième session

La cinquième session fut tenue l'année suivante huit cent quatre-vingt, le mardi vingtsixième de janvier, au côté droit des galeries hautes de la grande église , Pholius présidant avec les trois légats du pape, et les trois des sièges orientaux (3). Ce fut lui qui ouvrit Taclion , en disant : Le second concile œcuménique de Nicée, tenu sous le pape Adrien et le patriarche Taraise, est reconnu par notre église pour le septième concile, et remis au rang des six autres. L'église romaine et les sièges d'Orient reçoivent comme nous les décrets de ce concile;" mais peut-être quelques-uns doutent encore s'il doit être mis au rang des conciles œcuméniques. Car on le dit ainsi , et jusqu'à présent nous n'en avons point su la vérité. Maintenant donc, mes frères, ordonnons tous ensemble, si vous le jugez à propos, que ce concile sera compté le septième œcuménique, et reconnu égal aux six autres.

Le cardinal Pierre dit : Nous voulons vous avertir que la sainte église romaine étant d'accord avec toutes les autres, a reçu de tout temps les décrets de ce concile , tenu sous le pape Adrien et le patriarche Taraise , touchant les saintes images ; et le nomme encore à présent le septième concile, le mettant au rang des six autres. Quiconque ne fait pas ainsi, soit anathème. Le concile dit (4) : Après noire réunion avec l'église romaine, dont notre patriarche Pholius a été le médiateur , il nous convient d'être aussi d'accord sur ce sujet. Ainsi, quiconque ne reconnoît pas le second concile de Nicée pour le septième œcuménique, soit anathème. Le |même anathème fut répété par Eugène, le premier des légats du pape, par

(1) MS. Bevereg. pag. (3) Ibid. 283. D. (4) P. «W.

(2j Id. p. 201, A.

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Basile, légat d'AiiUoclie, et par Eiie, légat de Jérusalem.

Les légats du pape dirent : Nous vous prions qu'on aille trouver Mélrophane, et qu'on lui dise : Le concile vous appelle, de la part des légats, pour apprendre votre intention, touchant l'union de l'Eglise (1). C'étoit le métropolitain de Smyrne, un des principaux adversaires de Pholius, et un des trois à qui le pa[)e a voit écrit. Le concile députa vers lui Basile , évéque de Crète, Nicélas, métro|K)lilain de Smyrne, mis par Pholius à la place de Métrophane, et Grégoire, archevêque de Perge. Etant arrivés, ils dirent : Les légats de Rome et le concile vous mandent par nous, de leur déclarer votre sentiment , et pour quelle raison vous vous séparez de T Eglise. Métrophane dit : Je suis malade, c'est pourquoi je ne puis guère parler. Je vous dirai néanmoins succinctement, pourquoi je suis séparé de vous. J'aurois été volontiers me défendre, comme il eUjustc; mais enmaconscience,jesuis fort mal, et je ne puis ni marcher, ni me tenir debout devant vous. C'est pourquoi je vous prie , s'il est possible, laissez-moi jusqu'à ce que je reprenne mes forces ; alors je me défendrai.

Les députés rapportèrent au concile la réponse de iMétrophaue , et les légats de Rome dirent : Suivant l'ordre que nous avons reçu du pape, nous l'avons exhorté non pas une, mais deux et plusieurs fois à quitter l'erreur , et se réunir à l'Eglise. Mais il prend de vains prétextes , alléguant sa maladie , qui ne Fempéche pas de parler long-temps, pour ne rien dire, et l'cmpéche de dire un seul mot qui seroit salutaire, savoir : Je me réunis à l'Eglise suivant l'ordre du pape, (]'est pourquoi, conformément aux canons, nous le séparons de toute communion ecclésiastique, jusqu'à ce qu'il revienne à son pasteur. Car vous devez savoir que le pape Jean a donné au

{)atriarche Photius la même puissance, de ier et de délier, qu'il a reçue de saint Pierre, en vertu de laquelle Pholius peut en notre absence condamner Métrophane (2). Photius dit aux légats : Nous vous tenons pour nos pères, comme légats du pape , notre père spirituel. Les légats ajoutèrent : Le pape nous a ordonné, comme nous l'avons déjà déclaré, que Photius tienne pour déposés tous ceux qui l'ont été par le pape Jean ; et que le pape Jean tiendra pour déposés tous ceux qui l'ont été par Pholius ; et si vous le jugez à propos, on en fera un canon.

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