Sup. l. Ll, n. 7. El
mac.ij,c.U,p.l60,c.l5,16.2
il le fit excommunier comme rebelle dans toutes les mosquées de Bagdad. Car les musulmans avoient leurs censures à l'imitation des chrétiens. Ce fut l'an deux cent soixante-cinq huit cent soixante-dix-neuf, qu'Ahmed prit Antioche (1); et c'est lui sans doute qui, dans une lettre du patriarche Théodose, se trouve nommé Ebintaéloum ; mais il faut lire Ebin Touloun , le fils de Touloun.
Ce Théodose ou Thadous patriarche Melquited' Antioche, avoit été ordonné la première année du calife Moutamid , qui est l'an huit cent soixante-dix après Etienne, qui ne tint le siège qu'un jour : mais Théodose le remplit vingt ans (2). Le patriarche Melquite de Jérusalem se nommoit aussi Théodose , et mourut la dixième année du même calife , c'est-àdire, l'an huit cent quatre-vingt. Il eut pour successeur Elie, dont le père Manzour avoit aidé aux musulmans à prendre Damas, et pour ce sujet avoit été excommunié par tout le monde. Elie tint ce siège vingt-neuf ans. Nous avons de lui une lettre de l'année huit cent quatre-vingt-un, indiction quatorzième, adressée aux rois , à tous les évéques et les fidèles de France , par laquelle il dit que le prince du pays s'étant fait chrétien, a permis de rétablir les églises, qui étoient prêtes à tomber (3). Mais, ajoute-t-il, n'ayant point d'argent pour faire cette dépense , et n'en trouvant point à emprunter , nous avons engagé les vignes et les plants d'oliviers appartenant à l'Eglise et jusqu'aux vases sacrés. Ce qui n'est pas encore suffisant ; et cependant nous n'avons pas de quoi fournir au luminaire des églises, à la nourriture des pauvres et des moines, et à la rédemption des captifs. C'est pourquoi nous avons recours à votre charité. On ne voit point qui pouvoit être ce prince converti ; mais je ne sais si ces Orientaux étoient scrupuleux de feindre ce qui pouvoit leur attirer des aumônes. Cette lettre fut envoyée par deux moines, Gispert et Rainard , dont les noms font bien voir qu'ils étoient Francs , et qu'ils s'étoient retirés à la Terre-Sainte.
Le patriarche Melquite d'Alexandrie étoit Michel, fils de Bacam, qui mourut l'an de l'hégire deux cent cinquante-six, huit cent soixante-dix de J.-C. ; et deux ans après Tan deux cent cinquante-huit, on mit à sa place un autre Michel, qui tint le siège trente-quatre ans. Mais le patriarche jacobite d'Alexandrie étoit Osanius ou Sanut, qui tint le siège onze ans, jusqu'en huit cent soixante-dix-sept. Son successeur fut Michel, pendant vingt- cinq ans (4). Achmed, fils de Touloun, le fit beaucoup souffrir, et le chargea de si grandes taxes qu'il fut obligé de vendre aux juifs la quatrième partie des églises d'Alexandrie, et
(1) Sup. n. 15.
(2j Eulych. 471, to. 2.
(3) Tom. 2. Spicil. p.
723, et Pr«f. I, Sific. 6.
Act. B. n. 8.
(i) CUr. Orient, m. EImac. p. 17.
HISTOIRE DL CHRISTIAMSME
d'imposer à chaque chrélion uno capilalioii. Il vendit aussi les biens des moines ; et encore ne pul-il payer que la moitié de sa taxe , qui éloit de vingt mille dinars ou sous d'or.
C'est ce que je trouve des églises d'Orient. La servitude où ces patriarches vivoient, rend moins étonnante leur facilité à envoyer des légats, pour ou contre Photius, selon que ceux qui les demandoient étoient plus puissants, et leur donnoieni plus d'aumônes. Le lecteur jugera quel fonds il doit faire sur des témoins qui se dédisoient si facilement.
L'empereur Basile envoya du secours en Ilalie, comme il avoit promis au pape, sous la conduitedeGrégoire, spalhaire, 1 heophylacte, turmarque, et Diogéne, comte. Le pape, ayant appris qu'ils étoieni arrivés à Naples, et qu'ils y avoienl défait une multitude de Sarrasins, leur écrivit pour les en féliciter, et leur mander de venir à Rome avec quelques galères, pour la défendre contre les mêmes ennemis (1). En même temps, il écrivit à Alhanase, archevêque de JNaples, et au peuple d'Amali, pour les presser de rompre leur alliance avec ces inlidèles.