‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 864 sur 2407 · XXVI. Fin de saint Méthodius des Scîaves · texte numérisé non relu

XXVI. Fin de saint Méthodius des Scîaves

Methodius, archevêque des Moraves, éloit venu h Rome , suivant l'ordre qu'il en avoit reçu du pape l'année précédente. Le pape, ayant eu de lui les éclaircissemenls qu'il désiroit sur sa foi et sur sa conduite, le renvoya avec une lettre au comte Suentopoulc, prince des Sclaves établis en Moravie, où, après av(Mr loué ce prince de sa dévotion à saint Pierre et au saint-siége, il dit (2) : Nous avons interrogé vot e archevêque Methodius, en présence de nos frères les évêques, s'il cr(»yoit le symbole de la foi et le chantoit à la messe, comme le lient léglise romaine, et comme il a été reçu dans les six conciles universels. Il a déclaré qu'il le tenoit et le chantoit suivant la tradition de l'église romaine. Ainsi l'ayant trouvé orthodoxe dans sa doctrine, et capable de servir l'Eglise, nous vous le renvoyons pour gouverner celle qui lui a été confiée, et vous ordonnons de le recevoir avec l honneur convenable. Car nous lui avons contîrmé le privilège d'archevêque , en sorte que, selon les canons, c'est à lui a régler toutes les affaires ecclésiastiques.

Nous avons aussi consacré évêque de Nitrie le prêtre Vichin, que vous nous avez envoyé; nous voulons qu il obéisse en tout à son archevêque, suivant les canons, et que dans le temps convenable vous nous envoyiez un autre prêtre ou diacre du consentement de l'archevêque, afin que nous l'ordonni(ms de même pour quelqu'autre église où vous jugerez nécessaire d ériger un siège épiscopal, et

[An de J.-C. 880.

An df J.-C. 881

qu'avec ces deux évêques votre archevêque puisse en ordonner d autres, dans les lieux où ilspournmt résider avec honneur, i^'évêché de Nitrie subsiste encore dans la haute Hongrie, sous l'archevêque de (Iran , et peut faire juger jusqu'où s'étendoit la domination de Suentopoulc. Le pape continue : Nous voulons que les prêtres, les diacres et les autres clercs, soit Sclaves, soit d'autre nalicm , qui sont dans les terres de votre obéissance , se soumettent en tout à votre archevêque; et s'il s'en trouve de désobéissants et de schismatiques, qu'après une seconde admonition, ils soient chassés de vos terres.

Enfin , nous approuvons les lettres sclavones inventées par le philosophe Constantin, et nous ordonnons de publier en la même langUe les actions et les louanges de Jésus-Christ, puisque saint Paul dit que toute langue doit confesser qu'il est dans la gloire de Dieu le père (1). Car il n'est point contraire à la foi d'employer la même 1 mgue sclavone pour célébrer la messe, lire l'Evangile et les autres écritures de l'ancien et du nouveau Testament bien traduites, ou chanter les autres offices des heures. Celui qui a fait les trois langues principales, l'hébreu , le grec et le latin, a fait aussi toutes les autres pour sa gloire. Nous voulons toutefois que, pour marquer plus de respect à l Evangile, on le lise premièrement en latin, puisensclavon, en faveur du peuple qui n entend pas le lalin , comme il se pratiijue en quelques églises. Et si vous et vos offic i«TS aimez mieux entendre la messe en latin, nous voulons qu'on vous la dise en latin. Cette lettre est du mois de juin huit cent (piatre- vingt , indiclion treizième, et fait voir que le pape Jran, après avoir ouï les raisons de Méthodius, changea davis touchant liisage des langues vulgaires dans les divins offices. On dit encore la mes^e en sclavon en quelques endroits de Dalmatie et de Moravie.

Méthodius retourna donc continuer ses travaux , mais ce ne fut pas sans opposition. On le voit par une lettre que le p;q)e Jean lui écrivit l'année suivante pour le consoler et lencourager. Il convertit à la foi Horivoï ou Vorsivoi, duc de Rohême, avec trente de ses comtes; et après les avoir instruits, et fait observer les jeûnes solennels, il les baptisa et leur donna un prêtre pour les affermir dans la foi {'!). Ludmille, femme de Borivoi, se convertit aussi et souffrit le martyre ; et tels furent les commencements de l'église de Rohême. Enfin Méthodius revint à Rome où il mourut, et fut enterré avec son frère Cyrille dans l'église de Saint-Clément. Ils sont tous deux honorés comme saints le même jour, qui est le neuvième de mars (3).

(1) Epist. 240, 241, 24a. (2) Sup. n. 6. Ep. 104, 247

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