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XXX. Concile de Fismes

HISTOIRE DU CHRISTIAMSME.

[An de J -C. S81

En même temps que se tenoit à Rome le concile où Athanase fut condamné , les évèques de plusieurs provinces de France en tinrent un à Fismes, au diocèse de Reims, dans l église de sainte Fiacre, martyre, que l'on honore le sixième de janvier (2). Ce concile commença le second jour d avril huit cent quatre-vingt-un, indiction quatorzième : l'archovèque Hincmar y présidoit, et on reconnoit son style dans les huit articles qui nous en restent. Ce sont plutôt de longues exhortations que des canons. Le premier marque la distinction de deux puissances , la sacerdotale et la royale , rapportant le fameux pas>age du pape saint Gèlase. On en cite un i;rand de saint Grégoire contre la négligence des évéques. On ordonne que les commissaires du roi avec l'évéquc diocésain s'informeront de l'élat des monastères, tant de chanoines que de moines et de religieuses , du consentement de ceux qui en jouissent. Ils examineront le nombre et les mœurs des religieux, leur subsistance, les réparations des lieux réguliers, le trésor, la bibliothèque, Thospitalité et les aumônes. Ils en dresseront des états exacts!, qu'ils enverront au roi, afin qu'il puisse y pourvoir avec le conseil des évèques. C'est que les monastères , possèdes souvent par des seigneurs séculiers, tomboieni dans une extrême décadence. On rapporte plusieurs passages de l'Ecriture et des |)ères contre les pillages , qui devenoient toujours plus fréquents, et on y ajoute des extraits des capitulaires , pour montrer au roi et à ses ofliciers comment ils doivent les réprimer. On insiste sur la nécessité de la pénitence et de la restitution du bien mal acquis. Enfin le concile s'adresse au roi , qui étoit Louis 111 , en cette partie de la France , car son frère Carlo-

man régnoit en Bourgogne et en Aquitaine (1). On lui propose l'exemple de Charlemagne , qui avoit toujours auprès de lui trois des plus sages de son conseil , et mettoit sous le chevet de son lit des tablettes, où il marquoit toutes les pensées qui lui venoient , même la nuit , touchant le bien de l'Eglise ou de son état, pour les communiquer à son conseil. On représente au jeune prince qu il a plusieurs compagnons dans la dignité royale, et qu'il n'est presque plus roi que de nom; et on l'exhorte à s'élever par sa sagesse au-dessus de son âge. Enfin c î concile envoya au roi une grande exhortation contre les ravisseurs , qui enlevoient des veuves, des filles malgré leurs parents , et même des religieuses : y joignant plusieurs extraits des canons (2).

Odon, évèque de Beau vais, étant mort , on présenta au concile de Fismes un décret d'élection du clerçé et du peuple , en faveur d'un clerc nommé Ùdacre , que la cour protégeoit, mais qui fut jugé indign(* par le concile ; et on envoya au roi des évèques avec une lettre contenant les causes du refus , et demandant la liberté des élections. La cour s'en offensa ; et Larchevèque Hincmar apprit que l'on disoit que, quand le roi prrmettoil défaire une élection, on devoit élire celui qu'il vouloit; que les biens ecclésiastiques étoient en sa puissance, et qu'il les donnoit à qui il lui plaisoit. Hincmar recul ensuite une lettre du roi , où il témoignoit vouloir suivre ses conseils, tant pour les affaires de l'état que pour celles de lEgîise, le priant d'avoir le même attachement pour lui , qu'il avoit eu pour les rois ses prédécesseurs; et ajoutoit : Je vous prie , que de voire consentement et par votre ministère je puisse donner l'évêchéde BeauvaisàOdacre, votre cher fils et mon fidèle serviteur. Si vous avez cette complaisance pour moi , j'honorerai en tout ceux que vous affectionnerez le plus (3).

An de J.-C. 8«1 ]

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