‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 881 sur 2407 · LIVRE CINQUANTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUANTE-TROISIÈME

HISTOIRE DV CHRISTIA.NISME.

[An de J.-C. 868i

son église au service du roi Carloraan. Il fut dtmc obligé de sortir de nuilavec ce qu'il avoi de plus précieux , c'est-à-dire le corps de saint Réray et le trésor de l'église, se faisant porter à bras dans une chaise, à cause de sa foiblesse. Les chanoines , les moines et les religieuses se dispersèrent de côté et d'autre ; et l'archevêque se sauva deçà la Marne, à Epernay. Un parti de Normands s'étant avancé jusqu'aux portes de Reims, ils pillèrent ce qu'ils trouvèrent et brûlèrent quelques villages , mais ils n'entrèrent point dans la ville. Hincmar, ayant séjourné quelque temps à Epernay, y mourut le vingt-unième de décembre huit cent quatre - vingt- deux , et son corps fut rapporté à Reims, à 1 église de Saint-Rémy , et niis dans le tombeau qu'il s'étoit préparé derrière celui du saint, avec l'épitaphe qu'il avoit composée. Ilétoit fort âgé, et avoit tenu le siège de Reims plus de trente-sept ans.

C'étoit alors levéque le plus célèbre de France; et ses écrits, dont j'ai fait mention (1), au moins de la plupart, font connoitre qu'il avoit bien lu l'Ecriture et les pères ; mais il étoit moins théologien que canoniste, et sa principale étude étoit la discipline de lEglise , qu'il maintint avec une grande vigueur contre les entreprises des princes et des papes mêmes. Son style est diffus et embarrassé, son discours plein de parenthèses et accablé de citations, et il montre partout plus de mémoire et d érudition que de choix et de justesse d'esprit. Après lui, l'Eglise de France tombe dans une grande obscurité; toutefois, l'école de Reims se soutint long-temps.

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