XL. Ravages des Normands
Dès l'année précédente, huit cent quatrevingt-un , les Normands a voient fait d'étranges ravages. En Neustrie , ils prirent le monastère deCorbieet la ville d'Amiens (2). En Lorraine, étant entrés par le Yahal , ils se logèrent à Nimègue, qu'ils brûlèrent, et revinrent au mois de novembre sur la Meuse. Ils ravagèrent le pays et brûlèrent Liège, Maéstricht , Tongres, Cambrai ; et, dans une autre course, Cologne, Bonne, Zulpic, Juliers, et enûn Aix, où ils firent leur écurie de la belle chapelle de Charlemagne, et les monastères d'Inde, de Malmedi et Stavelo. Tout cela fut réduit en cendres. Les religieux et religieuses qui se purent sauver se retirèrent à Mayence, avec les corps saints et les trésors de leurs églises.
Au commencement de l'an huit cent quatrevingt-deux , la mort de Louis , roi de Germanie, ayant fait revenir les troupes qu'il avoit envoyées contre les Normands , ils coururent les pays d'Ardenne , entrèrent le jour d'Epiphanie au monastère de Prom , et après
(1) Sup. liv. XLV, n. 28. (2) Ann. Bert. 881. Me-
tODS. 881.Fuldens.881.
quelque séjour le laissèrent en feu (1). Ils I achevèrent de brûler le reste jusqu'à Coblentz, atlaquèrent Trêves, et ayant tué une partie I des habilanls et chassé le reste , s'en rendirent I maîtres le cinquième jour d'avril , qui étoit le ! jeudi-saint. Ils y séjournèrent jusqu'au jour de Pâques ; et ayant ruiné tous les environs , ils brûlèrent Trêves et marchèrent à Metz. Vala ou Yalon, qui en étoit èvcHjue, s'avança contre eux imprudemment avec peu de troupes, et fut tué dans le combat ; mais les Normands, sansaller plus loin, retournèrent avec un grand butin (2). En Neustrie, ils a voient brûlé tous les monastères d'Artois et deCambrésis , pris Mouson et une partie du diocèse de Reims. L'empereur Charles , élant venu d'Italie , marcha contre eux et les assiégea dans le camp où ils s'éloienl retranchés, près du Rhin ; mais il se contenla de faire avec eux un traité. H donna la Frise et d autres terres à Godefroi, un de leurs rois, qui se fit baptiser avec les siens, et contenta l'autre roi, nommé Sigefroy , par une grandi^ somme d'argent , tirée du trésor de Saint-Étienne de Metz et d autres lieux saints, laissant à Hugues, fils du roi Lolhaire, la jouissance des biens de l'évéché de 3Ietz , pendant la vacance du
siège.