II. Concile de Mayence
Dès la même année huit cent quatre-vingthuit, première du règne d Arnoul, il fit tenir un concile à Mavence, où se trouvèrent les trois archevêques, Luilbert de Mayence , Guillebert de Cologne, et RaltK)t de Trêves, avec leurs suffraganls (t). Luitbert mourut l'année suivante huit cent quatre-vingt-neuf, et eut pour successeur Sunzo ou Sonderolde , moine de Fulde, qui ne tint le siège de Mayence que deux ans. Dans la préface de ce concile, les évêques attribuent les calamités publiques à leurs péchés, particulièrement à l'interruption des conciles provinciaux , et ils décrivent ainsi le triste état du pays : Voyez comment ces bâtiments magnifiques qu'habiloient les serviteurs de Dieu, sont détruits, brûlés et réduits à rien, les autels renversés et foulés aux pieds, les ornements les plus précieux des égli- S(*s dissipés et consumés par le feu. Les évêques, les prêtres, les autres clercs , des laïques de tout âge et de tout sexe, tués par le fer et par le feu, ou par divers autres genres de mort. Les moines et les religieuses, dispersés par la crainte de ces maux , sont errants de côté et d'autre, sans secours, sans pasteur, ne sachant où se réfugier , ni quel parti prendre , exposés à rompre k»urs vœux. D'un autre côté voici une troupe de pillards et de schismatiques, qui oppriment les pauvres , sans respect de Dieu ni des hommes; et qui suffiroient, sans les païens, pour réduire le pays en solitude. Ils comptent pour rien les meurtres et rapines, et ne veulent point se soumettre à la p('nitence.
Après cette préface , suivent vingt-six canons, tirés la plupart des conciles précédents, particulièrement de ceux que Charlemagne fit tenir la dernière année de son règne (2). Les premiers sont des avis généraux touchant lt»s devoirs du roi. Arnon, évêquede Virtzbourg, se plaint au concile que quelques scélérats ont
Cl) Tom. 9,Conc. p. 401. f2) Sup, liv. XLvi , n. 2, Rcgino. an. 88U. etc. C. 2, 3, 8, 10, 10.
An de J.-C. 889. ]
pris un vénérable prêtre, lui ont coupé le nez et rasé les cheveux, et donné tant de coups, qu'ils l'ont laissé demi-mort. Le concile les excommunie ; et la pénitence de celui qui aura tué un prêtre est ainsi réglée : 11 ne mangera point de chair, et ne boira point de vin pendant toute sa vie ; il jeûnera tous les jours jusqu'au soir, excepté les fêtes et les dimanches ; il ne portera point les armes, et ne marchera qu'à pied. Pendant cinq ans il n'entrera point dans l'église, mais durant la messe et les autres offices , il demeurera à la porte en prières; les sept années suivantes il entrera dans l'église sans communier ; après douze ans, il observera le reste de sa pénitence trois fois la semaine. Telles étoient encore les pénitences des grands crimes. On défend aux prêtres de loger avec quelque femme que ce soit, parce qu'il s'en étoit trouvé qui avoient eu des enfants de leurs propres sœurs.