IV. Statuts de Riculfe de Soissons
Riculfe, évêque de Soissons, donna à ses curés, l'an huit cent quatre-vingt-neuf, des instructions tres-conformes aux règlements de ces conciles, mais qui contiennent plusieurs autres particularités remarquables. Ayez soin, dit-il, de chanter les heures canoniales , prime, tierce , sexte , la messe , que vous célébrerez tous les jours, none, vêpres, c<mîplie et matines. Invitez vos paroissiens à venir souvent au moins à la messe , et les dimanches et fêtes de ne point manquer à vêpres , à matines et à la messe Chacun de vous doit savoir par cœur les psaumes, le symbole Quicumque et le canon de la messe : chacun doit avoir un missel, un lectionnaire, un livre d'évangiles, un martyrologe , un antiphonier, un psautier et les quarante homélies de saint Grégoire , le tout corrigé sur les livres de notre cathédrale (2). Si vous ne pouvez avoir tout l'ancien Testament, ayez au moins la Genèse. C'est que les livres étoient chers.
Nous défendons expressément de se servir, dans les sacrés mystères, de l'aube qu'on porte ordinairement. C'est que les clercs portoient toujours une aube dessus leur tunique pour marque ôm leur état , c'est pourquoi il en falloit une particufière pour l'autel, afin qu'elle fût plus propre. De l'aube est venu le rochet en raccourcissant , et le surplis en l'élargissant. Il recommande la propreté dans les habits et les vases sacrés , et l'encens , s'il est possible , pour l'offrira la messe et à vêpres; de faire les scrutins pendant le carême dans les églises baptismales et de donner l'eucharistie aussitôt après le baptême, parce que Jésus- Christ a parlé de l'un et de l'autre comme nécessaire (3). Les curés auront soin des pénitents publics , et ne se laisseront pas corrompre par argent ou par amitié pour les présenter avant le temps à la récx)nciliation ; mais ils ne la feront pas différer par animosité ou par intérêt. Ils auront deux ou trois clercs pour célébrer la messe avec eux et leur répondre , et observeront de mettre de Teau avec le vin dans le calice, sachant qu'en ce mystère on consacre en vérité le vrai sang de Notre Seigneur (4).
Les curés s'occuperont au travail de la campagne, et au I reste de leur temporel, sans préjudice de Toffice divin; ils auront soin des mœurs de leurs écoliers , mais ils ne recevroBt pas les filles dans leur école. Ils ne demanderont rien pour les sépultures , mais ils pourront prendre ce qui leur sera offert volontairement.
^Ci) To. u, Conc. p 412.
(2) Tom. 9, Conc.
il6, n. 3, 5, C.
(3) N. 7, 8. Jo. m, VI,
HISTOIRE DU CHRISTIANISME. ^
Aux calendes, c'est-à-dire les premiers jours des mois, les curés de chaque doyenné s'assembleront , non pour faire des repas , mais pour conférer de leurs devoirs et de ce qui arrive dans leurs paroisses (1).