‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 910 sur 2407 · VIII. Savanis en Angleterre · texte numérisé non relu

VIII. Savanis en Angleterre

En Angleterre , le roi Alfred ayant établi par ses lois la tranquillité publique , s'appliqua à relever les éludes , afin de soutenir la religion et les moeurs (2).l ouriel eflét, il envoya des ambassadeurs en France , et en fit venir deux moines , Grimbald et Jean, tous deux prêtres , et tous deux célèbres par leur savoir et leur vertu Grimbald avoit été mis dés l'âge de sept ans dans le monastère de Saint- Bertin sous l'abbé Hugues, fils de Charlemagne (3); il y fut prévôt, et refusa le titre d'abbé , que Baudouin le chauve , comte de Flandres, vouloitlui donner, pour se rendre maître de la nomination de celte abbaye et empêcher l'élection. Grimbald sollicita le roi, au nom de toute la communauté , de leur donner pour abbé Foulques, archevêque de Reims, prolestant qu'ils abandonneroient le monastère, plutôt que de demeurer sous la puissance d'un laïque. Ils obtinrent ce qu'ils désiroient ; et ce fut larchevêque Foulques qui, à la prière du roi Alfred , envoya Grimbald en Angleterre. C'étoit un homme vénérable , chantre excellent , et très-bien instruit de l'Ecriture sainte, et de toute la science ecclésiastique. Jean étoit né en Saxe ; mais il avoit été élevé en France, et , comme l'on croit, au monastère de Corbie. Il avoit l'esprit très-vif, et étoit fort instruit des bonnes lettres et de plusieurs arts.

Ils vinrent en Angleterre vers l'an huit cent quatre-vingt-quatre, accompagnés de quelques autres savants. Le roi Alfred profita beaucoup de leurs instructions , et leur donna de grands biens et de grands honneurs (4). II appela aussi auprès de lui Asser, moine de Ménéve ou saint Davis, à l'extrémité du pays de Gales. Cette église, alors métropolitaine, étoit servie par des moines, et Asser étoit parent de larchevêque (5). Il ne consentit à demeurer auprès du roi Alfred qu'à condition de retourner à son église de temps en temps , et y passer une partie de l'année ; et il ne s'en absentoit qu'avec la permission de sa communauté , pour s'attirer la protection d'Alfred contre les violences d'Héméid, leur propre roi ; car ces Gaulois, reste des anciens Bretons , étoient encore très-barbares. Asser faisoit au-

(1) Papebr. Conat,

(2) Sup. LUI, n. 3. Asser.

Menevr. p. U.

3) Mabill. Sec. 5. Init.

(i) Id. Saïc. 4. ad. ann.

(5) Sup. liT. xxxiv,n.l4.

Asser. p. U, 15.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[ An de J.-G. 8U0

An de J.-C. 8Q0. j

Page 1