‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 913 sur 2407 · X. Piété du roi Alfred · texte numérisé non relu

X. Piété du roi Alfred

Ce sage roi fit tenir grand nombre de confies , car on peut mettre en ce rang les assemblées générales de la nation , qu'il ordonna de faire au moins deux fois l'an , qui n'étoient composées que des évêques et des seigneurs ,

(1) Posl. Aslcr. p. 35.

et où les évêques avoient toujours la principale autorité (1). On remarque, entre autres, un concile tenu en huit cent quatre-vingt-six , à Londres, que ce roi avoit repleuplée après avoir été long-temps déserte , et qui commença à devenir la capitale de l'Angleterre. Il ^ voyoità Rome de temps en temps des aumônes, comme en huit cent quatre-vingt-sept et les trois années suivantes (2).

Il partageoiten deux toutsonrevenu,etemployoiten œuvres pies unemoitié,qu'iI subdivisoit en quatre parties : la première pour toutes sortes de pauvres; la seconde, pour Fentretien des deux monastères qu'il avoit fondés , Alteney pour des hommes, et Schafbury pour des femmes , dont la première abbesse fut sa fille Athelgéve. La troisième partie de cette subdivision étoit pour les écoles qu'il avoit établies ; et la quatrième pour tous les monastères, nonseulement d'Angleterre, mais de deçà la mer. Il partageoit aussi son temps en deux , donnant la moitié de la journée aux exercices de religion, l'autre aux affaires et aux besoins du corps. Il entendoit tous les jours la messe, célébroit l'office divin à toutes les heures, et alloit même la nuit à l'église secrètement (3). Il donnoitdu temps à la lecture et à la méditation ; et pour cet effet , il portoit toujours sur lui le psautier et les heures , et un cahier de papier blanc, où il écrivoit tous les jours les sentences de l'Ecriture dont il étoit le plus touché ; puis , les ayant recueillies, il en fit un manuel , qu'il relisoit continuellement avec un plaisir singulier. Pour mesurer son temps, n'ayant point encore d'horloges , il fit faire six cierges d'un certain poids, qui duroieut chacun quatre heures, et ses chapelains Tavertissoient tour-à-tour quand il y eu avoit un de brûlé (4). Pour les garantir du vent, il les mit dans des lanternes de cornes , qu'il inventa ; car, quoiqu'elles fussent en usage ailleurs plusieurs siècles avant Jésus-Christ , on ne les connoissoit pas encore en Angleterre.

XI Lettres de Foulques en Angleterre.

Foulques , archevêque de Reims , étoit en commerce de lettres avec le roi Alfred ; et ayant appris qu'il avoit procuré Farchevêché de Cantorbéry à Plegmond , il lui écrivit pour le remercier d'avoir mis à cette place un homme si vertueux , si pieux et si bien instruit des règles de l'Eglise (5). Car Foulques avoit appris que Plegmond travaiUoit à déraciner par ses instructions une erreur pernicieuse qui restoit encore en Angleterre , et qui tiroit son origine du paganisme , savoir ^ que les évêques et les prêtres pouvoient avoir des femmes auprès d'eux , et que chacun pouvoît

(l) Vil. por Spelm. lib.

Il, in lin. Asser. p. 15.

C2) Asser. p. 19, 20, 13.

(i) Plaut. Amphil. Act.

1, vers. 185.

(5) Flod.Hist. l. IV,C.5.

HISTOIRE DU CHRlSTlAJNlSMt.

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épouser ses parentes, ou des religieuses, et avec sa femme avoir une «mcubine. Il montroit, par les autorités d(^ pères, combien ces ' opinions éloient contraires à la sainte doctrine. Foulques écrivit aussi à Plegmond , le congratulant de son zélé à extirper ces abus, et lui fournissant des autorités pour les combattre , afin de participer à ses pieux travaux. En ces lettres, le roi est nommé Albrad, et l'archevêque Pléonic, tant la prononciation françoise étoit différente de Fangloise.

Vers le même temps , l'archevêque Foulques écrivit au pape Formose, qui avoit succédé à Etienne V , lui rendant compte de la commission qu'Etienne lui avoit donnée , de présider en son nom au concile de VVormes, touchant le différent entre Herman de Cologne et Adalgaire de Brème , et lui demandant ses ordres SOT ce sujet (1).

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