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XVI. Eglise de Constanlinople

Etienne , successeur de Photius dans le siège de Constanlinople, le remplit six ans , et mourut en huit cent quatre-vingt-treize. L'église grecque l'honore entre les saints, le dixseptième de mai , comme ayant parfaitement rempli tous les devoirs d'un bon pasteur (1). C'est à lui que sont adressées toutes les nouvelles de l'empereur Léon, son frère , touchant les matières ecclésiastiques, ce qui montre qu'elles ont été faites pendant les six premières années de son règne. Ces nouvelles tendent , la plupart, à abroger les nouveautés introduites par Justinien.

Mais l'empereur Léon flt un bien plus grand ouvrage sur le droit romain (2). Car , trouvant imparfaite la compilation de Justinien, en ce qu elle étoit encore divisée en plusieurs corps , le digeste , le code et les insti tûtes , sans compter les nouvelles venues depuis ; il ût refondre, pour ainsi dire , et rédiger en un seul corps toutes les lois contenues dans ces livres , et distribua ce nouveau recueil en six parties et en soixante livres. On les nomma les Basiliques, soit du nom de l'empereur Basile, père de Léon , qui l'avoit commencé , soit pour dire les constitutions impériales. On prétendit en retrancher toutes les lois contraires ou abrogées par l'usage, et c'est ce droit que les Grecs ont toujours suivi depuis. Il fut composé en grec , au lieu que les livres de Justinien étoient en latin ; mais comme dès son temps on ne le parloit plus à Constanlinople , ils avoient été presque aussitôt traduits en grec.

Le successeur d'Etienne , dans le siège de Constanlinople , fut Antoine , surnommé Caulée , qui est aussi compté entre les saints (3). Il étoit de famille noble , et avoit embrassé la vie monastique dès sa première jeunesse, dans une communauté, dont il fut depuis abbé. On l'en tira pour le mettre sur le siège de Constanlinople , qu'il ne remplit que deux ans.

(1) BoU. 17mai,tom.l5, et Tesli. aut. t. I,ed.l647. p. 36. (3) Post. Theop. p. 220,

(i) Prœf. Basilic, not. 1, n. 8.

XVn. Aiïaircs de France.

Le pape Formose envoya en France deux légats, Pascal et Jean, tous deux évoques, qui présidèrent à un concile tenu par scm ordre à Vienne, l'an huit cent quatre-vingt-douze, indiction dixième. Plusieurs èv^ues y souscrivirent , entre autres Bernouin , archevêque de Vienne, et Aurèlien de Lyon ; Isaac, évèque de Valence, et Isaac de Grenoble. On y Ot quatre ou cinq canons contre les usurpations des biens d'église, les meurtres, les mutilations et autres outrages faits aux clercs ; les fraudes contre les legs pieux des èvèques et des prêtres , la disposition des églises que des séculiers donnoient sans le consentement des évéques, et les droits d'entrée qu'ils exigeoient des prêtres.

Foulques, archevêque de Reims , écrivit au pape Formose pour lui témoigner sa joie de le voir sur la chaire de saint Pierre, ce qu'il regarde comme une marque de la protection de Dieu sur son Eglise (1). Ayant reçu de la part du pape des lettres de consolation , où le pape tèmoignoit le désir de le voir et conférer avec lui , il lui en rendit grâces , et en même temps lui représenta que quelques évêques de Gaule demandoient le pallium sans aucun droit, et au mépris de leurs métropolitains-, ce qui pourroit altérer la charité , et produire une grande confusion. C'est pourquoi il le prie, au nom de toute TEghse , de ne pas accorder ces sortes de grâces sans un consentement général et par écrit.

Le pape, dans sa réponse, l'exhortoit, lui et les autres évêques de France , à compatir à l'église romaine et à la secourir , parce qu'elle étoit menacée de sa ruine (2). Il ajoutoit que depuis long-temps l'Orient étoit troublé par des hérésies pernicieuses , et l'église de Constanlinople , par des schismes. Qu'il s'en étoit aussi élevé un depuis long-temps entre les évêques d'Afrique , sur lequel leurs députés le pressoient de rendre réponse , aussi bien que ceux de plusieurs autres pays. C'est pourquoi , disoit-il, nous avons résolu de tenir un concile général qui commencera le premier mars de fa onzième indiction, c'est-à-dire l'an huit cent quatre-vingt-treize, et nous vous avertissons de vous y rendre sans délai , afln que nous puissions nous entretenir à loisir et rendre des réponses plus amples sur toutes ces matières.

XVm. Gui et Lambert, empereurs. Charles le simple, roi.

Le pape Formose mandoit aussi à Foulques (|u'il avoit couronné Guy empereur la même année, indiction dixième, c'est-à-dire en huit cent quatre-vingt-douze (3). C'étoitGuy duc de ^)olette , fils de ce Lambert qui avoit tant

(1) Flod.vers. to. i,Act.

Ben. p. GOl.Flod. iv, Hist.

(«) Ibid. c. 2.

(3) Sup. l. LU, n. 49; ta, 9, Conc. p. 434.

fait de peine au pape Jean VÏII, et dont Foulques étoit parent. L'année suivante, huit cent quatre-vingt-treize, Formose couronna encore Lambert, fils de Guy. Cependant l'archevêque Foulques tint un concile à Reims , où , de l'avis des évêques et des seigneurs qui s'y trouvèrent, il fit reconnoître roi le jeune Charles , fils de Louis le bègue et Adélaïde, âgé d'environ quatorze ans. Il est connu sous le nom de Charles le simple, et fut couronné le vingt-huitième de janvier huit cent quatre-vingt-treize. Eudes ne laissoit pas de régner dans la plus grande partie de la France , et Charles ne fut d'abord reconnu que par les seigneurs mécontents de son gouvernement.

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