XIX. Baudouin, comte de Flandre, excommunié
En ce même concile de Reims , on menaça d'excommunication Baudouin, comte de Flandres, pour divers crimes (1). 11 avoit fait fouetter un prêtre. Il avoit ôté aux églises des prêtres qui y étoienl ordonnés, et y en avoit mis d'autres sans la participation de leur évêque. Il avoit usurpé une terre donnée par le roi à l'église de INoyon, et le monastère de Saint- \aast d'Arras. Enfin , il s'étoit révolté contre le roi au mépris de son serment. Sur tout cela il avoit été depuis long-temps admonesté par les évêques sans en avoir profité. Ceux du concile de Reims jugèrent donc qu'il méritoit d'être excommunié: mais, attendu qu'il pouvoit servir ufileraent l'Eglise et l'état, ils suspendirent h censure, et lui donnèrent encore du temps pour se corriger.
Ils déclarèrent à Baudouin ce jugement par leur lettre synodale, et en écrivirent une autre
'"*- ^- ' Dodilon de
au concile,
Normands qui
ôtoient la sûreté des chemins, et les évêques le prioient d'exhorter fortement le comte Baudouin à se reconnoître, de lui lire leur lettre, s'il étoit présent, et, s'il étoit absent, la lui envoyer par son archidiacre, qui la lui fît bien entendre. Que, s'il ne pouvoit approcher de Baudouin , il fît lire en sa présence les lettres dans un lieu où il eût insulté à la religion ; et qu'ensuite, s'il ne se corrigeoit , personne, ni ï^ine, ni chanoine, ni aucun chrétien, n'eût plus de commerce avec lui, sous peine d'anathénae. Si Hétilon, évêque de Noyon, venoit a A.rras, Dodilon devoit l'aller trouver pour «ire sur ce sujet ce qui seroit à propos suivant tes canons, et en donner avis par lettres à leurs ^clievéques.