‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 920 sur 2407 · XX. Lettres de Formose en France · texte numérisé non relu

XX. Lettres de Formose en France

Foulques ne manqua pas de donner avis au pape du couronnement du roi Charles , lui de-

(«) Flod. I. ,v, c. 7.

(3) Ihid. c. Q, p. lai.

mandant son conseil et son secours , et le pape écrivit plusieurs lettres sur ce sujet(l). Auroi Eudes pour l'exhorter à se corriger des excès dont on l'accusoit , à ne point attaquer le roi Charles en sa personne ni en ses biens, et lui accorder une trêve, jusqu'à ce que l'archevêque Foulques pût aller à Rome. Aux évêques de Gaule, pour les exhorter à faire les mêmes instances auprès du roi Eudes, et à procurer cette trêve. Au roi Charles, répondant à la lettre qu il avoit reçue de sa part , lui donnant les avis convenables, et lui envoyant un pain béni qu'il lui avoit demandé.

Arnoul , roi de Germanie, trouva fort mauvais que l'on eût couronné le roi Charles sans sa permission ; car il prétendoit avoir droit lui seul à tout l'empire françois. L'archevêque de Reims fit son possible pour se justifier auprès de lui , et lui fit écrire par le pape, pour lui défendre de troubler le royaume de Charles, et l'exhorter au contraire à l'aider comme soiî parent (2). Ensuite il se plaignit au pape que ni Arnoul n'avoit voulu secourir Charles, ni Eudes cesser de ravager son royaume; qu'au co»traire l'un et l'autre avoient usurpé les terres de l'églisede Reims, qu'Eudes avoit même assiégé la ville , et que ces guerres étoient un obstacle invincible à son voyage de Rome. Au reste il prioit le pape , qui regardoit comme son fils le jeune empereur Lambert, de l'unir d'amitié avec le roi Charles, et d écrire à Eudes et aux seigneurs de France , pour les obliger à la paix et à laisser à Charles au moins une partie du royaume de ses pères. Le pape , dans sa réponse, louoit fort l'archevêque de l'affection qu'il tèmoignoit pour l'empereur Lambert, l'exhortant à lui être toujours fidèle, comme son parent, et prolestant de sa part qu'il ne s'en separeroit jamais.

Touchant quelques autres affaires dont Foulques lui avoit écrit, il déclaroit avoir excommunié et [anathématisé Richard , Manassès et Rampon, pour avoir arraché les yeux à Teutbold, évêque de Langres, et avoir chassé de son siège et mis en prison Vaultier , archevêque de Sens. Il ordonnoit donc à Foulques d'assembler ses suffragants, et de confirmer avec eux ce jugement. Le pape lui faisoit aussi des reproches de n'avoir pas voulu sacrer évêque de Châlons, le prêtre Berthier , élu par le clergé et le peuple , du consentement du roi Eudes. Au contraire, ajoutoit-il, on dit qu'à la mort de l'évêque vous avez donné cette église, comme en fief, à Hériland, évêque de Térouanne, et qu'ensuite vous prétendez avoir ordonné évêque de Châlons un certain Mancion , prévenu de crimes. Que Berlier ayant voulu venir à Rome, il a été pris par un nommé Conrad , votre vassal, tiré de l'église et tenu en exil pendant un mois. C'est pourquoi le pape ordonnoit à Foulques de se rendre à Rome dans un temps marqué avec

(1) Ibid. c. 3, 3.

HISTOIRE DL CHKISTIAMSMK

Ail de J C. 860

AndeJ -C.894J

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