‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 923 sur 2407 · Tome ÏIÏ · texte numérisé non relu

Tome ÏIÏ

(i) Acta SS. Ben. Saec.

aux exercices de la chasse et des armes ; mais une longue indisposition l'obligea à les interrompre, et porta ses parents à l'appliquer plus long-temps aux lettres (1). Il y prit tant de goût, qu'après avoir recouvré sa santé quoiqu'il réussît fort bien aux exercices du corps , il continua d'étudier , et savoit presque toute la suite des saintes Ecritures. A la mort de ses parents , il se trouva maître de plusieurs grandes terres, et d'un grand nombre de serfs, dont elles étoient peuplées, et s'appliqua à les gouverner avec beaucoup de justice et de prudence. Ayant arrêté ses regards sur la fille d'un de ses serfs , qui étoit très-belle, il succomba à la tentation , jusqu'à faire venir chez lui le père et la fille ; mais il ne passa pas outre , et étant revenu à soi , il sortit , quoique de nuit et par un grand froid renvoya celle qui l'avoit tenté, et prit soin de la marier. Il perdit ensuite la vue pendant plus d'un an , ce qu'il regarda comme un châtiment de sa faute. Dès lors il ne souffrit plus de filles chez lui , et s'appliqua à mortifier son corps; il renonça au mariage, et refusa la sœur de Guillaume, duc d'Aquitaine, et plusieurs autres grands partis (2). Comme on lui représentoit qu'il devoit des successeurs à son illustre famille, il disoit qu'il valoit mieux mourir sans enfants que d'en laisser de mauvais.

11 étoit le protecteur des foi blés et des opprimés, et ne portoit les armes que poui ce sujet. Car comme le malheur des temps et la foiblesse du gouvernement ne permettoient pas toujours le cours de la justice réglée , les seigneurs étoient réduits à se faire justice à main armée, comme des souverains; et Gérauld comme les autres , quelque répugnance qu'il y eût, se résolut, par le conseil des personnes les plus sages, à repousser la force par la force (3). En quoi il usa de toute la modération possible , épargnant le sang, et traitant généreusement les prisonniers. Aussi, dansces petites guerres , il eut ordinairement l'avantage ; et l'on regarda comme des miracles plusieurs marques qu'il y reçut de la protection divine.

Ses aumônes n'a voient point de bornes ; il ne renvoyoit aucun pauvre; quelquefois il leur faisoit dresser des tables , et il se trouvoit aux di tri butions, pour s'assurer de la nourriture qu'on leur donnoit, jusqu'à en faire lui-même l'essai. Ses officiers lui tenoient toujours prêts quelques mets à leur servir. Outre les survenants, il en nourrissoit régulièrement un certain nombre. Cependant il vivoit lui-même trèsfrugalement. Il ne soupoit jamais, se ccmtentant le soir d'une légère collation ; à dîner sa table étoit bien servie, et il convioit des personnes doctes ou pieuses, avec qui il s'entretenoit de la lecture qu'on faisoit toujours pendant

(1) Ibid. p. 6. Vila per Odor. Mb. I, c- 4, 5.

le repas (1). Le reste de la journée s'employoit à ré-ler ses affaires , terminer des différents , instruire ses domestiques, visiter des hôpitaux, lire l'Ecriture sainte. Il jeûnoit trois fois la semaine; et s'il arrivoit une fête le jout de son ieùne , il le Iransfêroit à un autre , et anticimiit le samedi celui du dimanche , ce qui depuis a été universellement reçu (2). Il ne portoit point de soie ni d'étoffes précieuses ; en quclqu'occasionque ce fut, ses habits etoient toujours simples et modestes.

Il lit au moins sept fois le pèlerinage de Rome, tant il avoit de dévotion à saint Pierre, a qui aussi il fit dédier son monastère d Au-

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[ AndeJ.-C. 895.

En exécution de ce dc^ct^ei , Vévéque Galotl alla exprés tenir son synode dans le monastère de Flavigny , où , disant la messe publiquement dans l'église de Saint-Pierre, il fit avertir le moiiie Gerfroy de s'approcher de là communion , oU de s^en retirer Suivant le tertioignage de sa conscience. Il s'approcha sans hésiter , et prenant Dieu à témoin et le sactement qu'il afloit recevoir, il communia en présence de tout le monde. Pour mettre à l'avenir sa réputation à couvert, l'évéque Galon lui en donna un acte authentique , au'il souscrivit avec les évéques de Chàlons et de Mâcoh. Aurélien , archevtkiue de Lyon, mourut peu de

An de J.'C. 895.]

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