LIVRE CINQUANTE-QUATRIÈME
arrive à une grande vieillesse, et ne pouvant plus agir, fit v(nir Hoger de la nouvelle Corbie, pour se soulager [i). Cependant le pape ►Sergius, louché des plainles d'Adalger, renouvela les privilèges de l'église de Brème que Formose lui avoit ôtés, et confirma tout ce que Ks papes Grégoire et Nicolas avoient accordé à Sainl-Anscaire et a Saint-Kembert. Sergius donnaaussi à Adalger cinq évêques voisins pour l'aider dans ses fondions épiscopales, faire ses visites, prêcher et consacrer des évêques Il avoit même le pouvoir d'en établir de nouveaux. H mourut le neuvième de mai neuf cent neuf, après vingt ansd'épiscopal. Hoger lui succéda , et tint le siego sept ans. Herman , archevêque de Cdogne, 1 ordonna après qurique résistance; il reçut le pallium du pajHî Sergius, et la fcrule ou bàlon pasioral du roi Louis. 1 1 etoit fort sévère à faire obs;Tver la discipline ecclésiastique, et visitoit souvent les monastères de ses deux diocèses. De son temps, celui de Hambourg fut désolé par les Sclaves, elielui de Brème par les Hongrois Hoger mourut l'an neuf cent quinze, le vinffticine de décembre.
Hatton, archevêque de Mayence, mourut vers le même tem[)s, cest-à-dire l'an neuf cent douz.' (2). On dil qu'il gouvernoit jusqu'à douze abbayes; on Tappeloil le cœur du roi, à cause de l all'edion que lui iM)rtoil le roi Arnoul. Ce prélat transféra la ville de Mayence et la bAlit plus près du Rhin. Son successeur fut Heriger, auparavant abbé de ruide.
Dans ce même temps, le monastère de Saint Gai avoit plusieurs doctes et sainis moines, dont le plus fameux est ^olquer le bègue (3;. H etoit né de parents nobles; il fut ollert à ce monas ère dans son enfance, vers l'an huitcent quarante, et eut |x)ur maitres Ison et Marcel. Ison etoit du pays, Marcel étoit Ecossois , cesî-à-dire Hibernois, et son premier nom étoil Moengal. 11 vint se retirer à Saint-Gai , avec 1 évêque Marc, son oncle, qui y demeura quelque tmips. Aolquer étoit un petit homme d un grand esprit, doux et patient, et loulefois exac t à faire obsiTver la discipline régulière, toujours occupe à piier, à lire, à composer des ecrils , ou a enseigner, car il gouvernoit les éeoles inférieures. H mourut en l'an reuf cent douze, le sixième d avril. H composa plusieurs hymnc»s et séquences, ou j)roses pour la messe; mais son plus fameux ouvrage ^'st le m rtyrologe. il traduisit le psautier en i»llemaiid.
La moine année neuf cent douze , le vingtunième de janvier, mourut le jeune lx)uis, roi d 'GiTmanie, sans laisser d enfants ; et en lui j'*nt, au-di'là du Khin, la postérité de Chariemagne. . uivant Tordre de la succession , obs<irve jusqu'alors, Charles le simple devoit
(1) Mabil. tora. 5. AcU ^.[?);Tom.9 Conc.p. 565. P 77 Bibl. Glu. p. 2. Acl.biBC. 5,
ri) V. Mabil. p. 80, id. (S; Vila S. Hug. Acla p. 67. S«jc. 5, p. 90
\l\ ^/'n- *^^^' ^- ^^ ^3j Mabil. SaKî. 5. Act.
va) MabiU.b»c.5,p.li8 p. ij.elc.
être reconnu roi des François orientaux aussi bien que des occcidenîaux ; mais soit pour le mépris qu'il s'attiroil par sa foiblesse , soit pour l'ancienne aversion des Austrasiens conlre les JVeustriens, ils voulurent avoir un roi ch'z eux. D abord ils s'adressèrent à Ollon, duc de Saxe; mais il s'excusa sur sou grand âge , et leur conseilla de prendre Conrad, duc de Franconie, quoique son ennemi personnel, le jugeant plus capable que lui de gouverner la nalion (1). Conrad fut donc élu d'un ( ommun consentement roi des François orientaux , et régna sept ans.