L. Jean, abbé du Monl-Cassin
Les moines du Mont-Cassin étoient encore hors de leur monastère, sans toutefois l'abandonner entièrement. A prés saint Berlhier, avec lequel ils se réfugièrent à Téano , ils eurent pour abbé Ragemprande; puis Léon, qui commença à réparer les bâtiments du Mont-Cassin brûlés par les Sarrasins, et Jejin, son successeur, les acheva. Celui-ci étoit d'une famille noble de Capoue, et parent des princes; il avoit la dignité d'archidiacre de Capoue, et se distinguoit par sa piété et ses mœurs exemplaires (3). Après que la communauté de Téano eut été quelque temps sans supérieur , parce qu'il ne se Irouvoit personne entre eux qui en fût capable , les princes de Capoue Landulfe et Alténulfe allèrent trouver l'archidiacre Jean , et l'exhortèrent à prendre la conduite de ces moines. H y consentit enfin , et prit l'habit monastique. Car c'étoit l'usage que quand on prenoit un séculier pour abbé, il commençoit par se faire moine. Il fut élu par la comniunaulé, et béni solennellement par le pape Jean X. Alors il exhorta les frères à quitter la petite ville de Téano, et passer à Capoue , qui étoit la capilalo du pays et la résidence des princes. Ils y vinrent en effet, et
l'abbé Jean , par le secours de ses parents et de ses amis , y bâtit de fond en comble un monastère en l'honneur de saint Benoît , avec une grande et belle église , et tous les lieux réguliers , et y assembla plus de cinquante moines.