‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 963 sur 2407 · Hugues enfant, archevêque de Reims · texte numérisé non relu

Hugues enfant, archevêque de Reims

Sculfe, archevêque de Reims, mourut l'an neuf cent vingt-cinq, après trois ans et cinq jours d'épiscopat ; et le bruil courut qu'il avoit été empoisonne par les gens d'Hébert, con)te de Yermandois (i). En e(T t il vint aussitôt à Reims, et y fit venir Abbon, évèque de Soissons, et Bovon de Chàlons , avec lesquels il traita de l'élection d'un archevêque, et rangea le clergé et le peuple à sa volonté , leur faisant craindre que les biens de l'archevêché ne fussent divises et donnés à des étrangers. Hébert eut assez d'autorité pour faire élire archevêque di» Rt ims son cinquième fils, nommé Hugues , quoiqu'il n'eut pas enrore cinq ans ; puis, ils allèrent en diligence trouver le roi Raoul pour avoir son agrément. Le nn , par le conseil des deux évêques, approuva l'élection de cet enfant, et donna au comte Hébert, son père, l'administration de rarchevêthe. Le comte Hébert envoya à Home des députés de l'église de Reims, avec Abbon, évêque de Soissons , pour demander la confirmation de cette élection dont ils porloient le décret. Ils obtinrent , du pape Jean X, ce qu'ils désiroient ; et il commit révêque Abbon pour exercer les fonctions épiscopales dans l'archevêché de Reims.

IL Mort de Jean X. Léon VI et Etienne VII, papes.

Tandis qu'ils ètoienl à Rome, ils furent témoins de la révolution qui y arriva, (^ar les Italiens ayant chassé Rodolfe, roi de Bourgogne , après qu'il eut régné deux ans en Iti.lie , appelèrent en neuf cent vingt -six Hugues, comte d'Arles, fils du comte Thibaut, et de Berihe, fille du roi Lothaire etde \ aldrade (2). Hugues vint par mer en llalie, et arriva à Pise, où se trouvèrent des députés du pape Jean et de la plupart des seigneurs , qui l invitèrent à accepter le gouvernement du pays ; et il fut reconnu roi à Pavie d un ( oinmun consentement ; puis le pape 1 • vint trouver à lAlantoue, où il Ut alliance avec lui. Hugues régna 'Vingt ans en llalie ; il étoit brave , rusé, libé-

(l) Frod. Chr. an. 92.5, (2^ Frod. Chron 910. et IV, Hisl. c 19. 6up. iiv. Sup. liv. uv, o. ù6. Lu.lpr. uv, n, 57. ni, c. 4.

rai , protégeant les lettres et la religion, mais adonné aux femmes.

Son royaume ne s'étendoil guère hors la Lonibirdie, et il n'étoil point maître de Home. C'ètoil Guy , son frère utérin, qui y commandcil. Car Berihe, sa mère, èpousii en secondes noces Adalbert, man^uis de Toscane, et en eut ce fils, qui lui succéda. H étoit donc maître de Home avec Marozie, qu'il avoit épousée, quoique de son père Adalbert elle eût un fils nommé Adalbéric. Guy et IMarozie résolurent de se défaire du pape Jean, étant jaloux du pouvoir qu'il donnoit à Pierre, scm fière. Un jour donc que le pape étoit avec lui vi quelque peu d'autres , dans le palais de Latran, des soldats de Guy et de iMarozie entrèrent, qui tuèrent Pierre aux yeux du pape, le prirent lui-même, et le mirent en prison , où il mourut quelque temps après en neuf cent vingt-neuf, ayant tenu le saint-siège un peu plus de quatorze ans. On dit qu'on l'etoulfa en lui mettant un oreiller sur le visage. Son successeur fut Léon \T, qui mourut après sept mois et cinq jours de pontificat : puis Etienne VU tint le saint-siège deux ans (1).

IIL Bernon, évoque de Metz.

Cependant Yigeric , évêque de Metz , étant mort en neuf cent vingt-sept, le roi Henri, sans s'arrêter a 1 élection des citoyens, donna l'evêcheà un ermite, nonune Bernon, qui vivoit en grande réputation de sainte te sur le mont Eccel, près de Zurich (!2 . H avoit succédé dans ce désert à Saint-Aleinard ou Méginrad, tué [)ar des voleurs en huit cent soixante-un. Bernon quitia 1 église de Strasbourg , dont il étoit chanoine, pour passer à cette solitude, et y demeura près de vingt ans, pendant lesquels il défricha le lieu, et en fil un mouiislère. :>iais comme il avoit été pourvu de 1 e> êché de iMelz, iiar lautorite du roi, malgré les habilants, des l'année suivanîe neuf cent vingt-huit, des mechanls le surprirent secrètement, lui arrachèrent les yeux et d autres parties, et le min iil hors d'etal d exercer ses fonctions. On tint un concile a Duisbourg sur le Rhin pour ce sujet,

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