LIVRE CINQUANTE-CINQUIEME
(1) Frod. Vers. p. 007.
Id. Chr.930.
(2) ViU0d.lib.î,n.î7.
étoit véritable. Le roi Charles le simple étoit mort dés l'an neuf cent vingt-neuf, le septième d'octobre, à Péronne, où le comte Herbert le lenoit en prison , mais sa mort n'apporta aucun changement aux affaires, du vivant de Raoul, qui étoit reconnu pour roi. Celui-ci mourut le quinzième de janvier neuf cent trente-six , et alors les seigneurs rappelèrent en France Louis, fils de Charles le simple, que sa mère. Ogive, avoit emmené en Angleterre près du roi Edelstan, son frère. Il fut sacré à Laon par Artaud, archevêque de Reims, en présence des seigneurs et de plus de vingt évêques, le dimanche dix-neuvième de juin neuf cent trente-six. Son séjour en Angleterre l'a fait depuis nommer Louis d'outremer (1).
L'abbé Odon étant arrivé à Rome, procura la paix entre le roi Hugues et Albéric, à qui le roi donna sa fille en mariage. Le prince Albéric conçut tani de respect pour Odon , qu'il vouloit faire couper les mains à un paysan qui avoit pensé le frapper, mais le saint abbé l'en emp<^cha. Le pape et tout le clergé de Rome l'obligèrent à rétablir le monastère de Saint- Paul comme il avoit été autrefois, et il y faisoit ordinairement sa demeure tant qu'il fut à Rome (2). En ce voyage Odon fit paroître sa patience et sa charité, répandant partout des aumônes abondantes. Passant à Sienne, où la famine étoit , il vit dans la rue trois hommes qui paroissoient de qualité , et pour leur épargner la honte de recevoir l'aumône , il fit semblant d'avoir envie des grains de laurier qu'il trouva à leur porte , et les acheta bien cher.