XVIII. Mort de Henri 1 oiseleur
La Germanie venoil de chan*^er de maître par le décès de Henri l'oiseleur, qui, après avoir régné dix-sept ans, mourut le s:unedi, second jour de juillet nrufcent trentc-si\ [û). Deux ans auparavant, il a voit reniportésurlrs Hongrois une insigne victoire qut- l'on attribue à sa piété Car avant que de leur dérlarer la guerre, pour s'affranchir du tribut qu il leur payoit, il assembla son peuple et dit : Je vous ai dépouilles jusqu'il i V(»us et vos enfants, pour remplir 1rs trésors des Hongrois. Maintenant je suis obligé de dépouiller les églises et leurs ministres. Que me conseilb z-vous? Prendra i-je l'argent destiné au service de Dieu pour le donner à ses ennemis, et nous racheter de leurs mains, ou n 'attendrons-nous d être rachète s que de LÎL'u? Le peuph; s'écria qu'il n'attendoit son salut que de Dieu, el, levant les mains au ciel , il promit de scTvir en celle» guerre. On refusa le tribul aux Hongrois; ils atlaquérent la Saxe et la Thuringe, ils furent défaits partout, el le roi Henri appliqua au service de Dieu et au soulagement des pauvres le tribut qu'on leur payoit.
Le grand élendard du roi Hrnri, qu'il faisoit porter dt'vanl lui dans les combats, avoit le nom et limage d'un ange(:n, et ce prince avoit grande confiance en une lance que Ion disoit avoir été celle du grand Constantin, ornée en forme de croix des doux de Aotre Seigneur. Ci'lte lance éloit en la possession de Rodolfe II, loi de Bourgogne, à qui le roi Henri la fit demander, offrant une grande récompense (4). Rodolfe répondit qu'il ne s'en déferoit jamais; mais, Henri l'ayant menacé de désoler tout son royaume par le fer el le feu, il se rendit; et le roi Henri, ravi d'avoir enfin ce trésor, donna au roi Rodolfe de grands présents en or et en argent, el une bonne partie de la Souabe.
(1) Ezech. xviir, 20.
2) KegM Coiiliii. 9:U.
Hcrm. AÎarian. etc. Viliq.
lit). I.
(3) VitaS.
(4; Baron
Gor.
Alt.
5, p. 204. 1 uilpr.
B. Saec.
Iib. IV,