XIX. Eglises du Nord
Le roi Henri travailla aussi à la conversion des intidèles, et (il baptiser un roi des Abodrites et un roi des Danois ou iNormands. H réprima leur roi Gourm , ce grand ennemi des chrétiens, et le réduisit à denmnder la paix ; puis il mit à Slesvic une colonie de Saxons et un marquis ou gouverneur de frontière <!). Alors Lnni, archevêque de Brème, voyant la porte ouverte à l'Evangile, entreprit de rétabl'r 1 église de Hambourg, négligée dep is long-temps. H résolut de faire par hii-même la visite de son vaste diocèse, el le peuple de Brème le suivit, ne pouvant souiîrir son absence, et prêt à s'ex|)oser à tout avec lui. L'nni étanlarrivé chez les Danois, ne put ri 'U gagner sur leur roi Gourm; mais il convertit son fils Harold, en sorte qu'il p; rmil la pr(>fession publique du christianisnte, quoiqu il ne fût pas encore baptisé.
L'archevêque, ayant donc ordonné des prêtres dans < haque église de Danemarck, recommanda les fidèles au roi Harold (î>), et, avec son secours el un amlwissadiur de sa part, il parcourut les îles des Danois, prêchant lEvangile aux inlidèles, et alTermissant dans la foi les chrétiens qu'il trouvoil captifs. Puis, suivant les traces de siiint Anscain*, son prédécesseur, il passa la m<T Baltique et vinl nu port de Birca. Car, pendant Si»ixanb*-dix ans qui s'étoient écoules depuis la mort de saint Anseaire, aucun missionnaire n'a voit osé passer en Suède, que le seul prêtre Rimbert (3). L'archevêque Lnni y étant donc arrivé, trouva que la religion chrétienne y avoit été entièrement <Mjbliee pendant les règnes courls et sanglants de plusieurs rois; jinsi il eut bien de la peine à se faire écouler. Il avoit achevé sa missi(»n, el se |»réparoit au retour quand il fut attaque de maladie, el mourut vers la miseptembre l'an neuf cent trente-six, indiction neuvième. Ses disciples enterrèrent Mm corps à Bina, où il étoii mort, et emjM>rtèrent son ( hef à Rrême, où ils l'enlerrèrent à Saint-Pierre devant 1 autel. H avoit tenu ce siège dix-huit ans. Sou successeur fut \da]da<;ue, qui le tint (inquanle-quaireans. Ilétoild.* famille noble, parent et disciple d'Adaluard , évêque de Verden, qui prêchoitc h('z les Sclaves dans le temps que 1 archevê(|ue Linni prêchoil chez les Suédois. Adaluard éloit connu à la cour d'Allemagne, el y lit connoilre le jeune Adaldague, qui éloit bien fait de sa personne, mais plus aimable par ses mœurs. Un le tira du chœur de l'église d'ilildesheim ; el une rencontre singulière contribua à sii promotion. Li reine iMathilde, voyant le roi Henri, son epouv , à l'exlremilé, alla se mettre en prières dans i'é-
CD Regin.Conc. an «31.
Hiriin. Mar. Si^eb. yjO.
A lam. Brein. c. 48. iiclrii.
Chr. SI. I, c. 8. Adam.
(3) Sup. liv. XLV, ni, n- 31. bup. liv. L,n. 38, c 3t.
l, elle deman('asily avoitquel- ; chevêque de IMayence (1). Celui de Cologne (oreàjeùn qui put célébrer la éloit Vicfred, qui avoit succédé à Herman, i (1). Adaldague s'y offrit; la mort en neuf cent vingt-cinq. L'archevêque
glise; et les cris du peuple lui ayant appris qu'il éloit mort que prêtre enc messe pour lui
reine lui doima sur-le champ des bracelets d'or qu'elle portoit; elle lui sut gré toute sa vie d'avoir dit la première messe pour l'âme du roi, son é|)oux, et, rarchevcHjue Lnni étant mort deux mois après, elle obtint pour lui, du roi Otlon, son fils, l'archevêché de Brème. Elle fit porter le corps du roi Henri à Quedlimbourg, près d'ilalberslat, où elle avoit lèsolu avec lui de fonder un mona-tère de (illes, ce ce qu'elle exécuta incontinent (yéloienl toutes personnes nobles, et iMalhilde se retira avec elles pour y achever ses jours.
Elle avoit été élevée dans son enfance au monastère d Erford , près de son aïeule, qui en éloit abbesse, pour y apprendre la religion et les ouvrages convenables à son sexe 2). Elle en fut tirée pour épouser Henri, vers l'an neuf cent treize. Depuis son mariage elle avança toujours en vertu , ornée au dehors de soie el de pierreries, mais pleine de compassion el d'humilité. Pour prier la nuit elle se levoit d auprès du roi son époux, qui fais(»it semblant de 1 ignorer. Ils gardoient la continence les j*)urs marqués par 1 Eglise, suivant l'usage observé encore alors religieusement. Toutefois, un jeudi-saint, le roi Henri ayant pris plus de vin qu à l'ordinaire, obligea la reine maLrè elle à \ioler cette rè^le; ce que les historiens ont remaïquè comme une tache en la vie de ce prince; et de 1 1 vint leur fils Henri, duc de Bavière, pour qui IMalhilde eut une pr.'dil (lion singulière, mais ce fut la source de grands malheurs ^3;.