XX. Olton, roi de Gcrm nie
Car après la mort du roi Henri , la reine souhaitoit de faire reconnoitre ce fils pour son successeur: et il y avoil un prétexte de le préférer à Olton, son aîné, en ce que celui-ci éloit né avant ciue le pè:e fut roi. Olton , déjà désigne par le père, lemporla suivant le suffrage des François o ientaux et des Saxons; mais Henri garda toujours des prétentions, et se révolta plusieurs fois. Ils avoi ïil un troisième frère nonnné Rrunon , qui dès l'eufance fut appliqué à lelude, et doslinè au service de l'Eglise.
Le lieu du couronn ment d'Otton fut marqué à Aix-la-Chapelle, où premièrement les seigneurs lui prêlèrent serment de fidéli4e hors de l'église, dans laquelle Hildelbert, archevêque" de Mayence, rallendoit avec tout le clergé. L'anhevcque de Trêves, à cause d^» rantiquilè de son siège, et celui de Cologne, comme diocéj>ain, prèlendoit faire celte cé-
rémonie , mais ils cédèrent au mèrîto do Tar-
(I) Vlla W. IVIalh. c. 2, n. 0. Bol. 14 DiarU to. 7, p. G13.
dj Acla Saec. 5. Ben. p.
(3) Vila c. 2, n. 7.
de Trêves éloit Robert, onde d'Otton, et frère de la reine Mathilde , sa mère , qui avoit succédé à Roger, mort en neuf cent trentequatre. Quand Olton entra dans léglise, l'arche vê<iue de IMayence s'avança el lui toucha la main droite; puis, se tournant vers le peuple qui remplissoit les galeries hautes et basses, il dit : Voiei Olton que je vous amène; Dieu l'a choisi , le roi Henri l'a désigne depuis long-temps, tous les seigneurs viennent de le fain^ roi. Si celle élection vous est agréable, témoignez-le en levant les mains au ciel. Tout le peuple leva la main avec de grands cris, pour souhaiter au nouveau prince toute sorte de prospérité.
Alors l'archevêque s'avança avec le roi, qui éloit revêtu d'une tunique étroite à la françoise , et le mena derrière l'aulel sur lequel étoient les ornements royaux, savoir : l'épée avcx le ceinturon, le manteau avec les bracelets , le bâton avec le sceptre et le diadème. L'archevêque p it l'épée, et, se tournant vers le roi, luidil : Recevez celle épèe pour repousser tous les ennemis de .lésus-Christ, barbares et mauvais chrétiens, puisque Dieu vousdonne Il puissance d?. tout l'empire françois pour aff rmir la paix des chrétiens. Il prononça des prières semblables en lui donnatjt les autres c>rnements. H lui fit lonclion de l'huile sainte, e: enfin lui el l'archevêque de Trêves le couronnèrc^nt. Ils le menèrent au trône élevé entre deux C(donnes de marbre, afin qu'il fût vu de lout le peuple; et la messe ayant été célébrée, le roi descendit au palais , et s'assit à la table de marbre avec les évêques pour le festin solennel, étant suivi par les ducs. C'éloit en neuf cent trente-six , el Olton régna trentesix ans. Mais Hildeberl, archevêque de Mayence, ne survécut pas long-temps à celte cérémonie : il mourut l'an neuf cent tn^ntesepl , Icî dernier de mai , et son successeur fut Frédéric, aussi moine de Fulde.
Ce fut par le conseil de ce prélat, d'Adaldague , archevêque de Brème , et de plusieurs autres évêques, que le roi Olton , voulant établir la religion chrélienne chez les Sclaves voisins de l Elbe, qu'il avoit vaincus, fortifia la ville de IMagdebourg, et y fonda un monastère; à quoi il fut excité et aidé par la pieuse reine Edi he, son épouse (2). H y fit apporter les reliques de saint Innocent, martyr, apparcMument celui de la légion thébéenne, qui lui furent envoyées par Rodolphe, roi de Bourgogne. Le monastère fut établi le vingttroisième de seplenjbre neuf cent trente-sept , la seconde année du règne d'Otton, el dédié à saint Pierre, saint INlaurice et saint Inno-
(1) Viliq. lib. U.
(2 Mabill. Act. S«c.
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HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[An de J.-C.U3T.
cent , et mis sous la protection du saint-siége. Magdebourg fui aussi nommé Parlhénopolis, c'esl-à-dire, la ville de la vierge. Le premier abbé du nouveau monastère fut Annon , depuis évéque de Wormes.