XXXIX. Concile de Rome
Tandis que saint Boniface étoit encore en Frise, le pape Grégoire II Hnt à Rome un concile dans l'église de Saint-Pierre, la cinquième année de l'empereur Léon , et la seconde de son fils Constantin, le cinquième d'avril, indiction quatrième, l'an st^pt cent vingt-un (1). Constantin étoit né l'an sept cent dix-neuf, et avoitété baptisé le jour de Noël par saint Germain, patriarche de Constantinople (2). En cette cérémonie, il salit l'eau sacrée de ses excréments, ce qui lui attira depuis le surnom de Copronyme. L'année suivante, sept cent vingt, son père le fit couronner le jour de Pâques, trente-unième de mars (3).
Au concile de Rome, outre le pape qui y
{irèsidoit, assistèrent vingt-deux évéques, entre t^uels il y avoit trois étrangers , Sindèrede d'Espagne, qui avoit quitté l'archevêché de Tolède, comme il aétédit, Sédulius, E<;ossoisdela Grande-Bretagne, et FergustPicte, d'Ecosse (4). Tout le clergé de Rome assistoit aussi au concile. Le pape en fit l'ouverture en disant que plusieurs chrétiens en Italie contractoient des manag(»s illicites avec des femmes consacrées à Dieu et des parentes. Les évéques répondin^nt qu'il falloit anathématiser tous ceux qui commettoient de tels crimes, Romains, Lombards, ou de quelque nation qu'ils fussent. Après quoi, le pape prononça devant le corps de saint Pierre la sentence comprise en dix-sept canons, dont le premier porte : Si quelqu'un épouse une prêtresse , qu'il soit anathème ; ce qu'ils firent sur chaque canon. On nommoit prétresse, preabytera^ celle dont le mari avoit été ordonné prêtre, et il lui étoit défendu de se marier, même après la mort de son mari. On condamne celui qui épouse une diaconess<» , une religieuse, sa commère, la femme de son frère, sa nièce, la femme de son père ou de son fils, sa cousine, sa parente ou son alliée, celui qui aura enlevé une veuve ou une fille. On prononce anathème en particulier contre un nommé Adrien et une diaconesse , nommée Epiphanie, qui s'étoient mariés au préjudice de leur serment ; et l'anathème s'étend à leurs com- {dices (5). On condamne ceux qui consultent es devins ou les aruspices , et se servent d'enchantements ou de caractères, ceux qui usurpent des terres au préjudice des lettres apostoliques, enfin les clercs qui laissent croître leurs cheveux (6). Ce concile est souscrit non-seule-
(1) T. 5, Conc. p. 1455.
(2) Th. p. 3, p. 335.
(3) Id. «n. 4
(4) Sup. n. 25.
(6) C. 7, li, 13.
ment par les évéques , mais encore par quatorze» prêtres et quatre diacres.