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CHAPITRE XI

Matériel et Procédés de Fabrication des Tissus

Les tissus sont formés de deux séries de fils parallèles entrelacés dans le sens de la longueur (chaîne) et de la largeur (trame).

Le but à atteindre implique des opérations qui se divisent en deux groupes: les opérations préparatoires et le tissage.

Opérations Préparatoires

Le bobinage déroule le fil des fusées obtenues au métier à filer et l'enroule sur les bobines du bobinoir d'où ce fil passe à ïourdissage, c'est-à-dire à la formation de la chaîne, ou à la rangée de tils parallèles, tendus horizontalement dans le sens de la longueur de la pièce à obtenir.

L'ourdissage demande une habileté spéciale, soit qu'il s'effectue à la main, soit qu'il s'obtienne mécaniquement.

La chaîne est ensuite collée, afin d'être rendue plus solide ou résistante, car elle devra supporter la chasse du métier à tisser.

Chaque iil est passé dans la lisse qui le fera mouvoir, car toute la chaine est disposée sur un cylindre qui se meut, ou tourne, au fur et à mesure du tissage.

Quand il s'agit d'étoffes façonnées, on procède à la mise en carte, opération délicate qui consiste à tracer sur un carton les dessins à obtenir sur le tissu.

Le Usage et le perçage des cartons demandent une habileté technique qui ne s'acquiert qu'à la pratique. Certains ouvriers ou contremaîtres, voient, d'un coup d'œil, au moyen de ces cartons, les effets à obtenir. Il ne s'agit pas de se tromper, le moindre trou mal placé détermine la levée d'un til et occasionne un défaut à réparer à l'aiguille. C'est l'œurre des rentrayeuses dont certaines deviennent si habiles, qu'elles réparent une pièce, avant ses derniers apprêts, de façon à faire disparaître toute tare.

Le rentrayage exige un nombre considérable d'ouvrières qui ordinairement travaillent chez elles ; les fabricants de draps ont des ateliers spéciaux.

Tissage

On conçoit que les fils de la chaîne, pour laisser passer la trame, doivent simultanément être abaissés ou élevés, de façon à bien enl'ermer cette trame.

Ce double mouvement s'opère au moyen de cordons verticaux ou lisses qui mettent en action des leviers ou marches.

Ces marches, dans le métier à tisser à la main, sont mues par le pied du tisserand ; d'où leur nom.

Les fils de chaîne, en se croisant sous l'action des marches, reçoivent la duite ou trame.

\,e battant porte-peigne ou rot sert à serrer une duite contre une duite précédente.

Ainsi, insensiblement, la trame prend place dans le tissu qui s'allonge.

Le croisement des fils de chaîne, pour un tissu en forme de toile est fort simple, mais il se complique quand il s'agit d'étotfes façonnées, c'est-à-dire d'étoifes à petites dispositions et h minuscules dessins.

Il faut multiplier le nombre des lisses montant ou descendant les iils de chaîne. Les combinaisons sont inhnies.

Dans le principe, tout cela présenta de grandes difficultés. Au commencement du xvii*^ siècle, les fabricants de Lyon simplifièrent le procédé au moyen duquel un ouvrier spécial, placé au haut du métier, soulevait les lisses suivant que les besoins du dessin l'exigeaient

Falcon, inventeur lyonnais, imagina une machine à lier les cartons, machine que Vaiîcansin perfectionna.

A Jacquard revient la gloire d'avoir résolu, en 1806, le problème" de la levée automatique des fils de la chaîne. Ainsi se produisent les dessins les plus compliqués. Quelle quantité de cartons en certains cas !

On est arrivé, grâce à certains mécanismes, dits de dérouîage, à faire revenir les cartons sur eux-mêmes, de manière à reproduire plusieurs fois les séries de dessins.

Los métiers à tricot sont d'origine assez récente. On en attribue l'invention au pasteur anglais, William Lee, qui vivait à la fin du xvi'^ siècle.

Les organes essentiels de cette machine n'ont pas changé, bien qu'elle ait été l'objet de perfectionnements incessants.

Le tissage des métiers à mailles est surtout mécanique.

Historique sommaire du développement du tissage mécanique.

Les peuples anciens tissaient à la main.

La régularité et la précision du travail en font le mérite; cela montre tout l'avantage du tissage mécanique.

Les premiers essais datent de la fin du xvi- siècle, et on les attribue à un officier de la marine française, nommé de Gounes, qui eut l'idée de faire mouvoir les lisses à l'aide de bielles ou manivelles.

Vaucanson contruisit un métier mécanique en bois. Les inventions de Higgs et d'Arkwright, c'est-à-dire les métiersà filer, déterminèrent d'autres progrès.

Cartwright trouva le premier métier à tisser mécaniquement. . En 1803, Johnson invente une machine qui permet d'apprêter la chaîne avant de la disposer sur le métier.

La bonne préparation des fils amena la création des dévidoirs, ourdissoirs, encolleuscs, etc.

Ces opérations sont surtout importantes en ce sens qu'elles activent considérablement le travail.

Tous les textiles en profitèrent car toutes les industries rivalisèrent de zèle dans les applications ingénieuses du mécanisme.

Tissage de la Laine.

Le tissage mécanique prend une importance telle qu'il sert à fabriquer aussi bien les articles foulés (Sedan, Elbeuf, Louviers, Vienne, Lisieux, Mazamet, Orléans, Beauvais, Yilleneuvette, Vire, La Bastide, Lodève,Châteauroux) (jue les étoffes rases de Roubaix, Tourcoing, Fourniies, Reims, Amiens, Saint-Quentin, Mende, etc.

On peut diviser en 16 centres de fabrication, les régions françaises de tissage mécanique de la laine :

lo Amiens : satins, lastings, serges du Berry ;

3° Principales localités industrielles de l'Aisne : Saint-Quentin (mousselines, barèges, etc.); Bohain (cachemires, grenadine, étoffes d'ameublement);

3'^ Beauvais: tapis et feutres;

4^ Elbeuf : Draps lisses, satins, taupelines, nouveautés;

5° Cours : Couvertures ;

6^ Fourmies : Lainages et draperies peignées ven«lues à Roubaix ;

7» Lisieux : Draps et nouveautés ;

8<^ Louviers : Draps et nouveautés ;

9^ Mazamet : Molletons, flanelles, draperies ; IQo Orléans : Couvertures ; 11° Paris : Articles divers (dans un rayon) ; 12^ Reims : Mérinos, flanelles, nouveautés légères; 130 Roubaix-Tourcoing : Lainages de toutes sortes purs ou mélangés; 14*^ Sedan : Draperie noire ou de couleur;

150 Vienne : Draps imprimés à bon marché et articles de fantaisie ; 16*^ Les Vosges : Flanelles, draps peignés, tissus pour robes.

Tous les genres varient à Tinflni-De nombreux industriels s'appliquent à les chercher, de façon à trouver la vogue et le succès.

Le tissage des articles foulés sous toutes ces formes est représenté par Sedan, Elbeuf, Louviers, Vienne, Lizieux, Mazamet, Orléans, Beauvais, Villeneuvette, La Bastide, Lodève et Chàteauroux.

Celui des étoffes rases, par Roubaix, Fourmies, Tourcoing. Reims, Amiens, Saint- Quentin et Mende.

La statistiijue oUicielle a donné, pour toute la France :

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