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CHAPITRE XVIII

Couvertures de Laîne

Les Couvertures servent à couvrir les lits, les chevaux ; elles diffèrent beaucoup de -qualité, d'épaisseur, de prix. Les voyageurs en font un usage très répandu qui a déterminé des modes de tissus simples ou doublés.

Les troupes ne peuvent s'en passer, aussi les réduit-on à un prix qui en généralise l'emploi.

La couverture de lit la plus élégante est blanche, ornée de bordures de soie; à des prix divers, elle est rouge ou verte.

Depuis 15 ans, la mode des dessins a envahi les fabriques de couvertures, soit qu elles viennent de l'étranger, soit qu'elles sortent de nos usines.

Au commencement du xix^ siècle, les principaux centres de fabrication étaient, en Franco : Orléans, Paris, Lyon et Beauvais. Sous ce rapport, Paris ne compte plus, mais le Midi a adopté l'article.

Toutes les laines faisant blanc en lavé, sont employées pour la fabrication des couvertures, mêmes des laines mérinos et certaines sortes australiennes.

La Sologne a toujours fourni des qualités servant à la confection des couvertures de couleur.

La filature se fait en cardé et en fils de gros numéros peu tordus. Le tissu croisé est le plus adopté. Après dégraissage et foulage, les pièces sont lainées au moyen de machines garnies de chardons, puis blanchies au soufre ou teintes.

Il va sans dire qu'on les épaille avec soin.

Les couvertures de voyage et de cheval exigent, à cause des fatigues auxquelles elles sont soumises, ou de l'usage fréquent que l'on en fait, l'emploi d'une chaîne teinte de lin ou de coton.

Lorsqu'on tisse la couverture de voyage au métier Jacquard on obtient des dessins qui relèvent la valeur de la chose rendue plus agréable.

Les couvertures des troupes se rapprochent de la draperie pour les procédés de fabrication ; on conçoit que leur prix est fatalement plus élevé.

L'Exposition universelle de 1900 nous a permis de voir ce qui se produit de mieux sous le rapport de la couverture, en France.

La vitrine de MM. Lelarge et C»S de Reims, à laquelle un Grand Prix a été décerné, contenaiX des couvertures blanches et de fantaisie absolument parfaites comme goût, matières, moelleux et épaisseur ne nuisant en rien à la légèreté.

Parmi les exposants ayant obtenu une Médaille d'or, citons les maisons suivantes :

1° J. Communeau et Fils, à Beauvais (Oise), pour leur belle série de couvertures unies et brodées de soie ;

2° Ed. Laine et G*®, à Beauvais, 'pour leurs couvertures de lit, de voyage, tissées à double face et leurs couvertures de chevaux. Chiffre d'atfaires : 7 millions ;

3°. Exposition collective des fabricants de couvertures d'Orléans ;

40 Perrin et G'*", couvertures fantaisies au Jacquard et de laine très fine ;

5o.Ponroy-Pesle Frères, d'Orléans, fabrication très soignée ;

6° Rime-Renard et Fils, couvertures pour lit en tous genres, unies^ fantaisies, brodées ;

Des Médailles d'argent ont été attribuées à :

1° Yitalis et C'\ à Lodève (Hérault) ; 2° P. Teisserenc, à Lodève (Héraultj ;

3'' J. J. Giroudet Fils, à Lyon (Rhône), pour grandes couvertures Jacquard, tissées sur 4 m. 20 ;

40 P. Solanet, à Saint-Geniez (Aveyron).

Médailles de bronze :

BenkolfatRaouti Ben Bachir, à Tlemcen, couvertures en laine indigène.

Mention honorable :

P Gholeau, à Yitré (IIle-et-Yilaine), couverture fil et laine; 2° Exposition collective de l'Algérie; 30 Exposition collective de Tunisie ; 40 Kahal Rabah Ben-Saad, à El-Milia.

Il serait injuste de ne pas mentionner les couvertures faites en Angleterre. en Allemagne, en Autriche, en Russie, aussi bien qu'en Espagne et en Portugal. L'Italie, la Roumanie, la Bulgarie, la Serbie et la Suisse étaient également représentées à l'Exposition de 1900. Quant aux États-Unis, ils ont, sous ce }'apport, une fabrication très importante.

Ghaque pays a ses modes.

La Russie obtient quelquefois des nuances décoratives heureuses qui ont été imitées en d'autres pays.

Les genres classiques, en blanc, en rouge, en vert, s'obtiennent à un bon marché réel.

La fabrication s'est beaucoup améliorée et le produit est d'une légèreté remarquable.

La couverture est fabriquée, en certaines localités, par des maisons déjà anciennes.

Le chiflVe d'affaires des fabriques d'Orléans a été, en 1900, de 4.500. 000 à 5 millions.

On compte, dans cette ville, 5 établissements possédant environ 8.500 broches et 200 métiers à tisser.

La qualité de la matière première varie suivant la qualité demandée au produit fabriqué, c'est-à-dire suivant la valeur du tissu qui se vend de 3 fr. le kil. à 10 fr. .

Los couvertures blanches se font au moyen de laines de France, d'Algérie et d'Australie.

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