‹ Histoire économique de la laineChapitre 14 sur 151 · GO · texte numérisé non relu

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teinont. La bloiisse seule conservait environ 2 0 0 d'huile, ce qui nuisait beaucoup à son apparence, puisqu'elle avait à lutter contre des peignons très épurés. L'opposition cessa aussi, car le bon travail et l'excellence des machines des Anglais donnaient une matière plus parfaite, c'est-à-dire débarrassée des boutons que les cardes mal soignées produisent.

Si l'on obtenait 12 à 14 0 0 de blousse par les machines Schlumbergor, on n'en lit plus que 7 à 8 0 0 par les machines Lister.

Ainsi s'explique la grande importance des établissements anglais de Reims et de Croix, aux portes de Roubaix.

Nous avons connu le temps où la façon de peignage coûtait 2,20, puis 1,20, puis 0,80. Elle est aujourd'hui de 0,55 à 0,60 par kilog. .

Peu à peu, les industriels jugèrent que leurs propres établissements de peignage ne constituaient plus un avantage. L'établissement d'une seconde peignerie anglaise, à Reims, par Jonathan Holden, les confirma dans cette conviction.

Disparurent successivement les établissements : à Paris, Tavernier; à Saint-Denis, Bernier; à Reims, Pradine-Dauphinot, Willeminot et Victor Rogelet, Fortel et Willeminot, La Chapelle, Benoist-Malo, Pierrard-Parpaite, puis Pierrard Frères ; àBazancourt, Lemoine- Brabant ; à Bétheniville et à Boult-sur-Suippe, Hennegrave Frères; à Bétheniville, Oudin- Dubois ; à Warmériville, Harmel Frères ; à Rethel, Maquet-Harmel et E. Fournival. Il ne reste, aujourd'hui, à Reims, que le peignage de MM. Collet Frères, dont l'existence s'explique par la filature et le tissage de cette maison, mais il disparaîtra aussi.

Fourmies, Saint-du-Nord, Saint-Richaumont, Wignehies, Avesnes, Amiens, Saint- Quentin, Guise ont tour à tour modéré puis supprimé, leurs peignages, tandis que cette industrie se développait : à Croix (Isaac Holden), à Roubaix (Amédée Prouvost et C'«, Allart- Rousseau, Vinchon et C^«, Alfred Motte et C'*^), à Tourcoing (Ad. Binet, Malard, Lorthiois, La mon).

Ce changement de mode de peignage a été une véritable révolution industrielle causée par les machines dont les premiers systèmes détrônèrent le peignage à la main.

Cette dernière façon était intéressante à suivre puisque tous les inventeurs s'en inspirèrent pour leurs ingénieuses constructions.

On se rend compte des progrès accomplis quand on se rappelle que la première peigneuse employée en France avec succès fut celle de J. Collier, en 1827, peigneuse dont le principe fut conçu par Godart d'Amiens, qui prit un brevet en 1825. Elle fut modifiée par Risler et Schwartz de Mulhouse.

En 1834, James Noble, filateur à Kalifon, lit breveter une machine à peigner pouvant servir au travail de la laine et du lin.

La peigneuse Heilmann arrive ensuite ; elle est plus parfaite.

On songe à augmenter la production ; Donisthrope perfectionne le système Noble en profitant de la modification d'Heilmann. C'est un grand progrès pour les laines longues.

Lister obtient une patente pour une amélioration importante.

L'intérêt qu'éveillent ces souvenirs se complique d'émotions causées par un procès retentissant.

La machine Donisthrope avait été exposée, à Londres, en 1851. Qui, de cet inventeur ou de Lister avait raison ?

Le tribunal de Londres fut chargé d'établir une comparaison entre les deux genres de pcigneuses.

Les combinaisons mécaniques sont différentes, mais le but et le principe fondamental sont les mômes, attendu qu'il y a peignage, étirage ou arrachage en avant, à l'aide d'une pince ou boutoir, étirage en sens contraire, par des cylindres qui séparent la longue laine de la blousse.

Les jurés anglais donnèrent un verdict entièrement favorable à Heilmann tils, conti-

nuateur intelligent de son père, contre Donisthrope, exposant à Londres, et contre Lister, propriétaire de la dernière peigneuse, dont la date ne remonte pas au delà de Tannée I80O.

Cette solution fut regardée comme équitable et comme faisant honneur à la loyauté de l'industrie de l'Angleterre.

La machine Heilmann a été perfectionnée par son fils, sous les inspirations de MM. Schlumberger Nicolas et Henri, de Guebwiller.

La peigneuse Lister et Holden est plus sim^ple, plus économique dans sa constitution, plus accélérée dans sa marche.

La qualité de la laine dépend, en premier lieu, de sa linesse. Le diamètre des brins varie de 1 à 10 100« de millimètî-es.

Des écrivains spéciaux ont créé les variétés suivantes .:

lo Extra-lines, diamètre de 0'ii"i01 à 0'""i02

2o Fines

30 Intermédiaires

4° Communes

50 Grosses

La laine est plus ou moins vrillée, droite ou plate.

La propension de la laine à se disposer en spirale est aussi naturelle que l'espèce d'instinct des plantes grimpantes. Les tilateurs, qui donnent une forte toison à certaines laines, pour en obtenir une chaîne résistante, disent fort bien qu'ils les soumettent à la toison naturelle.

La lai7ie courte, qui a de 5 à 7 centimètres, pousse sur le dos des moutons de montagnes de l'Allemagne et même sur le mouton espagnol ou mérinos avec ses sous-races.

La laine ordinaire a de o à 18 centimètres.

La laine commune peut avoir jusque 0'» 35.

On donne quelquefois le nom de laiiies à carde aux laines courtes, par opposition aux laines plus longues et à peigne.

Les laines fortes, dites nerveuses, s'allongent quelque peu. L'extensibilité ou la souplesse, ou l'élasticité, est utilisée dans la fabrication. Les beaux draps de Sedan, faits de laine de Silésie, avaient un toucher fort agréable, un brillant précieux et une élasticité fort appréciée.

La peau épaisse donne plus de tassé ; la fine, plus de finesse. Cette finesse de la peau varie suivant les parties du corps.

Yu au microscope un brin de laine très grossi, semble formé par une suite de petits cornets rentrant l'un dans l'autre. Si faible que soit le bord de chaque cornet, il forme une légère aspérité qui suffit au mariage des brins. Plus ils sont serrés, plus l'union est complète. De là, le feutrage mais aussi l'allongement dont il a été question.

Lorsqu'il s'agira de dégraissage, de teinture, de blanchiment, de carbonisage, il sera bon de se rappeler cette particuliarité, car l'acide sulfurique et l'acide sulfureux y produisent ■des effets bien différents mais considérables.

Monge, le premier, attribua la propriété feutrante de la laine à la présence de ces espèces de petites dents de scie qui facilitent l'accrochage et l'enchevêtrement des brins les uns aux autres d'une manière intime.

Girod (de l'Ain) et Perrault de Jotemps ont écrit que le nombre des petites spires qui composent le frisé de la laine varie, dans une longueur de 0™ 27, de 3 à 36 et même au -delà, que cette variation reste circonscrite de 28 à 38 pour les belles laines.

On admet que les Gouvernements se soient préoccupés de la production de la laine, puisqu'on ne peut plus concevoir l'humanité sans moutons. La quantité mise à la disposition de l'industrie, en Europe et en Amérique, a été évaluée en 1893 :

Pour la France à 50.000.000 kil.

— la Grande-Bretagne et Flrlande à 69 . 000 . 000 —

— l'Europe continentale moins la France, à 154.0000.00 —

— l'Amérique du Nord à 157.000.000 —

— l'Australie et la Nouvelle-Zélande à 292 . 000 . 000 — .

— la Colonie du Cap à 40.000.000 —

— la Plata et rUruguay à 167.000.000 —

— Autres provenances à 80 . OOO . 000 —

Total * 1.000.000.000 kil.

On s'étonne, après cela, de constater que de nombreuses races ovines soient en décroissance.

Il en est ainsi en Europe, excepté en Hongrie, en Bohème, en Silésie.

L'Allemagne fournit une certaine quantité de laines très fines du type mérinos électoral ou negretti. L'Autriche-Hongrie produit des laines fines qui représentent le quart de la production russe, donnant lieu à une exportation d'environ kil. 25.000.000.

La Turquie et la péninsule des Balkans fournissent des laines communes peu abondantes, dont Marseille reçoit la plus grande partie ; le reste va se faire vendre à Liverpool.

L'Italie produit peu de laine fine. L'industrie locale en emploie aujourd'hui la plus grande partie.

L'Espagne a beaucoup perdu sous le rapport de l'exportation ; ses troupeaux ont aussi diminué de valeur.

Les races ovines de l'Angleterre sont très estimées. Leur caractère semble fixé depuis longtemps ; d'où leur vogue pour certains emplois.

Les Etats-Unis d'Amérique exportent peu de laine. Ce produit n'a pas de qualités remarquables qui le fassent rechercher des européens.

Quant aux laines de France, nous n'hésitons pas à dire qu'on ne s'en occupe pas de façon à provoquer des progrès désirables. Certaines races ne valent plus ce qu'elles ont valu. Farci, parla, des éleveurs plus intelligents comprennent mieux la valeur réelle du troupeau.

C'est un spectacle curieux que celui fourni par la toison du mouton, depuis le moment où elle quitte le dos de l'animal, jusqu'à ce qu'elle figure, sous les couleurs les plus diverses, les modes les plus coquettes, dans nos cérémonies officielles et nos fêtes mondaines.

Que de machines en mouvement ! Que de mains utilisées ! Quel fiot d'individus s'engouffre chaque jour dans les usines !

On a raison de provoquer l'emploi populaire de la laine qui, à cause de ses qualités absorbantes, est une matière réellement hygiénique, agréable et chaude ; sous forme de fianelle, par exemple, elle rend les plus grands services.

Reims en livre d'immenses quantités. Rochdale a toujours été renommé pour ce genre que Verviers fabricjue aussi et qu'Elbeuf a ajouté à ses beaux articles.

La chimie aidant, les Rémois ont beaucoup perfectionné ce genre d'étoffe dont la solidité souffrait (juelquefois du contact indispensable de l'acide sulfurique nécessaire à la carbonisation des petites parcelles végétales restées dans le fil, parcelles qu'il est impossibled'éliminer mécani(iuemcnt.

MM. Flo(|uet et Bonnet, de Reims, emploient avec succès l'acide sulfnreux. Leur j)rocédé de blanchiement est de la plus grande simplicité; il donne des résultats parfaits.

L'usage de la laine se généralise de plus en plus. Elle est moins chère que la soier plus chaude, plus saine, plus agréable que le coton. La Commission de Bordeaux faisait remarquer (fue son emploi a suivi une progression dont aucune autre matière ne fournit d'exemple.

De 1840 à 1870, les qnatres principales matières textiles ont vu leur consommation s'augmenter dans les proportions suivantes :

Lin, 25 0 0 Coton, 110 0/0

Soie, 60 0 0 Laine, 350 0/0

A la même époque, on évaluait \e poids de la toison en livres :

en Espagne, à 3 1 2 1. en Australie, à 4 1,

en Russie, à 2 1. en Angleterre, à 4 3 4 1.

en Allemagne, à 2 12 1. aux Etats-Unis, à 5 12 1. en France, à 3 1.

C'est avec raison que John Hubbard de Bradford et Th. Southey affirmaient que, par un bon croisement des races entre elles, on était arrivé, en 20 années, en certains districts, à tripler le poids des toisons et à augmenter, dans des proportions égales, le poids de ranimai.

Une brochure de Hamilton donnait le tableau des bêtes à laines :

France

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