GO
l»'e Quai.
peQual.
l^-e Quai.
1" Quai.
l'-e Quai.
Prix moyen des Laines de France de 1805 à 1869 par 12 kîl.
Bel
Cbainp.
Bourg.
Caux.
et Orléanais
Boauce
Brie
Divers à couver, et à matelc s
Entre les dates ci-dessus, les cours ne varient pas beaucoup d'une année à Fautre. Le^ calme politique laisse, aux besoins économiques, le soin de régler les cours.
Le tableau original donne jusqu'à 8 qualités pour la Bourgogne, la Beauce et la Brie. A défaut de laines Unes d'Australie, on cherchait, dans ces trois pays, la qualité et la linesse.
A partir de 1868, le rendement des laines du tableau ci-dessus est ainsi évalué :
Berry
90 Vo
iBeauce
» piys
Champagne
Brie
» piys
» pb's
Bourgogne
Divers
» plys
Caux
» pi y s
Midi et Orléanais
» piys
11 est regrettable qu'on n'ait pas continué ces tableaux qui auraient indiqué, aussi bien les variations causées par les mouvements politi([ues que les changements subis par la laine. Elle ne s'est pas également améliorée partout ; parfois elle a sensiblement dégénéré. La science de l'élevage du mouton n'a jamais été bien enseignée; aujourd'hui encore, elle laissa infiniment à désirer.
Un de nos précédents chapitres (L'Industrie lainière de 1789 à 1903) comble en partie la lacune dont nous venons de parler. César Poulain, auteur du premier tableau sjnoptique de 1789 à 1878, n'a parlé que de la laine de Champagne. M. Ch. Marteau a poussé la même étude jusqu'à 1900.
Ce n'est pas assez ; la production de la France mérite d'être plus intimement étudiée.
Nous avons dit que la laine de France tend à dégénérer. Ce n'est que trop réel. Il y a, à cela, plusieurs causes :
P La concurrence des laines fines australiennes qui elles-mêmes n'ont plus, dans les bergeries exceptionnelles, ni la même noblesse, ni la même finesse. En modifiant le sang, on a tout modifié ;
2° le désir de produire de la viande pour combler le déficit causé par la baisse continuelle de la toison ;
30 l'impossibilité où sont de nombreux cultivateurs d'avoir des troupeaux de moutons, ou, lorsqu'ils les ont, l'impossibilité de gros sacrifices pour l'achat de béliers de sang coûteux;
40 les caprices de la mode et l'abandon de la fabrication des tissus classiques : mérinos, mousseline de laine, etc. ;
5« enfin, la fermeture de nombreux établissements industriels disséminés dans les campagnes, lesquels étaient surtout attachés à la laine indigène.
Il est impossible de comparer, entre elles, les laines des diverses provenances, parce qu'elles n'ont ni la même finesse, ni le même rendement. De là, de nombreux écarts :
En 1805 1869
Laine de Champagne mérinos le kil. 9,50 6,8
» » métis » 7,90 6 ♦
» Bourgogne mérinos l*"® qualité » 12 6,6
» » métis » » 9,8 5,8
Midi et Orléanais » » 7,6 8
» Beauce l""® prime » 31,2 6,6
3^ qualité » 14
» Brie l'e prime » 31,20 6,6
» » 3e qualité » 14
» Berry superfin » 10,80 8,50
» )) courant » 9,30 6,50
» » Plys » 6,10 5
» Caux l^e qualité » ",30 6
Plys » 3,90 4
Pourquoi cette similitude de prix pour les provenances de Beauce et de Brie ? Leur finesse et leur qualité l'expliquent. La laine de Bourgogne était moindre sous ce double rapport. La laine de Champagne se plaçait encore à un échelon inférieur. Les autres sortes étaient manifestement plus communes.
Notre conviction est que de grands et persévérants efforts peuvent seuls rendre, à la bonne laine de France, son ancienne splendeur. Cela est possible; nous avons l'espoir que cela se fera. Certains Comices s'en montrent préoccupés.