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CHAPITRE III

Production de la laîne en Australie et en Nouvelle-Zélande

Savoir si des baleiniers anglais, péchant dans les mers du Sud, capturèrent un navire espagnol portant 30 étalons mérinos qu'ils débarquèrent en Australie : ou bien si les premiers moutons misa terre à Port-Jackson (Sydney), le furent en même temps que les premiers convicts, semble un mince détail quand on n'ignore pas que les moutons en question trouvèrent là des pâturages propres à assurer la production de la laine et de la viande.

De cette époque, 1788 ou 1789, à 1792, les progrès de l'élevage permirent d'obtenir 265 fr. par tète.

Le capitaine Mac Arthur s'aperçut le premier que, sous l'influence d'un climat tempéré, la toison dure et grossière des animaux achetés pour le ravitaillement de la colonie, devenait plus douce et plus fine, aussi commença-t-il à croiser ses moutons indiens avec des moutons du Gap. Il en obtint une première amélioration au point de vue de la taille.

La laine s'améliora par des croisements avec des bêtes venant d'Irlande. Les métis du Cap et de l'Inde avaient donné des animaux à longs poils;- les derniers résultats fixèrent l'attention de Mac Arthur sur l'élevage du mouton au point de vue de la toison.

Cette idée devait faire la fortune de l'Australie.

L'accroissement de la race ovine se produisit rapidement. En 1786, on comptait déjà 1531 têtes et l'on évaluait à 150 ou 200 fr. une brebis. La viande du mouton était à 1 fr. 60 la livre.

L'introduction du véritable mmno5 date de 1797.

Deux amis de Mac Arthur, les capitaines Kent et Waterhouse, apportèrent, du Cap de Bonne-Espérance à Sydney, un beau troupeau de mérinos purs appartenant à un éleveur de mérite, le colonel Gordon, qui venait de mourir. Une mauvaise traversée diminua beaucoup ce contingent, puisqu'on ne débarqua, à Port-Jackson, que 5 brebis et 3 béliers.

Telle fut la première souche des bêtes à laine australiennes.

En 1800, le nombre des moutons australiens était de 6.124. Le Journal de Mac Arthur

relate que celui-ci, en 1804, acheta les plus beaux béliers du troupeau de George III, béliers

avec lesquels, grâce à des croisements intelligents, 11 créa une nouvelle race de métis

•capables de résister à la chaleur, à la sécheresse, aux brusques changements de saisons de

la colonie anglaise. Cette race reçut le nom de Mérinos de Camden, du nom de la ville

natale de Mac Arthur. C'est elle qui a puissamment contribué à former les belles races de la terre Victoria.

Le roi d'Angleterre anoblit Mac Arthur.

Dans une lettre du 6 juillet 1803, soigneusement conservée dans les archives de Sydney, il signale, au Gouvernement anglais, l'avenir de la Nouvelle-Galles du Sud, et prédit que la production pastorale arrivera à suffir à tous les besoins des filateurs du Royaume-Uni. Thomas Brisbane, gouverneur de l'Australie (1802) envoie à Londres les plus beaux échantillons de la laine du pays. Les experts estimèrent les toisons, qui pesaient 5 livres 1/2 à 5 fr. la livre.

Le Gouvernement lit aussitôt connaître que de vastes surlaces étaient libres en Australie pour la colonisation. Contrées riches, fertiles, favorables aux troupeaux.

Un capital de 12.500 fr., nécessaire aux premiers frais d'établissement suffisait au colon de bonne volonté.

Le Gouvernement se réservait de reprendre le terrain concédé, si l'intérêt général seul le demandait.

Les émigrants ne manquèrent pas et, en 1826, une société d'agriculteurs se forma pour exploiter, à Port-Stephen, à 150 kilomètres de Sydney, une concession de 400.000 hectares. Le nombre de ces cultivateurs fut grossi par une foule d'individus de professions variées désireux de devenir^pasteurs australiens.

Le gouvernement encouragea les colons pauvres, aussi le nombre des travailleurs utiles augmenta-t-il considérablement surtout sur les immenses étendues de terrains propres aux pâturages libres alors au-delà des Montagnes Bleues.

Si le premier envoi de laine, en 1807, se composait de 245 livres (une petite balle), l'Angleterre en reçut 161 balles en 1810; 455 b. en 1814; 1620 b. en 1826.

C'est alors que les colons commencèrent à comprendre le parti à tirer du mouton, puisque les laines de Mac Arthur obtenaient, à Londres, 7 sh. et même 10 sh. la livre, soit 27 fr. 50 le kilo.

L'ancienne raco des moutons australiens fut négligée pour celle du mérinos. La Société des Arts, de Londres, décerna au capitaine Mac Arthur, deux grandes médailles ;;o2^r V importation en Angleterre de ses toisons comparables aux plus belles laines de Saxe.

De ces laines, on fit les plus beaux tissus qui se fussent encore vus. Aussi le gouvernement fixa-t-il à 1 denier seulement, par livre (23 fr. les 100 kil.), le droit d'entrée sur les nouvelles laines avec lesquelles s'introduisait, en Angleterre, une immense richesse.

Des races dites Leicester, Lincoln, Cotsivold, Southdoirn, Marc Arthur obtint des variétés moins résistantes mais donnant une laine douce et longue, lorsque les moutons étaient en sol riche,'bien arroséfet frais.

C'est à lui qu'on doit l'introduction du mouton en Tasmnaie et dans d'autres parties de l'Australie.

Les moutons envoyés provenaient des premiers métis. Cap et Inde, acclimatés près de Sydney. Ils furent élevés par le colonel Patterson.

A cette épo(iuo, la laine était considérée comme sans valeur en Tasmanie; on en débarrassait le mouton et on la mettait en tas, sous des hangars, pour l'expédier en Europe lorsquelle atteignait une certaine quantité. C'est à peine si elle payait le fret.

Patterson améliora les races au moyen des moutons de la Nouvelle-Galles du Sud, qu'on suppose être de Teeswater, et son succès tut tel qu'en novembre 1819, le recensement fait en Tasmanie, accusait un total de 172.171 têtes de bétail, dont 116.074 brebis.

Le gouverneur Sorel, demanda, à cette époque, à Mac Arthur^ le moyen d'améliorer les races de Tasmanie.

Celui-ci consentit à expédier 300 agneaux mérinos, acclimatés, en échange d'une certaine quantité de terres à la Nouvelle-Galles du Sud.

Il n'en arriva que 181, qui furent distribués aux colons au prix de 7 guinées (185 fr.) remboursables en plusieurs années moyennant garantie.

A partir de 1827, l'exportation de la laine de Tasmanie est de 192.075 livres anglaises.

En 1829, Sydney exporte 913.222 livres; la Tasmanie 925.320.

Le courant d'émigration porte, d'Angleterre en Tasmanie, un grand nombre de fermiers, d'éleveurs expérimentés. De beaux animaux domestiques changent ainsi d'hémisphère. Les meilleurs mérinos anglais et allemands partent pour l'Australie.

Une Association fondée, en 1828, la G'^ de Van Dieman's Land, importa, dans l'île nombre de béliers allemands dont l'influence sur la qualité de la laine se fit promptement sentir.

En 1830, cette société dépensa 750.(100 fr. pour l'achat d'étalons mérinos dont elle peupla les vastes territoires du nord-ouest de Orls. Les toisons plus petites qu'aujourd'hui pesaient 2 livres 1 once (environ 1 kil.) en moyenne, et la laine était vendue 1 sh. 7 d. 1/2 la livre, soit 4 fr. 50 le kil,

L'acclimatation du mouton dans la province de Victoria date de 1830, alors qu'on venait de découvrir, de l'autre côté du détroit de Bass, d'immenses terrains propres aux pâturages.

Thomas Henty, le premier, crée une bergerie à Portland-Bay.

John Aitken, éleveur distingué, paie un bélier, en 1834, £ 230 soit 8.750 fr. à L P. Rowe, de Mount-Battery, qui l'avait retiré lui-môme de la bergerie du prince de Lichnowski, en Silésie.

Le troupeau de Fortlouge, composé de bêtes achetées à l'électeur de Saxe, forma la race renommée d'Ereildoune.

De 1836 à 1839, les progrès de Victoria résultèrent surtout de ce fait que les colons anglais, ne trouvant plus de place en Tasmanie, vinrent s'établir sur le continent australien avec leurs troupeaux de choix. La première importation des laines de Victoria à Londres date de 1837. Avant cette époque, les produits se vendaient en Tasmanie.

A Ilobart-Town et à Launceston, cette importation fut de 154.200 livres. En 1840, elle atteignit 831 . 000 livres.

Si l'on remonte à 1830, on voit que, alors comme aujourd'hui, l'Australie avait deux sortes de propriétaires de troupeaux : le /"armer, possesseur d'une ferme autour de laquelle il avait quelques hectares de terres labourées et des pâturages ; puis le settler, franc tenancier de la Couronne, qui faisait paitre ses troupeaux sur des terres louées ou concédées. On appela aussi le settler, squatter, mot qui, dans l'Amérique du Nord, désignait le pionnier défrichant les terres inoccupées.

Gomme on découvrait, à tout instant, de bons pâturages, dans la Nouvelle Galles du Sud, le squatincj y eut ses coudées franches, mais le Gouvernement anglais décréta, en 1831, que tout droit de concession serait soumis à une redevance de 250 fr. par station de quatre hectares par tète de mouton. Le nombre des squatters diminua.

Saisi de la question, le Parlement anglais arrêta un système de concession peu onéreux, fixée à 15 fr. par hectare. Gela donna une existence légale aux squatters qui, à partir de ce moment, eurent chacun un run ou parcours. Une habitation prit place au centre; ce fut la station principale. Les autres stations du run, ou succursales, étaient surveillées par des bergers.

Tout cela ne se fit pas aisément. Le pays était couvert d'arbres, surtout d'eucalyptus, et de nombreux buissons. On ne trouvait rien de mieux à faire que de pratiquer, dans le tronc, une entaille circulaire qui provoquait le dépérissement de l'arbre que le fermier brûlait.

La spéculation, qui se produit sur tout, devint telle que la vente de laine ne suffisant pas pour couvrir les frais d'acquisition, on se mit à extraire le suif sur une grande échelle, à faire commerce des cuirs et des cornes.

La puissance des squaters s'en accrut sensiblement. Quelques-uns devinrent de puissants seigneurs. C'est de cette façon que le Parlement colonial se forma des membres de la colonie commerçante et productive, et qu'il' s'opposa énergiquement à l'importation des Convicts (repris de justice).

On vit la population de Sydney s'opposer au débarquement d'un convoi pénitentiaire et forcer le gouvernement anglais à chercher un autre refuge pour ses déportés.

Rien n'était plus juste. Besoin était de protéger la propriété de chacun et la sécurité de tous, en une colonie qui déjà enrichissait la métropole.

L'histoire de l'Australie semble un livre tle merveilles.

Ces squatters, qui s'étaient fait difficilement accepter, eurent, un jour, vent de la découverte des placers de la Nouvelle Galles et de Victoria ; aussitôt bon nombre d'entre eux quittent leurs troupeaux pour se livrer entièrement à la recherche de l'or.

Des fortunes colossales s'édifient. On délaisse les moutons, on cesse de cultiver la terre. Les bras manquent aux champs. Les squatteurs eux-mêmes font fouiller leurs terres pour y chercher le métal jaune.

Une émeute éclate à Melbourne, en 1850; la population envahit le Palais du Corps législatif où siègent les principaux squatters.

Le Gouvernement comprit qu'il devait mettre les terres propres à la culture à la portée du plus grand nombre, mais ii les vendit avec des conditions de garantie assurant le paiement. En même temps, il donna, aux soldats et aux marins, 20 hectares sur leur demande, en faisant, aux officiers de tous grades, une remise de 1 3 sur le prix d'achat. Tout émigrant pauvre put recevoir gratuitement 12 hectares de concessions sans bourse délier.

Ces mesures larges et équitables eurent d'excellents effets, chacun se mit à l'œuvre et les quatters eux-mêmes, dirigeant tout, réglant tout, mettant la main à tout, formèrent enhn cette race australienne si forte, si courageuse, si entendue dans ses entreprises et ses travaux.

Une révolution économique s'est ainsi produite au profit de la laine. Le nombre des ouvriers employés aux mines d'or diminua de près de 40 0 0 ; mais, à la place de surfaces cultivées, on ne rencontra plus que des fosses noires ou des monticules de graviers. Conséquences : Valeur (1876) de l'or extrait.. . . £ 3.855.040 Gages payés aux ouvriers » 4. 156.400

L'ombre du tableau est d'autant plus épaisse qu'on doit faire la part des capitaux enfouis et des machines utilisées et inutilement employées ou insuffisamment mises en mouvement.

En résumé, on peut dire que la recherche de l'or en Australie a contribué à sa prospérité générale, car, en attirant de nombreux travailleurs, sur ce continent éloigné, elle y a fait naître une grande activité. Les hommes enrichis dans cette industrie sont devenus sW^'C^orv; ils forment aujourd'hui le noyau des agriculteurs du pays.

Que devient la laine en tant que produit naturel ?

Depuis longtemps les résultats obtenus dispensent les éleveurs australiens des croisements coûteux avec les mérinos européens.

Les toisons ont augmenté de poids et de longueur de mèche sans perdre de leur finesse. Elles pèsent en moyenne kil. 2.300 en suint et kil. 1.200 à 1.300 en lavé. Il en est dont le poids, en suint, atteint quelquefois 5 kilos.

Des progrès dans les croisements se sont faits sur place. Lorsque, vers 1865, on reconnut que les béliers de Victoria étaient les plus productifs, on les répandit dans toute l'Australie à de hauts prix payés par les squatters des autres provinces.

Les béliers de Tasmanie et les mérinos de Victoria donnèrent une laine plus longue qui garda sa finesse et son épaisseur. En 1874, le fameux bélier sir Thomas, élevé par M.James Gibson, de Bellevue (Tasmanie) obtint, aux enchères de Melbourne JG 714 (18.850 fr.) et fut adjugé à M. W. Gumming, de Mount-Fyans, et T. G. Gumming, de Stony- Paint.

A la vente du septembre 1880, chez M. Hastings Gunningham, un bélier de même origine fut vendu £ 1300 (37.500 fr.).

Ges prix se sont soutenus ; ils ont même augmenté, depuis que la Société indigène, V Australiaii Sheep breeder's Association a organisé, à la fin d'août et au commencement de septembre de chaque année, un concours de race ovine.

En 1883, un bélier primé a été acheté .3.150 guinées (83.000 fr.).

On voit ce que coûta le succès. Dos achats à prix modérés mais encore élevés, comparativement à ceux établis chez nous, se pratiquent maintenant. Gependant, il faut noter ([ue, un beau spécimen atteindra encore £ 1.000 (25.000 fr.)

La valeur courante des beaux béliers de reproduction varie de £ 300 à £ 500 (de 8 à 12.000 fr.).

Ge serait une erreur de croire qu'on ne rencontre en Australie, que des mérinos de haut prix. On trouve, en Tasmanie, d'excellents troupeaux de Leicester, de même que dans certaines parties des autres provinces, notamment sur la côte sud-ouest de l'Australie, oii la richesse du sol, l'humidité du climat et l'abondance des longues herbes, paraissent ne pas convenir au mérinos ; par contre, elles sont favorables à l'élevage d'autres races à longue laine.

L'acclimatation du mérinos n'a pas été pourtant chose facile.

Les premiers colons établis dans les immenses terres du nord de Victoria, connues sous le nom de Biverina, ne réussirent que partiellement aussi beaucoup d'entre eux préfèrent l'élevage du*bœuf.

Avec le temps, les pâturages s'améliorèrent et la laine gagna beaucoup en qualité et en valeur. On n'obtint d'abord, de cette laine, que 10 deniers la livre (2 fr. 25 env, le kiL), prix désastreux pour ce produit lavé à froid. Les béliers de Victoria changèrent tellement les choses que aujourd'hui, les qualités de Riverina. sont des plus recherchées, à cause de leur longueur, de leur nerf et de leur brillant modéré. En moins de 30 années, les éleveurs ont plus que doublé le poids de leurs toisons et la valeur de leurs laines.

A l'époque où M. E. Wenz écrivait tant de choses intéressantes (1885) on pouvait considérer les grands progrès australiens comme accomplis. Gertains accidents n"ont pas essentiellement modifié les choses.

Si la tonte était de 75 à 80 millions de toisons fournissant 1.200 000 balles de aine, la production des provinces s'élevait approximativement aux proportions suivantes :

28,1 0 0 pour la Nouvelle Galle du Sud, 5,5 0 0 » Queensland, Victoria,

Australie du Sud, Western Australia (Swan River), Tasmanie, Nouvelle Zélande.

Total. . . ' 100 Ge qui équivaut à 190 millions de kil. de laine brute et à

105 millions de laine lavée à fond.

Etendue et production des Colonies australiennes (1) :

Superficie Moutons Laine

kil. C3r. 1883 1885-6

Victoria (Melbourne) *227.000 2.9 10.739.021 332.000

N. S. ^Yales (Sydney) 800.000 10 31.796.308 333.600

Queensland (Brisbane) 1 .739.000 21 .8 11.507.475 65.000

South Aust. (Adélaïde) ^ 2.339.000 29.4 6.677.067 148.000

Western Aust. (Perth) 2.520.000 31.6 1.315.155 16 000

Continent australien 7.625 600 97.7 62.035.026 894 000

ïasmanie (Hobart Town) 68.000 0.9 1.831.069 19.000

Nouvelle-Zélande (Wellington) .. . 270000 3.4 13.384.075 272.000

Australie 7.963.000 100 77.250.170 1 .185.000

La réalisation des laines implique deux opérations importantes : la tonte et le transport des produits.

La tonte se fait à la station, sous un hangar couvert en tôle et abritant environ 2.500 moutons, la provision d'un jour. Les tondeurs (shearers) se tiennent dans une galerie située sur le devant de la halle divisée en petits parcs où les animaux circulent de façon à ce que chacun d'eux arrive successivement en face d'un ouvrier 'àvmS de forces. L'animal tondu passe dans un autre parc.

Un tondeur peut faire tomber 60 à 80 toisons par jour, quelquefois 90. Cette hâte dit les souttVances imposées au moutons. La tondeuse mécanique Vialteley donne un travail plus cxpéditif, plus rapide, mieux soigné.

La toison tombée, un enfant la place devant un classeur qui en enlève les parties les moins bonnes. Habile à juger la qualité de la laine, cet homme lui assigne sa place par première qualité à peigne^ ou seconde (first or second combing), ou bien par clothing (à carde), coarse (commune), dingy (terne). Précédemment, on avait déjà fait un classement par âges et sexes : Hoggets, Ewes^ Wethers, (anthenais, brebis, moutons).

Au moyen d'une presse à bras, ou d'une presse hydraulique, on forme les balles destinées à l'exportation, balles qui, parles soins des armateurs, seront entourées de cercles de fer et réduites à un volume moindre, afin de rendre le fret moins onéreux.

Chaque soir, les bergers reforment les troupeaux qui sont renvoyés dans les pâturages, 24 heures après leur arrivée, pour un an.

La durée du transport des laines au port d'embarquement prend des semaines et même des mois, suivant l'état des chemins. Attelés de 10 à 20 bœufs et même 6 à 8 chevaux, les chars chernînent du lever au coucher du soleil.

Il est plus difficile de conduire les troupeaux qui quelquefois s'éparpillent dans toutes les directions. Les éclopés imposent d'autres tracas. Le passage des rivières se fait en masse serrée.

Un troupeau de moutons ne fait guère que quatre lieues par jour.

L'accroissement de la fortune publique a été rapide en Australie.

La Nouvelle Galles du Sud englobait autrefois Victoria et Queensland, qui en ont été détachées, il y a environ 40 ans.

La Nouvelle Galles a un développement, de 1.200 kil., décotes, et ses principaux

(1) Pour se faire une idée de ces étendues, il est bon do se rappeler que le territoire de la France est de 528 m. kil. carrés et la superlicie de l'Europe de 10.101.485 kil. car.

ports sont : Batany-Bay, Port-Jackson, Port-Hunter, Port-Stephens. Villes principales : Sydney. Parramatta, New castle, Maitland, Bathurst, Goulburn, Albury, Dabbo, Bourke.

Elle comptait en 1807 11.500.000 moutons » 1898 61.830.000 « » 1902 41.860.000 En 1848, cette province avait 41 .700 000 ares de prairies ; De 1848 à 1860, l'augmentation fut de 7. 300.000 »

De 1860 à 1874, » » 133.000.000 » espace supérieure à la

surface réunie de la Grande Bretagne, de la Belgique, de la Hollande, du Danemark, de la Suisse, de la Grèce.

Exportation des laines, en 1867 21.708.000 livres

» 1878 90.000.000 )) » 1884 168.000.000 » (kil. 82.900.000)

La province de Victoria vient ensuite. Capitale Melbourne, sur les bords du Yarra- Yarra, près de l'extrémité de la baie de Port-Philippe.

En 1856 4.642.000 moutons

Progrès stationnaires. C'est là qu'on rencontre les mérinos de Camden.

La production de l'or a nui à celle de la laine. Une grande rivalité d'intérêts s'est étabie entre fanners et squatters. Les éleveurs de moutons sont généralement des Ecossais ; les agriculteurs, des Anglais. En dehors de ces éléments, on trouve des Allemands et des €hinois. Par la concurrence du salaire, ces derniers sont considérés comme une plaie par les ouvriers indigènes.

La province de Qneensland comptait :

en

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