‹ Histoire économique de la laineChapitre 52 sur 151 · C. Yerviers a exporté kil. 3.761.400 de fils en · texte numérisé non relu

C. Yerviers a exporté kil. 3.761.400 de fils en

Exportation de fils de trois grands pays producteurs :

. 1 \ fils de la laine kil. 23.883.000 i ^ ., .^^ ,^^^, ^^^

Angleterre.. \ a ^-i o noo f\f\f\ ^^'i- 31.905.000

^ ( )) de poils )) 8.023.000 )

Allemagne -. . . » 10.830.000

France » 6.054.000

§ Yî. Tissage

Dès l'Exposition d'Anvers (1885) où tant de genres d'étoffes se faisaient comparer, certains industriels ont compris la nécessité de renoncer aux genres dits classiques pour arriver à des tissus de fantaisie où le tissage jouait le rôle principal. L'impression aidait à cette transformation. Depuis, la transformation s'est accentuée et la Commission de valeurs de Douane a pu dire, dans son rapport (p. G5) :

« Les établissements bien placés pour produire les tissus de nouveautés courantes, ou les tissus écrus légers du genre voile et mousseline, ont été constamment très occupés, et ont réalisé de beaux bénéfices.

(( Ceux, au contraire, qui, par leur situation, ont dû se cantonner'dans la fabrication des tissus de type classique, tels que cachemires, mérinos, serges, satins, et petits façonnés, ont eu beaucoup de peine à alimenter leurs métiers, et un certain nombre entre eux, désespérant d'y réussir, et trouvant d'ailleurs que la production de ces lainages était ruineux, y ont délibérément renoncé et ont monté, sur leurs métiers, des tissus de coton. »

L'événement n'a pas été sans causer un grand émoi dans le monde lainier, mais, en cela encore, on comprit quel rôle le machin is'me français avait à jouer.

La susdite Commission écrit encore ceci : « Il faut reconnaître ([ue, grâce à une demande exceptionnelle de tissus de nouveautés et de tissus légers, un grand nombre de tissages de laines ont été très favorisés en 1902, mais qu'une partie malheureusement trop importante encore de ces tissages a beaucoup souffert. Ces souffrances eussent été bien plus

vives, si un grand nombre de métiers, se dérobant à la production trop onéreuse des lainages, ne s'étaient reportés sur les étoffes de coton. »

L'aveu ou la constatation de tels faits constitue un avertissement dont les industries de la laine devraient tenir compte. Les chitires officiels ont une éloquence impitoyable.

Fils de laine mis à la disposition de l'industrie française :

Laine lavée à fond filée en France 71.360.500 53.653.400

Excédent de l'exportation, sur l'exportation des fils . . . 2.234.100 3.306.400

Total des fils restés en France 69 . 126 . 400 47 . 347 . 000

Il faut ajouter, aux quantités de 1902,

P fils non écoulés à la fin de Tannée précédente environ 4 000.000

2° matières textiles mêlées à la laine 15.000.000

Soit, pour 1902, fils transformés en tissus kil. 66.347.000

Il faut noter la différence sur 1901, car afin d'éviter le chômage, certains établissements ont dû tisser du coton. [1 est douteux que cela dure car, dans le pays où l'on travaille la laine, le prix de la main d'œuvre est plus élevé que dans les pays cotonniers.

Les tisseurs du Nord, largement pourvus de métiers larges, ont profité de la rareté relative des tissus de coton en. grand laize, pour prendre des ordres que les tisseurs vosgiens ne pouvaient exécuter sur leurs métiers plus étroits.

Dans le tableau qui suit, le mouvement de nos articles fabriqués donne en 19C2 :

une augmentation de l'importation d'environ 12 1/2 0/0 — l'exportation — 1 1/3 0/0

La draperie pour vêtement d'homme et de femme est en progrès à l'importation, en

dminutmi à l' exportât ion.

IMPORTATION

Draps, casimirs, tissus croisés, foulés, drapés 2.459.900 2.807.900

Etoffes de pure laine (vêtement, ameublement) 713 . 300 877 . 300

(( mélangées (vêtement, ameublement) 407. 100 375.400

Couvertures de laine 2.800 3.400

Tapis et tapisseries 418.500 430.800

Tissus de poils 394.900 498.600

Totaux 4.396.500 4.993.400

EXPORTATION

Draps, casimirs, tissus croisés, foulés, drapés 6.851 .900 6. 192.400

Etolfes de pure laine (vêtement, ameublement) 9.337. 300 9.932.500

» de laine mélangée (vêtement, ameublement) 1 . 541 . 900 1 . 867 . iOO

Couvertures de laine 726.100 721.400

Tapis et tapisseries 72G. 100 525. (3oO

Tissus de poils 265.000 273.800

Totaux 19.242.700 19.513. 100

L'augmentation est due aux draperies légères de pure laine, pesant moins de 250 grammes au mètre carré, /^our les deux tiers d'origine allemande. Destinées à la confection de vêtements de femme, elles dépendent donc de la mode.

La diminution de nos exportations est continue depuis plusieurs années. En 8 ans : perte de 50 %•

. Que conclure ? M. André Dormeuil pense que :

1° La fabrication de la draperie a faitdes progrès en certains pays et que la production locale fait face à nos exportations d'autrefois;

2o Les crises financières et commerciales de divers pays de l'Amérique du Nord ont eu de fâcheuses conséquences sur nos exportations;

3'^ La Russie, l'Espagne, les États-Unis ont établi des tarifs de douane qui, en bien des cas, équivalent à la prohibition ;

4° La mode a abandonné les belles draperies en faveur d'étoffes de fabrication courante. Le retour aux belles qualités rendrait, à la France, son activité précédente ;

5*^ En 1902, on a abandonné les genres unis pour revenir peu à peu à la fantaisie. On a commencé par les tissus grisailles, soit en peignés, soit en cheviotte. La draperie pour homme s'est inspirée des étoffes à la mode pour femme : homespun, zibeline, fils à boutons, bouclés, etc. Les draps unis sont tout à fait délaissés.

V augmentation à V importation des étoffes de pure laine porte sur un article spécial : le tissu moire pour jupon.

A V exportation, ont augmenté les genres voile, bengaline et mousseline. On a beau- . coup exporté aussi les étoffes mélangées du genre dit Vigoureux.

Les tissus mélangés de poils brillants ont eu leur part de succès.

L'importation des tissus mélangés diminue, depuis trois ans, d'une façon sensible. Les gros articles lourds et de bas-prix qui formaient il y a quelques années, la plus forte partie de l'importation, onl pour ainsi dire disparu. On les a remplacés par des articles fabriqués en France.

La mode des étoffes de fantaisie a favorisé l'exportation des tissus de laine mélangée d'autres matières.

Conclusion du Rapport de la Conimîsslon permanente

des Valeurs de douane

Le Commerce des laines a été très actif. Résultats satisfaisants.

La filature semble avoir été assez favorisée.

Depuis dix ans, l'industrie lainière traverse, avec des vicissitudes diverses, une crise dont les effets se font encore sentir. La situation des tissages ne permet guère d'illusions à cet égard.

Les étoffes de nouveauté de genres courants ont alimenté un certain nombre de tissages qui réalisèrent des bénéfices, mais la situation des établissements n'ayant pour ressources que la production des lainages classiques continue à être lamentable, puisque beaucoup n'ont évité la mort qu'en abandonnant l'étoife laine pour le tissu de coton.

La série des liquidations désastreuses est-elle close ?

La réponse à faire cause une certaine appréhension sinon pour l'avenir de cette grande industrie lainière, du moins pour un certain nombre des établissements qui en vivent.

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