L'URUGUAY
Avant de s'alarmer, il faut voir en quoi certaines craintes sont justifiées.
L'Uruguay, République orientale, ancienne Bande orientale, compte 625 kil. de côtes lleuviales ou maritimes, et 450 kil. de frontières terrestres, avec une superficie de 186.920 kil. carrés et,- au 1^^ mars 1900, une population de 913.313 habitants.
Au cours des 20 dernières années, la population a plus que doublé.
La capitale comptait 100.000 étrangers, les départements en avaient 90.199 ; environ 190.199 dont :
Espagnols . .
Français. . . .
Italiens ....
Suisses
Brésiliens. . .
Anglais
Argentins . .
Allemands. .
On admet que ces chiffres puissent être doublés, puisqu'on évalue à 25.000 les Français répandus dans ce pays.
Tout ce monde cherche la vie, la richesse, l'avenir.
Durant la dernière période décennale, l'immigration a été annuellement de 9 à 10.000 colons dont 1 2 d'Italiens, 15 d'Espagnols. Viennent ensuite les Brésiliens, les Français, les Allemands, les Anglais. 50 °/o de ces immigrants sont mariés.
Au point de vue des professions, on relève environ :
38 o/o d'agriculteurs, 18 o/o d'ouvriers industriels et domestiques,
30 "/o de gens sans professions, 14 o/^ divers.
L'immigration décroit. Il devient impossible d'obtenir des concessions de terrain ; il naît des difficultés innombrables entre les propriétaires, par suite de l'absence de cadastre.
Ajoutons que les impôts augmentent, que les voies de communications laissent beaucoup à désirer, que le travail agricole, faiblement rénuméré, manque d'activité.
L'Urugay est essentiellement un pays d'industrie pastorale. L'élevage constitue sa principale richesse.
L'étendue des champs de pastoreo est d'environ 16 millions d'hectares représentant 6 à 700 millions de francs.
On estime l'importance du troupeau à 5.000.000 de têtes de race bovine, 15.000 têtes de race mulassière,