CHAPITRE XX
Histoire de la Laine à Vienne (Isère)
Vers le milieu du xviii® siècle, il n'y avait, sur les bords de la Gère, [qu'un petit nombre d'ouvriers venus des montagnes du Vivarais, fabriquant, avec des moyens précaires, <les lainages grossiers.
Une maison de cette époque (Gharret Frères) a transmis le souvenir de ses magnifiques ratines. Leurs ateliers, établis vers 1765, à côté de l'église de Saint-Martin, embrassaient la <îonfection des petites étoffes de soies, celle des toiles, des peluches et des draps croisés. On voit encore, sur la pierre brunie d'un grand portail, leur enseigne presque effacée : Manufacture royale.
Après la Révolution, Vienne, amoindrie dans son territoire, dépouillée de ses abbayes, de ses chapitres et de son archevêché, chercha à se relever de ses pertes, en développant les industries qui languissaient dans son sein. La draperie parut, aux habitants, l'élément le plus sûr d'une prompte prospérité.
Des draps lisses, souvent écrus, que l'on vendait aux négociants de Lyon et d'Annonay, des ratines communes employées à l'habillement des troupes, tels furent les modestes débuts de la fabrique viennoise. Elle eut, en naissant, toute la simplicité de l'art rudimentaire.
On foulait avec des pilons, on cardait avec des planches armées de pointes de fer; on garnissait avec quelques chardons montés sur des baguettes assemblées en forme de croix. On filait avec un petit nombre de broches établies sur des bancs de bois que des femmes poussaient péniblement en avant et en arrière. Mais l'ardeur était grande; le progrès fut rapide.
Des machines à drousser et à carder, dites à la Douglas, parurent en plusieurs usines, en 1806. G'étaient des ébauches assez imparfaites des belles cardes que l'on voit fonctionner aujourd'hui. Un habile serrurier de la localité, Grandjean, parvint à les imiter en 1869, puis il les perfectionna et les multiplia à l'infini.
' Quelques années plus tard, on avait trouvé, dans le Nord, un mécanisme propre à
mouvoir les forces à l'aide desquelles on tondait les draps. L'invention fut aussitôt essayée à Vienne. Bientôt arriva le bruit d'une tondeuse à lames hélicoïdales, agissant transversalement sur les pièces. Un fabricant nommé Jantin, l'installa dans son usine le 27 février 1819, ce qui donna lieu à un conflit regrettable.
Les tondeurs, craignant perte de travail et diminution de salaire, eurent la funeste
idée de briser rinstrument. L'autorité intervint, la tondeuse fut réparée et l'industrie drapière en reçut une impulsion nouvelle.
En 1820, 4.000 sur 13.000 habitants étaient occupés au travail des lainages, et produisaient annuellement 20.000 pièces de 24 aunes. On les comparait complaisamment aux étoffes en faveur d'Elbeuf et de Sedan.
De 1820 à 1835, les draps unis se multiplient et se perfectionnent, tandis que les relations commerciales s'étendent au dehors.
Des négociants de Paris et des départements, de nombreux ambulants, connus sous le nom de Margoulins, apparaissent sur le Chemin-Neuf, nom qu'avait pris tout le quartier situé sur la rive droite de la Gère, depuis la rue des Quatre-Vents jusqu'à l'église de Saint- Martin.
De superbes cuirs-laine ajoutent leur réputation à celle des ratines. L'étranger les demande, mais le principal écoulement des magasins se fait à la foire cosmopolite de juillet, foire tenue sur les rives méridionales du Rhône. Les bateaux plats des mariniers emportent de longues caisses, qui contiennent plus de 2.000 pièces, dans les prix de 6 à 12 fr. l'aune. Les fabricants viennent à la suite, en patache, et retournent au bout de deux semaines avec des sacoches pleines de gros écus. On appelait cela la Descente de Beaucaire.
Une tentative sérieuse fut faite pour l'introduction du métier Jacquard, à côté de l'ancien métier à deux et à quatre marches.
Les tissus laçonnés étant adoptés par la mode, en 1830, Elbeuf et Sedan semblaient devoir en conserver le monopole, mais Vienne chercha à les imiter et, en 1833, la Maison Gobert et Genin mit à l'essai quatre machines à baguette et cartons.
Les corps et armures couvrirent bientôt un certains nombre de métiers, mais l'inhabileté des ouvriers tisseurs ht avorter cette innovation précieuse. Les fabricants conservèrent la spécialité des vêtements de prolétaires. Leur réputation grandit encore, grâce à quelques articles croisés, solides et moelleux, auxquels il ne manquait qu'un peu d'éclat et de fini d'apprêts pour devenir des étoffes hors-ligne.
Il est ainsi démontré, que ce qui fit défaut à Vienne, c'est l'instruction technique. Les patrons ne virent pas assez les difficultés et les moyens de les vaincre ; la main et l'œil des ouvriers refusèrent un service pour lequel ils n'avaient pas été dressés. On ne s'improvise pas artisan parfait et, ce que l'on demandait aux ouvriers viennois, c'était précisément une tâche exerçant, à la fois, l'intelligence, la vue et la main.
En 1835, la production annuelle de Vienne s'élevait à environ 40.000 pièces. Ce travail correspondait à 300 fabricants, 800 métiers et plus de 6.000 laveurs, cardeurs, tisseurs, etc. La population de la ville atteignait à peine 16.000 âmes.
Les bords de la Gère offraient, à cette époque, un mouvement varié. Les roues hydrauliques, établies pour les cardes et les foulons, les cannasses employées au lavage des laines, les roues installées sur le coteau de la Bâtie pour le séchage des pièces, la foule sortant et rentrant, étaient, aux heures des repas, pour les étrangers, un spectacle curieux.
De 1835 à 1848, la production n'augmente pas, mais elle va perfectionnant ses outils et donnant, à ses lainages, une plus grande variété. Le genre nouveauté s'impose aux fabricants et finit par acquérir une grande extension.
Dans le cours de l'année 1838, Grenier père et fils avaient introduit à Vienne, le foulon cylindrique de Hall.
Après 1840, de nombreux métiers Jacquard envahirent les ateliers. Apparurent alors des Mull-Jenny de 120 à 200 broches à dévidage et torsion automatiques des fils.
Les ouvriers dédaigneux donnèrent à ces machines le nom dérisoire de bringues. Les fileurs devinrent des bringueurs.
Les cardes boudineuses, dites américaines, furent l'objet de plusieurs modifications.
Le gaz s'alluma, dans les rues de Vienne, en octobre 1840, et fournit aux ateliers une lumière abondante et peu coûteuse.
En 1837, deux maisons à peine avaient osé entreprendre de nouveau la reproduction d'échantillons façonnés, venus des fabriques du Nord.
Les moyens intellectuels, mécaniques et manuels locaux furent de nouveaux insuffisants et l'entreprise fut trouvée trop coûteuse, trop difficile, périlleuse même. Le manque d'instruction technique se fait jour en tout.
On cherche à lutter contre la concurrence des nouveautés par des articles rayés, à carreaux qui obtiennent du succès et apportent d'importants bénéfices.
La connaissance plus approfondie des tissus et du métier Jacquard permet aux industriels de s'engager dans la voie où Elbeul et Sedan réalisaient des merveilles de fabrication : satinés aux dessins délicats, côtelés, chevronnés, etc. L'aptitude des fabricants viennois est désormais reconnue.
Le 24 février causa une accumulation de marchandises dans les magasins de Vienne. Les fabriques découragées fermèrent leurs portes. Les ateliers nationaux, qu'on y ouvrit, coûtèrent plus de 50.000 fr. On sollicita, à Paris, des commandes de l'État pour l'approvisionnement des troupes.
Vers la fin de Tannée, des ventes inespérées ranimèrent le courage. Au mois d'août 1849, pas un seul métier inactif!
Jusqu'au moment où triomphent les théories du libre-échange, la fabrique progresse. Les cuirs et les cuirs-laine n'ont plus qu'une vogue nominale. Les pointillés, les jaspés, les flammés, les quadrillés, etc., se succèdent promptement sur les métiers. D'autres villes s'emparent de ces genres. La prospérité est indiscutable. La population est d'environ 20.000 habitants; les produits s'élèvent à une somme approximative de 14 millions : 90.000 pièces de 25 m.
L'ouverture du chemin de fer de Paris à la Méditerranée, l'Exposition universelle de 1855, où Vienne obtint 4 médailles de 2^ classe et 8 mentions honorables, la propagation des cardes Mercier au travail plus parfait, l'activité prodigieuse des fabricants, tout cela concourait à produire un état nouveau perfectionnant les moyens et enrichissant les industriels.
Les années 18G0 et 1861 sont célèbres par le traité de commerce du 23 janvier et du le"" mai, conclus, l'un avec l'Angleterre, l'autre avec la Belgique.
Les barrières françaises s'abaissent devant les produits manufacturés de deux nations voisines, admis chez nous avec une simple redevance douanière de 10 «/o perçue sur leur valeur intrinsèque au lieu d'origine et sur les frais d'exportation.
Par un emploi plussavantdes matières premières, par des créations de tissus inconnus, les fabricants viennois parviennent à soutenir la concurrence des établissements étrangers. La plupart ont réussi et élargi le cercle de leurs affaires.
Le fait est remarquable. Depuis 1860, la draperie viennoise en dépit de la stagnation générale des transactions commerciales, malgré des grèves et des incendies, éleva de 6 millions sa production annuelle en recrutant 2.500 ouvriers en plus.
20 millions et 130.000 pièces, telle est la fabrication annuelle.
Le quartier manufacturier s'est transformé; ori y remarque quatre usines d'apparence grandiose.
La Caisse municipale a dépensé 1 .800.000 f. (y compris une allocation de 500.000 f. <lu département) en travaux de rectitication, acquisition de terrains et indemnités diverses.
De grands incendies sevsont produits.
Le 11 octobre 1863, un immense hangar de laines, près de la gare, prend feu. Le
15 janvier 1864, c'est le tour de l'usine Violetton, le 18 septembre suivant, l'usine Doyon voisine de la précédente, devient la proie des flammes. Le 28 décembre de la même année, l'usine Richard est éprouvée de la même façon. Eniin. Le 24 mars 1865, la Maison Monstre, édifice de 900 mètres carrés de superficie et haut de cinq étages, disparaît, ne laissant que murs noircis et lézardés.
Deux millions de pertes couvertes par des assurances.
La dernière usine ne fut pas reconstruite. A des installations médiocres, succédèrent des ateliers mieux organisés.
Vienne eut beaucoup à souffrir de ce qu'on peut appeler l'épidémie des grèves.
Au mois de janvier 1868, les tisseurs se soulevèrent. Grâce aux efforts conciliants des magistrats et à la modération des fabricants, le conflit prit fin le 8 avril, par une révision de tarif favorable aux ouvriers.
Les fileurs, sept mois après, réclamèrent une augmentation de 20 ° o? mais les fabricants demeurèrent fermes, en face d'une prétention exagérée. Leur tarif du 30 novembre, rénumérant un peu plus la filature la moins payée et abaissant légèrement les prix les plus forts, fit cesser la grève immédiatement.
Depuis, le calme a régné dans tous les ateliers.
Trois médailles d'argent et 2 médailles de bronze ont été décernées, à l'Exposition universelle de 1867, aux fabricants de Vienne, malgré l'extrême parcimonie du jury.
La fabrication estimée 20 millions (130.000 pièces de 25 m.) occupe plus de 12.000 ouvriers (hommes, femmes et enfants).
Principaux tissus : draps façonnés de toutes nuances, pour pantalons et paletots ^'hiver. Les lainages d'été prennent de l'essor. Tous les articles oscillent de 4 à 10 f. le mètre. Les machines spéciales manquent. Les gris, pour manteaux de dames, sont à peu près abandonnés. On fabrique des pièces unies, des draps de billard, des draps à filtrer pour distilleries, des étoffes à bon marché désignées sous le nom de renaissance.
Il a toujours été difficile de réunir, en un seul établissement, toutes les machines nécessaires au lavage des laines, à la teinture, à la filature, au tissage, au foulage, au garnissage, aux apprêts ; de là des ateliers spéciaux multiples.
Les façonniers ont rendu de grands services: 5 teinturiers, 17 filateurs, 9 maîtres foulonniers et 12 apprêteurs.
Les comptes de façon se réglaient d'année en année et se soldaient de 6 à 10 mois d'échéance.
On comptait 120 fabricants possédant des ateliers particuliers de tissage, quelquesuns avaient des ateliers de cardes et d'apprêts. Les plus faibles activaient de 5 à 10 métiers ; les plus importants de 80 à 100. Un grand nombre d'ouvriers tisseurs travaillaient chez eux, à façon.
L'outillage général des fabriques de draperie se composait de : 100 assortiments de cardes, 70 foulons à cylindre ou à masses, 500 métiers mull-jenny (les uns de 120 broches, les autres de 140 et 200). 80 laineries,
100 tondeuses transversales et longitudinales. 40 kouakeuses, 3.600 métiers dont le plus grand nombre à la Jacquard; les uns à corps, les autres
simplement à armures.
Les métiers mécaniques commençaient à se répandre; on en comptait environ 100, dont 20 à 3 et 4 navettes.
Les renvideurs construits par Flécheux-Lainé de Rouen, venaient de faire leur apparition ; 3, chacun de 300 broches, fonctionnaient avec succès.
Une transformation complète se faisait pressentir. Nous parlons de la belle époque de Vienne, de celle qui, avec la richesse, a conquis des droits à un avenir plein de promesses.
Le moteur unique était la Gère : 500 chevaux de force. Ce cours d'eau manquait de régularité et ses flots grossis par le Rhône causaient des refoulements dangereux. Le débordement du 24 octobre 1841 fut effrayant. De là, l'emploi des machines à vapeur. Celle de la Maison Monstre datait de 1837. Sa construction défectueuse n'encouragea personne.
En 1855, il y avait deux machines à vapeur dans les usines de Gauchon. En 1869, on en compte 30 d'une force moyenne de 15 chevaux, machines horizontales, à détente et à condensation, avec une ou deux chaudières à foyer intérieur. Les unes ont été construites à Vienne par Jouffroy aine et Fils, Jouffroy cadet. Canard et Ginieux; les autres, par Moncet de Lyon, Farcot de Saint-Ouen et Boudin de Rouen. La plus puissante de 50 chevaux environ, se trouvait, près du Champ-de-Mars, chez Bouvier Frères. '
Les houilles venaient de Rive-de-Gier et de Saint-Etienne ; elles coûtaient 18 fr. 80 les 1.000 kil.
Les fabricants de Vienne employaient diverses matières textiles. A moins de commande spéciale, la laine ne s'employait pure en aucun article.
Les draps nouveautés étaient confectionnés au moyen de mélanges dans lesquels entraient des déchets de la fabrique de Reims.
Dans le retordage et le tissage, on faisait intervenir une petite quantité de soie et de coton.
Le talent des industriels viennois, préparant la chaîne et la trame, explique leur lutte victorieuse contre les tissus à bon marché des établissements étrangers. Au retour de chaque saison, ils appliquaient toutes les ressources de leur expérience et de leur habileté à trouver des combinaisons nouvelles.
Vienne était visitée par de nombreux acheteurs faisant des razzias de tissus par l'intermédiaire des commissionnaires de la localité.
En 1869, on estimait que les deux-tiers de ces étoffes restaient en France. Le commerce extérieur n'en prenait seulement qu'un tiers.
Les draps unis et les articles renaissance étaient principalement emportés dans le midi de l'Italie et dans l'Europe orientale.
Les fabricants, épuisés par des prodiges d'habileté et d'économie, dans la lutte engagée contre les draps importés de Belgique et d'Angleterre, manifestaient une vague inquiétude au sujet de la prospérité future de leur industrie. « Les capitaux dispersés, les usines rebelles aux progrès mécaniques étaient pour eux des causes d'infériorité et d'impuissance ». La perspective d'une réorganisation laborieuse fit éclater des doléances. Une lettre revêtue de 60 signature, fut adressée au Président de la Chambre de Commerce, pour le prier d'appeler l'attention du Gouvernement sur l'insuffisance des droits de douane et sur l'absence de rigueur pour la perception de ces droits établis ad valorem.
Cette supplique, au dire de Paulin Blanc, n'a été qu'un cri de défaillance, aussi conseilla-t-il sagement, pour écarter l'envahissement des produits qui sortaient des grandes manufactures étrangères, l'acquisition d'un plus grand nombre de rames à vapeur, de renvideurs, de métiers mécaniques, de presses à cylindres. En s'inspirant du courage déployé jusqu'à ce jour, on répondrait comme il convient de le faire, à la voix fatale qui crie, dans tous les établissements : Marche !.. Marche !..
La Société industrielle et commerciale , fondée en 1863, apporta à cette œuvre, du perfectionnement de l'outillage, un concours assuré.
Paulin Blanc préconisait la création d'un vaste atelier de tissage à façon, en même temps qu'un entrepôt de vente des déchets de toute espèce, exposés aux soustractions frau-
duleiises et capables de diviilger le secret des dessins de nouveautés. C'était faire appel à l'esprit d'association qui groupe toutes les ressources et toutes les forces; c'était aussi demander une Société de déchets comme celles de Reims, de Sedan, d'Elbeuf. L'exemple des progros réalisés sous d'autres rapports ; instruction générale, enseignement technique, sociétés de divers genres, épargne, construction de maisons à bon marché, caisse de retraite, etc., portait ses fruits en iiidiquant la voie naturelle de bienfaits à réaliser.
C'est en tout cela qu'est l'avenir des classes laborieuses ; le progrès est lent, le bonheur et le bien-être se méritent.
Quand, pour tenir tête à la concurrence, la production demande sans cesse des machines qui s'améliorent en inspirant aux manufacturiers des sacrifices incessants, les ouvriers savent très bien que le capital est le nerf de la guerre. Si, par un fait impossible, il passait subitement en leurs mains, que deviendraient les établissements.
Une chose est certaine; les petits établissements tendent à disparaître, ainsi la solution du problème industriel semble être remise entre les mains des grands entrepreneurs assez puissants pour agir seuls ou assez confiants pour s'assurer toutes les forces actives de l'association.
L'association, en faisant appel aux capacités de tous, provoque l'instruction de tous; c'est pourquoi, dans les centres industriels, il s'est formé des cours dits industriels.
La Société Industrielle de Vienne a aussi passé par cett.e phase, mais nous ne voyons pas qu'elle ait songé pratiquement à l'éducation technique.
Nous n'avons pas besoin de quitter Vienne pour montrer ce que peut le génie humain.
La Maison Bouvier Frères est un exemple remarquable d'union gardée par une même famille.
La succession commerciale du père, retiré de la draperie en 1854, ne s'est point partagée entre les fils. Constitués en société, ils ont entrepris, à quatre, et avec une entente parfaite, le développement progressif de l'industrie reçue en patrimoine. Le succès a couronné de constants et mutuels efforts.
Ces Messieurs, entrant résolument dans la voie nouvelle tracée par les établissements les plus en progrès, se sont appliqués à la formation d'un outillage aussi parfait que possible. Ils produisent ainsi, annuellement 300,000 mètres de drap.
Ils se sont appliqués à la nouveauté pour gilets, paletots, manteaux, vareuses, tout en faisant la part des besoins et des goûts du fashionable, du bourgeois, de l'artisan, du prolétaire, comme le remarque Paulin Blanc.
Certains articles ont été brevetés. Les expositions de Dijon, de Toulouse, puis les expositions universelles de Paris, ont affirmé les mérites de cette maison, en 1855, 1867, en 1900 surtout, alors qu'elle présentait des tissus de diverses matières non encore utilisées, le china-grass, par exemple.
On attribue à ces Messieurs des perfectionnements avantageux, de la tondeuse longitudinale. Ils ont inventé la Koakeuse^ machine à velouter les étoffes.
La Manufacture Joannès Ponchon est appréciée pour ses cuirs-laine, sa draperie fine, ses étoffes voyantes destinées au Levant, ses draps de billard, articles côtés de 11 à 20 fr. le mètre. Plus de 1,000 pièces de grande largeur en sortent annuellement.
La Manufacture Pascal-Valluit et Chavassicux a pour objet la fabrication des draps imprimés dans le genre renaissance.
On y effiloche les chifl'ons de vêtements de toute espèce, dont on fait de nouveaux lainages à bon marché, satinés, rayés, chinés, à carreaux, à bande, etc., variant de 2 fr. 10 à 2 fr. GO le mètre. C'est le vieux qui renaît; ce sont les débris mutilés qui reprennent un corps. Les pans d'habits, les lambeaux d'uniformes, les blouses et les vestes enfumées, les
défroques de salons et de mansardes, sont pour ainsi dire fondus au même creuset et transformés en un alliage homogène, qui devient la parure de l'artisan et drirbouru
A 1 époque ou nous prenons Vienne (1869), cette ville comptait • 11 commission naires en drapene, 111 fabricants de draps, 16 négociants en laines. ''O'nm'SSion-
Nous allons voir ce qu'est devenu ce milieu industriel si prospère alors où l'on
bZ :ïrrd'es '"'"t '' '"'"'" ""P"'^"'"' ^'«"^^^ "> --'-''-" de'machi es ClSdon?Lh-r ' PfP«'«"«'/«'-rene, une usine à ga^, puis l'établissement de Saint-
usinTà zTnc '""""'"' ''" '''"'''''■ ^'^'"' '« ^'««'^ <*'""« "'"«'«"e et d'une
universIiÏÏeTssq r '°"' ^'"""f ' '"'i' ^^'''' '^''' nous venons de décrire. L'Exposition universelle de 1889 ouvre ses portes sur des merveilles sans nombre
de la collectTviL'de,îh''" '! ^l' ''.r''" ''°''''"'' '''''''''"' "' ''^ Chambre de Commerce et s^loZoSelonT "''"' r^ apprend que la collection des étoffes exposées
TuanT e incomnle T ''""' '''""T '"™'"' "" ^"^^'"'^'« '<"■<=«'»''"' déduit comme
re:s:i'rd%:;i:;^TnoTe"' ''"""' ""^'^^ '''-^p-»-- <=' <»-
Exposèrent :
P des maisons qui existent encore :
MM. Bo-ier Frètes, D Gie, Vincent Dumas, Durieux Fils, Raymond Frères, Fils
et C'S J.-B. Rousset, Segum aîné, Vaganay Frères.
2° des maisons qui n'existent plus :
MM. Blanc aine et G;«, Brocard etC^ J. Burle, F. Chulliat et C^ Journet jeune, L. Noir, L. Revol et Fils, M. Rivoire. '
de 2 ^5^à"r °"n 'h' """f ? ^T"^'- " ^ *^"'' """ Samme de tissus d'été et de mi-saison allant de 2,35 à 6,o0; des articles d hiver, de 2,25 à 8 fr. ; des acticles pour dames de 1.90 à 2 75
à rboTne'^f^LrSor '" '' ^"^"' '"-'"^"'^ ''' "^^"^ '^ ^■'«"^ -' '« ''- -->^^ -'' Les progrès de cette ville ont été constants ; elle expédiait :
en 1879 kil. 1.470.097
Le diplôme d'honneur avait été attribué, en 1878 (Paris) à la Chambre de Commerce. iQ A^T T''''' ^"^^^^«^^«"^«nt les récompenses aux industriels : 2 médailles d'or. de mtisl^, Mit "'''^'''^'' ^' *"''"'"' ^^ ""'"'''"' honorables ; lors des Exposition^
A l'exposition de 1889, la collectivité de 16 exposants, obtient le Grand Prix. On v remarque des produits partant de lf85 le mètre (en 1 m. 30 de largeur)
2 05 à 2 "4 ""^^"'VX^i^^^^^^^^^ ^'^'"^' '' ^''^ '^'''^''' d'imprimés en drap, été, de -^,05 a 2,35, hiver, de 3,05 à 3,60. i ' >
de 1,30^^2 efa'fr'' ^'"'^"''* ' Bouvier jeune et Fils, spécialité d'imprimés pour confection.
Le Commerce de fils cardés bas-prix, livrés à divers centres manufacturiers, s'élevait a 4 millions ae irancs.
Pr^s des articles à pri. réduit, des étoffes parfaitement soignées qui montrent .ue
l'industrie de Vienne continue ses ^'^^f^^^^J^^'^-^],,, de 1 -800
Les métiers mécaniques de Vienne sont au nomore ^ ^^^
Les broches de filature cardée ouvriers 6 . 500
On compte 22 millions Chiffre d'affaires annuelles Le prix moyen de la draperie est de 5' 70 environ.