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DES MINERAIS DE MERCURE

Le mercure se distingue de tous les autres métaux par son excessive fluidité. Le degré de chaleur qui est nécessaire pour sa fusion est ce que, comparativement aux températures que nous sommes habitués à ressentir sur la terre, nous nojnmons un grand froid : c'est à 52 degrés au-dessous de la glace fondante que cette fusion s'opère. A l'état solide, c'est un métal blanc, à cassure grenue et brillante, très-pesant, légèrement malléable, et recevant l'empreinte du marteau à peu près comme le plomb. A l'état liquide tout le monde le connaît. 11 n'est naturellement solide que durant l'hiver, et seulement dans les contrées voisines des cercles polaires.

La singularité du mercure n'est pas aussi absolue qu'elle nous le semble au premier abord ; elle est surtout produite par l'étonnement involontaire que nous ressentons à la vue d'un métal fondu, dans lequel nous pouvons plonger la main sans éprouver d'autre sensation que celle du froid. Cela tient à nous bien plus qu'au fond véritable des choses. Et, en effet, le mercure est certainement beaucoup plus voisin du plomb sous le rapport de sa fusibilité que le plomb ne l'est du cuivre ou le cuivre du fer : il ne forme donc pas, sous le rapport de sa fluidité, une anomalie tranchée dans la succession des métaux.

Le mercure est principalement appliqué à la construction des divers instruments de physique, tels que les baromètres, dans lesquels on a besoin d'un liquide trèspesant : tous les autres liquides sont beaucoup trop légers pour pouvoir le remplacer dans ce genre de service. On remploie aussi pour les thermomètres, à cause de la rapidité avec laquelle il s'échauffe ou se refroidit et des grandes variations de volume que les changements de température lui font subir. La propriété qu'il possède de s'allier avec l'or et l'argent, et de les dissoudre, est mise à profit pour l'extraction de ces métaux, ainsi que pour la dorure. Son alliage avec l'étain sert à former ces feuilles métalliques si blanches et si éclatantes, qui se collent derrière les glaces. Enfin, plusieurs sels de mercure sont employés dans la pharmacie, et son sulfure, qui est le cinabre ou vermillon, est une des plus brillantes ressources de la peinture.

Le mercure se trouve à l'état métallique dans le sein de la terre ; il est disséminé sous forme de petites gouttelettes dans certaines roches, et particulièrement dans des schistes. Il se réunit dans les fentes et dans les cavités, et c'est là qu'on le recueille. 11 est trop peu abondant pour former nulle part la base d'une exploitation spéciale ; on se contente de le ramasser dans les mines où on le rencontre en cherchant d'autres minerais.

Le minerai principal est le sulfure ; il résulte de la combinaison d'un atome de mercure avec un atome de soufre, et renferme environ 85 parties de métal. Quand il est pur, il est d'un très-beau rouge ; mais il est souvent mélangé avec diverses substances, et notamment

avec du bitume, qui le rendent brun. Aussi celui que Ton emploie dans les arts, sous le nom dé vermillon, est fabriqué de toutes pièces ; il suffit pour en produire de projeter du mercure dans du soufre fondu. On le rencontre principalement dans des terrains de formation secondaire, soit en amas, soit en filons. Il ne forme qu'un très-petit nombre de gisements, et surtout de gisements dignes d'exploitation. Presque tout le mercure annuellement consommé en Europe et en Amérique provient de deux mines, celle d'Almaden, en Espagne, et celle d'Idria en Garniole. Les autres mines n'ont presque aucune importance. Il en existe en Chine, qui, suivant le rapport des missionnaires, donnent lieu à des travaux fort suivis.

La méthode employée pour extraire le métal de son minerai est fort simple. On le fait chauffer dans de grands fourneaux au contact de l'air ; le soufre se brûle, le mercure se volatilise, et, en conduisant ses vapeurs dans de grands récipients, elles s'y refroidissent et y déposent le métal. Un autre procédé consiste à placer le sulfure dans de petites cornues avec de la chaux ; la chaux s'empare du soufre, et le mercure, devenu libre, se vaporise et se rend dans des vases remplis d'eau, où il se condense.

Le mercure, avec les quatre métaux dont nous avons déjà parlé, complète l'ensemble des métaux que l'on pourrait nommer les métaux essentiels, attendu que les autres ne font guère que répéter plus ou moins exactement leurs diverses propriétés. Si la nature ne leur avait pas donné de suppléants ils pourraient suffire à eux

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