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DES MINERAIS DE ZINC

La principale utilité du zinc vient de sa combinaison avec le cuivre, laquelle est le laiton dont nous avons déjà parlé. Cet alliage a s été connu des anciens, mais ils ne paraissent pas avoir possédé le zinc métallique lui-même. Il n'a reçu son nom comme métal particulier que depuis environ trois siècles. Son emploi dans les arts est bien plus moderne encore, car il ne remonte pas au delà des premières années de ce siècle. Le zinc n'a pas de propriétés bien caractéristiques ; cependant, comme il se lamine et résiste suffisamment aux injures de l'air, on l'emploie sous forme de feuilles, en remplacement soit du plomb, soit du fer- blanc. On s'en sert aussi pour les moulages. Sa propriété de brûler avec flamme n'est mise à profit que dans certains feux d'artifice, et sa volatilité ne sert qu'à faciliter son extraction. La combinaison de son oxyde avec l'acide sulfurique est employée dans les arts sous le nom de vitriol blanc.

Il y a trois sortes de minerais de zinc : le carbonate, le silicate et le sulfure. Le carbonate et le silicate sont ordinairement associés dansles mêmes dépôts ; ils ont à peu près la même apparence, et on les exploite ensemble sous la dénomination commune de calamine. Leur aspect est à peu près celui de la pierre calcaire ; ils sont tendres,

faciles à pulvériser, quelquefois cristallisés à leur surface. On les trouve comme la pierre calcaire , tantôt en masses compactes, tantôt en masses lamellaires ; quelquefois ils sont sous forme de concrétions ou de stalactites.

La molécule de carbonate est composée d'une molécule d'oxyde de zinc et d'une molécule d'acide carbonique ; dans son état de pureté ce minerai contient 55 pour 100 de zinc. Le silicate renferme deux molécules d'oxyde de zinc unis avec une molécule de silice, et une molécule d'eau ; il contient un peu moins de métal que le précédent. On distingue ces deux minerais en les dissolvant dans un acide : le carbonate y fait effervescence; le silicate y donne naissance à une sorte de gelée formée de silice. Mais, comme nous l'avons dit, ils sont fréquemment mêlés l'un avec l'autre de telle sorte que l'on ne saurait les distinguer ; le minerai se trouve être du carbonate et du silicate tout ensemble.

Le sulfure est ce que l'on nomme vulgairement la blende. Son aspect n'a rien de constant. Il est plus ou moins brillant, d'une couleur qui varie du blond au brun foncé : quelquefois aussi il est rougeâtre. Il est tantôt opaque et tantôt transparent, tantôt cristallisé et tantôt compacte. Sa cassure offre généralement quelque chose de l'éclat de la résine. 11 n'est pas très-dur, et ne fait pas feu sous le choc du briquet. Il contient un atome de zinc et un atome de soufre ou 66 pour 100 de métal. Il est infusible; mais quand on le grille au contact de l'air, il se décompose : le soufre se brûle, et le sulfure se change en oxyde.

La blende est un minéral assez commun ; on le rencontre dans un grand nombre de filons en compagnie d'autres minéraux ; elle est presque toujours associée au plomb sulfuré, dont on la sépare par les lavages. On Ta longtemps rejetée sans en tirer aucun parti, parce qu'on ignorait les procédés par lesquels on peut en retirer le métal. Aujourd'hui on commence à s'en servir dans plusieurs endroits. Son gisement le plus ordinaire est dans les terrains anciens.

Les deux espèces de calamine ne se trouvent pas seulement dans les terrains anciens, elles sont en couches ou en amas dans les terrains contemporains de l'établissement des êtres organisés sur le globe. On en trouve des dépôts depuis la partie inférieure du terrain houiller jusqu'à la partie moyenne des terrains secondaires ; on en trouve des traces jusque dans les terrains de l'âge tertiaire. Ces minerais sont ordinairement enclavés dans des couches calcaires. Une des mines les plus célèbres de calamine est celle de Limbourg, près d'Aix-la-Chapelle : c'est un amas grand comme une colline, et qui est exploité à ciel ouvert comme une carrière.

Les minerais de zinc, au point de vue de la métallurgie, peuvent être tous considérés comme des oxydes, car, soit par la chaleur, soit par le grillage, on les ramène tous à cet état* L'oxyde une fois obtenu est mélangé grossièrement avec de la poussière de houille ou de charbon, et placé dans des tuyaux de terre, que l'on sou* met à la chaleur rouge dans des fourneaux convenablement disposés* La réduction de l'oxyde s'opère, et le métal qui est volatil se dégage par un orifice pratiqué

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au sommet des tuyaux, et se rend dans des récipients, où il se dépose sous forme de grenailles ; on le refond et on le coule en formes.

Pour la préparation cfu laiton, on traite à une haule température dans des creusets un mélange de cuivre, d'oxyde de zinc et de charbon. Le zinc se combine avec le cuivre à mesure qu'il se produit, et Ton trouve l'alliage désiré dans le fond des creusets.

La consommation du zinc augmente graduellement. L'Angleterre, la Belgique, l'Autriche et les provinces rhénanes sont les provinces qui en fournissent le plus.

On pourrait presque dire que l'or est de l'argent jaune ; en effet, à part sa couleur, presque toutes ses propriétés utiles sont les mêmes que celles de l'argent ; il a seulement le désavantage d'être environ quinze fois plus difficile à recueillir que ce dernier métal, et d'être par conséquent quinze fois plus cher ; il est aussi à peu près deux fois plus lourd, ce qui double encore la diffé* rence de prix qui existe entre ces deux métaux, lorsque l'on compare leurs volumes, au lieu de comparer seulement leurs poids. La grande malléabilité de l'or est un remède à sa cherté, puisqu'elle permet de remployer en

dorures, c'est-à-dire par couches excessivement minces: comme les seules qualités que Ton recherche dans l'or sont celles qui paraissent à sa surface, savoir, la couleur et l'éclat, les objets revêtus d'une simple lame d'or, font absolument le même effet que ceux qui sont en or massif. L'or jouit d'une telle malléabilité, que l'on a calculé que 35 grammes d'or suffisent pour eouvrir entièrement un ruban de 1,000 kilométrés de longueur, sur environ un tiers de millimètre de largeur, et une pièce de vingt francs pour dorer une statue équestre tout entière. Il est bien entendu que ce sont là les limites extrêmes de ce qu'il est possible à l'art du doreur de produire, et que de pareilles dorures ne seraient guère durables. En général on les sait beaucoup plus solides ; celle du dôme des Invalides, par exemple, représente une somme de 94,000 fr. Malgré le soin que l'on a de ramasser les vieilles dorures pour en retirer l'or, on ne peut nier qu'il ne se fasse par là une déperdition d'or considérable ; il n'y a pas, sous le soleil, de métal qui soit étalé sur une surface proportionnellement aussi considérable que celui-ci, et qui par conséquent soit plus exposé, toujours proportion gardée, aux actions destructives de toute espèce : ce que l'on nomme l'inaltérabilité de l'or n'est qu'une chose relative à ce que l'on voit dans les autres métaux, et ne le garantit pas entièrement.

L'or s'allie avec un grand nombre de métaux, mais on, n'emploie guère que ses alliages avec le cuivre, avec le mercure et avec l'argent.

L'alliage d'or et d'argent est employé dans la bijouteterie, il est d'un jaune plus au moins pâle.

L'alliage d'or et de cuivre est au contraire rougeàtre ; c'est celui dont on su sert pour les monnaies et pour la bijouterie ordinaire. La monnaie contient un dixième de cuivre, et les bijoux un dixième et deux tiers. On distingue approximativement le titre des objets d'or, en dessinant une trace sur une pierre noire avec le morceau de métal que l'on veut essayer, et. en versant ensuite sur cette trace un peu d'acide nitrique ; l'acide dissout tous les métaux de l'alliage, excepté l'or, et avec un peu d'habitude on reconnaît la proportion de l'or à l'inspection de l'affaiblissement que la trace métallique a £ubi dans cette opération. C'est ce qu'on appelle l'essai par la pierre de touche.

L'alliage, ou plutôt l'amalgame de l'or et du mercure, est employé pour la dorure à chaud sur les métaux, tels que le cuivre, l'argent, etc. On tire aussi parti de cet alliage pour extraire l'or de certains minerais.

L'or ne se trouve guère dans la nature, qu'à l'état métallique ; il y existe cependant, dans quelques minéraux fort rares, dans l'état de combinaison avec un corps simple, nommé le tellure. L'or métallique a son gisement primitif dans les filons qui traversent les terrains anciens, comme le granité, le schiste argileux, etc. Il est répandu dans ces filons en petits grains, en paillettes et en ramifications, logés au milieu des matières dont ces filons sont remplis. Tantôt il est avec du quartz ou du calcaire ; tantôt il est mélangé avec d'autres minerais, notamment avec du minerai de cuivre ou d'argent, et dans beaucoup d'endroits aussi, en particules presque infiniment petites dans du fer sulfuré.

On le retire de ces minerais, soit en le traitant par le mercure, soit en le fondant avec du plomb, en suivant un procédé analogue à celui dont nous avons déjà parlé à l'article des minerais d'argent. Quant à la séparation de l'or et de l'argent, elle se fait par le moyen de l'acide nitrique, qui dissout l'argent et ne dissout pas l'or.

Dans ses divers gisements, l'or est toujours dans un grand état de dissémination ; pour en donner l'idée, il suffit de dire que l'on exploite avec avantage des filons de sulfure de fer, qui n'en contiennent qu^un deux cent miHième : c'est-à-dire qu'il faut sortir de la mine deux cent mille kilogrammes de minerai pour en extraire un seul kilogramme d'or. Cela peut faire comprendre comment il se fait que l'or soit un métal si cher, et comment une mine d'or est la plupart du temps, malgré le préjugé vulgaire, une fort maigre propriété. C'est dans les terrains dalluvion provenant de la désagrégation des roches où élait son gisement primitif, que se trouve la plus grande partie de l'or que l'on ramasse annuellement pour le jeter dans le commerce. 11 y est en grains et en paillettes disséminés dans une argile rougeâtre plus au moins sableuse. En lavant cette terre, suivant des procédés analogues à ceux qui servent au lavage des terres qui renferment les pierres précieuses, on opère la séparation de l'or. On est en général obligé de faire subir à la terre aurifère un premier lavage sur place, à l'aide d'un ruisseau que l'on fait tomber en cascade à sa surface ; puis, lorsqu'on a ainsi obtenu un résidu suffisamment riche, on le lave à la main dans des espèces de gamelles, au fond desquelles les paillettes se dépo-

sent. Il y a un grand nombre de fleuves et de ruisseaux qui exécutent eux-mêmes ce premier lavage sur la terre de la vallée où ils coulent, et qui accusent en divers endroits de leur cours une terre assez riche pour que des ouvriers puissent gagner leur vie en s'occupant du lavage. Cette industrie, qui est fort simple, convient parfaitement à des peuples peu civilisés, et qui n'en ont pas d'autre; aussi For, malgré sa haute valeur, est un des métaux que possèdent les tribus les plus sauvages ; et Ton sait, par de nombreux témoignages historiques, qu'il était déjà très-répandu parmi les hommes dès la plus haute antiquité. Il est même possible que dans les premiers temps il y ait eu à la surface de certains pays, et notamment en Espagne d'où les Phéniciens tiraient tant d'or, une plus grande quantité d'or qu'il n'y en a aujourd'hui, et que, comme il a été partout ramassé avec grand soin, il y soit naturellement devenu beaucoup plus rare. Ainsi lors de la découverte du Pérou, on trouvait fréquemment à la surface du sol des mor< ceaux d'or de la grosseur d'une amande et au delà ; actuellement de pareilles rencontres ne s'y font presque plus.

L'or est donc un des métaux les plus répandus, puisqu'il n'y a guère de terres, ou de sables de rivière, qui n'en contiennent au moins un peu : on pourrait presque dire qu'il y en a partout; on en a trouvé jusque dans les cendres des végétaux. Mais en même temps il est un des plus rares à cause de l'état extrême de division dans lequel il se trouve. Il est si peu concentré dans ses gisements que jamais il ne s'y trouve en masse et que l'on

peut presque dire qu'une mine d'or est quelque chose

de chimérique.

La découverte du nouveau monde a agi sur la valeur de l'or comme sur la valeur de l'argent. Depuis le seizième siècle, ces métaux précieux ont perdu les trois quarts de leur valeur. On évalue à environ 225 quintaux métriques la quantité d'or qui entrait, il y a 40 ans, annuellement dans le commerce; la plus grande partie provenait du Mexique et du Brésil. L'exploitation des terrains aurifères des monts Ourals, par lés Russes, tendait aussi à accroître d'année en année le contingent de l'Europe.

Depuis vingt ans, les lieux d'extraction de l'or se sont multipliés, et sa production a beaucoup augmenté.

En 1848, ont été découverts les gisements de la Californie et, pendant les huit premières années, ils ont fourni, à eux seuls, 2,587,000,000 de francs.

La découverte de l'or en Australie date de 1851 et, dès 1856, elle en avait déjà fourni pour une valeur de 2,500,000,000 de francs ; masse que l'on avait figurée à l'Exposition universelle de Londres, en 1862, par un obélisque de 21 mètres de hauteur et de 5 mètres de côté à la base.

En 1856, les mines de Russie ont fourni de leur côlé une valeur de 1 ,800,000,000 de francs.

Cette énorme production de l'or, n'a pas fait baisser son prix autant qu'on pouvait le penser : l'oscillation dans le commerce n'a pas dépassé 6 p. 100, de sorte que sa valeur, par rapport à l'argent, est toujours comprise entre 15,50 et 15,75.

Aujourd'hui le kilogramme d'or vaut 3,454 francs et celui d'argent 222 francs. La valeur de ces deux métaux est donc quinze fois aussi forte pour l'or que pour l'argent, à poids égal.

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