‹ Histoire élémentaire et critique de JésusChapitre 117 sur 169 · LA PAQUE. — LE DERNIER REPAS DE JÉSUS · texte numérisé non relu

LA PAQUE. — LE DERNIER REPAS DE JÉSUS

La Pâque était pour les Juifs la commémoration du passage de l'ange qui, dans une nuit, tua tous les premiers-nés d'Egypte. Ils la célébraient par des rites figurant un départ, dans un repas de famille, où ils mangeaient, debout et à la hâte, un agneau et des pains sans levain. La veille, jusqu'à onze heures, on pouvait manger du pain fermenté, mais à n:iidi tout ce qui en restait était brûlé et l'on ne mangeait que du pain azyme. Quant à l'agneau, il devait être tué dans les maisons particulières à la même heure que dans le temple, et si pour une raison valable il l'était plus tôt, il fallait que son sang fut agité jusqu'à l'heure de l'immolation officielle. Le repas, qui devait se faire au milieu de la nuit, se composait de trois mets

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obligatoires : les pains azymes, des herbes amères et l'agneau. Il était présidé par le chef de la maison qui faisait les parts, les bénissait et exphquait aux membres de la famille réunis la signification de ces rites solennels. Pour manger les azymes et boire les deux premiers verres de vin, les convives étaient assis, mais ils se levaient pour manger les herbes et l'agneau. Le repas se terminait par le chant d'un psaume approprié à la circonstance. Les habitants de Jérusalem devaient, nous l'avons dit, le logement aux étrangers qui venaient sacrifier dans le temple, et ils recevaient, comme indemnité, les peaux des agneaux immolés. La fête des Azymes durait sept jours, mais celle de Pâques, proprement dite, était comprise entre deux couchers de soleil, du 14 au 15 de la lune de Nizan, premier mois de l'année sacrée.

Cette Pàque, Jésus l'a-t-il faite avant de mourir? Question difficile, qui a occupé et divisé de fort savants hommes, des érudits d'un grand mérite. Le père Bernard J^amy, de l'Oratoire, soutient que Jésus n'a pas fait la Pâque, et il a de nombreux contrallicteurs, notamment Tillemont et le père Bessin de la congrégation de Saint-Maur. Des deux côtés, l'érudition est grande, l'argumentation spécieuse. Selon moi, l'ouvrage du père Lamy est, de beaucoup, le plus

clair, le plus serré, le plus concluant^. Cependant, quand on lit sans parti pris le pour et le contre, il est impossible de n'être pas souvent fort embarrassé. Ce qu'il y a de plus court et de plus simple à faire, en pareil cas, c'est de prendre et d'examiner directement le texte de l'Écriture. Non que, même alors, l'embarras disparaisse, tant s'en faut, car nulle part le désaccord des évangélistes n'est aussi grand que sur ce point capital de la vie de Jésus. Voyons d'abord le récit de Jean.

Après le repas, dit-il, Jésus se lève de table, et, quittant ses habits, prend un linge qu'il met autour de lui. 11 verse ensuite de l'eau dans un bassin, lave les pieds à ses disciples, et tout cela se fait avant la fête de Pâques-; ce qui tranche la question, si ce repas

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