MaUh., XXVI, iO
3. Dans la Vulgate, le mot grec iJiromhot est traduit par f/ultœ, expression trop faible, ainsi que l'ont fait remarquer plusieurs commentateurs, notamment Tlico(3ore Dèze, qui traduit par (jruwi, qui est le vrai mot.
était du sang pur ou une humeur colorée, sont des puérilités gratuites. Luc a voulu simplement, par cette expression métaphorique, exprimer l'extrême abattement de Jésus.
La vue du danger immédiat lui rendit son énergie. Apercevant au bas de la colline la troupe de ceux qui venaient l'arrêter, il dit aux apôtres avec le dédain que méritait leur apathie : « Dormez, maintenant, vous le pouvez, je n'ai plus besoin de vous. » Selon Matthieu et Marc, ceux qui arrêtèrent Jésus étaient armées d'épées et de bâtons; Jean dit qu'ils portaient des torches et des lanternes, ce qui est peu probable, puisqu'ils pouvaient ainsi mettre en fuite celui qu'ils voulaient surprendre, et il ajoute qu'ils précédaient une cohorte, ce qui n'est pas croyable. La cohorte se composait de six cents hommes, et il n'en fallait pas tant pour arrêter un homme seul et sans défense, surtout la fople et la police juive s'étant jointes aux soldats romains. Mais, ce qui est plus incroyable encore, c'est le récit du troisième évangéliste. A l'en croire, les princes des prêtres, les officiers du temple et les anciens du peuple, c'est-à-dire les membres du grand sanhédrin , allèrent en personne irrêter Jésus^ àGethsémani. C'est exactement commis
^. Luc, XXII, 52.
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si l'on disait que tous les membres de la cour de cassation, premier président et ministre de la justice en tête, sont allés arrêter un homme au bois de Boulogne.
Le moment était solennel, les évangélistes ont dû recueillir pieusement les paroles de Jésus, et cette fois du moins être d'accord entre eux. Nullement. Judas marchait en tète de l'escouade, il avait promis à ceux qui avaient payé sa trahison de désigner Jésus en l'embrassant, il l'embrasse. Selon Matthieu, Jésus lui dit : (( Mon ami, quel dessein t'amène ici? » Selon Luc : (( Judas, tu livres le Fils de l'Homme par un baiser. » Selon Marc, il ne dit rien; selon Jean, Jésus s'adressant à l'escorte, lui dit : a Que cherchez-vous? — Jésus de Nazareth, lui répond-on. — C'est moi, dit Jésus. — A ces mots, ces gens-là, comme foudroyés, tombent la face contre terre. )> Jésus répète la même question, reçoit la même réponse, et alors l'escorte, insensible au miracle qui vient^de la renverser, se relève et s'empare de Jésus qui, accablant ses disciples de sa générosité, après les avoir couverts de confusion, se borne à dire : « N'arrêtez pas mes disciples^. »
A ce miracle, aussi inutile qu'incompréhensible, succède un autre miracle non moins inutile et incom-