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ET CRITIQUE DE JESUS. 2o5
préhensible que le premier. Cette sanglante ironie : (( Tous pouvez dormir maintenant, je n'ai plus besoin de vous, n avait rendu un peu de cœur aux apôtres. On sait que, conformément à l'ordre de Jésus, ils étaient armés. « Maître, lui dirent-ils, faut-il se défendre^? » La disproportion était trop forte, et Jésus défend d'opposer aucune résistance. Mais Pierre, se laissant emporter par sa vivacité, tire son épée, fond sur Malchus qui commandait l'escorte, et lui coupe l'oreille droite. « Assez, dit Jésus à Pierre; » puis, ramassant l'oreille, il la remet à sa place, et Malchus est, dans la même minute, mutilé et guéri. Il ne paraît pas même s'en apercevoir, car, sans proférer un seul mot, soit de mauvaise humeur contre le disciple qui le frappe, soit de remercîment pour le Maître qui le guérit, il emmène Jésus imperturbablement, et, ce qui n'est pas moins incompréhensible, Pierre*' n'est point arrêté. Dans quel pays, à quelle époque, sous quel régime un homme frappant de son épée l'officier public qui opère une arrestation est-il resté impuni? L'étonnement redouble quand on lit le récit du second évangéliste. Un jeune homme, attiré sans doute par le mouvement qui se fait dans le jardin, accourt d'une maison voisine et veut suivre