Marc, xiii
4. Epist. cxi.ix, (ul Ilrdih., q. 3. — Omnibus Gra3cia3 librii pœne hoc capiUiluin \\\ fine non liabcnlilnis.
plus la langue de l'Ancien Testament et le peuple n'entendant pas les livres sacrés, il fallut les lui expliquer en langue vulgaire ; de là la fonction d'interprète, qui était la troisième dignité de la synagogue. La quatrième était celle de sofer,, appelé par les Grecs grammaticos, qu'on a traduit par scribe ou notaire, chargé de transcrire ou de collationner les livres sacrés. Cette institution ayant manqué à l'Église chrétienne des premiers temps, les originaux des livres apostoliques se perdirent de bonne heure, et les hérétiques purent reprocher à leurs adversaires de produire toujours des copies et jamais un original. El non-seulement les originaux se perdirent, mais, ce qui était inévitable, les traductions et les copies furent défigurées par toutes sortes d'interprétations et de falsifications ; on put juger de l'étendue du mal lorsque lepapeDamase, frappé du pitoyable état de l'ancienne version latine des Évangiles, chargea saint Jérôme de la corriger. Avant de commencer son travail, saint Jérôme constate que tous les exemplaires sont différents les uns des autres^. Il fait sa révision, « travail utile, dit -il , mais plein de danger , car il est toujours dangereux de vouloir réformer de vieilles erreurs
1 . lot enim siint exemplaria pœne, qiiot codices. — Proef. Evang., ad Damas.
autorisées par le temps *. » Et, en effet, il souleva des tempêtes, fut traité de sacrilège, de faussaire, et, sans r appui du pape qui admirait sa grande érudition, il eut été condamné comme hérétique. Les attaques l'embarrassaient peu, et il répondit à ses adversaires avec ce dédain superbe et cette violence d'invective qu'on trouve souvent dans ses polémiques, il les traita d'ânes à deux pieds 2. Saint Jérôme était un fort savant homme; cependant comme il avoue qu'il a ajouté^ changé^ corrigé ^, on aimerait à vérifier sur les originaux l'exactitude de son travail. Mais, ces originaux nous manquent, et il est difficile de s'en rapporter absolument à saint Jérôme, qui a pris de grandes licences et, comme il nous l'apprend luimême, composé presque tous ses ouvrages à la hâte et en courant. Il n'a mis que trois jours, dit-il, pour traduire les Proverbes, l'Ecclésiaste et le Cantique^. Souvent il composait et dictait avec une si grande facilité, que « sa langue devançait la main des copistes et qu'il